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Fin de cet événement il y a 2 mois - Date du 23 avril 2019 au 12 mai 2019

L’Avare de Molière à Anthea (Mise en scène de Daniel BENOIN)

La pièce de Molière présente avec une verve caricaturale une des plus décisives images d’avare du théâtre. Elle met en lumière la signification profonde de l’avarice et comment celle-ci se substitue à tout ce que l’avare n’arrive pas à saisir : bonheur, amour... « Il y a ceux pour qui importe l’argent et ceux pour qui importe l’amour ». Ainsi, odieux et tyrannique, dénué de toute affection envers ses enfants, Harpagon n’a de sentiment que pour son argent et sa précieuse cassette. Molière s’amuse de la folie de cet homme qu’il place au milieu d’un imbroglio d’intrigues amoureuses et familiales.

Représentée pour la première fois en 1668 avec Molière dans le rôle d’Harpagon, « L’Avare » reste une des oeuvres majeures de Molière. Quoiqu’elle soit une comédie, la pièce n’a pas pour unique but de faire rire, mais donne à réfléchir sur le désir de posséder. Etre un Harpagon est universellement passé dans le langage courant pour désigner un avare, mais, bien sûr, Harpagon navigue entre bouffonnerie et ridicule, tout ensemble comique et tragique.
Il veut de l’argent, non pas pour vivre plus confortablement ou pour le dépenser allègrement, ou même par inquiétude de la peur du manque. Non ! C’est seulement pour le posséder, le garder dans sa fameuse « cassette ». C’est le principe même de l’avare. « Que la peste soit de l’avarice et des avaricieux ! » dit un des personnages.
La famille pourtant bourgeoise d’Harpagon manque de tout, car l’argent est sa raison de vivre. Pour lui, son argent disparu, il est comme mort. Il est enchaîné à sa cassette par son goût immodéré pour l’argent et il lui en faut sans cesse. Son avarice est un véritable moteur. La célèbre scène du « sans dot » le démontre magistralement. L’argent c’est sa drogue. L’obsession d’Harpagon devient si forte que le reste semble mensonge et illusion. Où réside le vrai dans cet univers de possession ?

Pour cette grinçante comédie de Molière, Jean-Pierre Laporte a créé un magnifique décor de maison cossue mais en partie en ruine : le plafond à moitié écroulé laisse voir à l’étage des murs lépreux.

Le seul éclairage passe entre les fentes de persiennes fermées comme pour mieux retenir l’argent qu’Harpagon imagine vouloir être pris par tout le monde. Une grande importance est donnée à la porte à deux battants par laquelle les comédiens entrent et sortent. Grâce à la belle scénographie imaginée par Daniel Benoin, lorsqu’elle s’ouvre le spectateur voit tomber des flocons de neige. Elle est également le lieu de toute vision magique, tel ce groupe de personnages illuminés qui apparaît de temps à autre, ainsi que l’étincelante scène finale. La vidéo de Paulo Correia ajoute de beaux effets de mise en scène comme les moulures des portes et des fenêtres soudain mouvantes.

Harpagon, c’est Michel Boujenah. Le cheveu long, poivre et sel, mal coiffé.

N’hésitant pas à afficher son âge, torse nu et ventru, il est un Harpagon recroquevillé sur son argent qu’il s’obstine à conserver sans en profiter. Le comédien donne vie à cette pièce sur la passion d’un vieil homme pour la possession de l’argent et pour le tendre printemps d’une jeune fille qui, à son idée, pourrait faire reculer la mort. Noémie Bianco a la détermination d’une Marianne innocente, qui apprend vite et sait parfaitement ce que son coeur désire. Frédéric de Goldfiem et Mélissa Prat possèdent les charmes nécessaires à Valère et Elise. Tandis que Jonathan Gensburger campe superbement un Cléante très dynamique. Avec beaucoup d’expressivité, Nathalie Cerda joue une démoniaque Frosine qui manipule à souhait, telle une sorcière maléfique. Eric Prat fait une interprétation efficace et personnelle de La Flèche. Enfin le talentueux Paul Charièras, à la fois Maître Jacques et Maître Simon, donne toute la voix nécessaire pour que le spectateur éloigné de la scène puisse bien profiter du texte. Bref, une mise en scène d’une parfaite justesse et une interprétation impeccable !

Durant un instant, les comédiens semblent être des marionnettes d’un théâtre d’ombres placées en noir devant une lumière très blanche qui éclaire le fond de la scène et c’est peut-être Molière lui-même qui est là pour les manipuler !

Caroline Boudet-Lefort

Dates des représentations

2h30 et entracte de 15 minutes
salle Jacques Audiberti

mardi 23 avril 2019 | 20h00
mercredi 24 avril 2019 | 20h30
jeudi 25 avril 2019 | 20h00
vendredi 26 avril 2019 | 20h30
samedi 27 avril 2019 | 20h30
mardi 30 avril 2019 | 20h00
jeudi 2 mai 2019 | 20h00
vendredi 3 mai 2019 | 20h30
samedi 4 mai 2019 | 20h30
dimanche 5 mai 2019 | 15h30
mardi 7 mai 2019 | 20h00
jeudi 9 mai 2019 | 20h00
vendredi 10 mai 2019 | 20h30
samedi 11 mai 2019 | 20h30
dimanche 12 mai 2019 | 15h30
Pour réserver c’est par ICI !

Photo de Une : L’Avare est un personnage magnifique dans une mise en scène plusieurs fois primée de Daniel Benoin (DR et courtesy ANTHEA)

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