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Anthéa- Andréa Ferréol, flamboyante ’Maddie’ !

Nous avons eu le plaisir de retrouver à Anthéa la flamboyante Andréa Ferréol dans ’Maddie’, l’histoire d’une grand-mère Courage, en lutte contre l’addiction aux écrans de sa petite-fille.

MADDIE de Corinne Roehrig et Nycole Roux Pouchoulin Mise en scène de Paul Chariéras

Maddie (Andréa Ferréol) est une grand-mère très fantaisiste. Et surtout très préoccupée de voir sa fille et sa petite-fille ado complètement aliénées à leurs portables et à tout autres écrans de réseaux sociaux. À tel point qu’elles ne communiquent plus entre elles. La mère (Sabrina Kurzawski) se gave de cachets en se plaignant «  mon mari qui part, ma fille qui déraille,...  ». Quant à l’ado (Line Ancel), elle multiplie les écrans en plongeant dans l’enfer numérique.
Quoique vivant sous le même toit, elles ne se parlent même plus en se coupant de la réalité, chacune restant dans sa bulle liée au virtuel.
Aidée par un ami médecin, Maddie met au point un plan pour que toutes deux retrouvent des contacts entre elles et se rejoignent dans des préoccupations communes. Le virtuel fait des ravages et il s’agit de limiter les dégâts. Pour Maddie, la situation est si urgente qu’elle préfère ne rien attendre de la société et imagine ses propres manigances.
Si on trouve que ce problème va en s’aggravant aujourd’hui, sans doute attend-on trop la solution dans cette pièce ! Mais, nous sommes au théâtre et nous y resterons ! En définitive plutôt que sur l’aliénation au virtuel, c’est davantage une pièce sur la mémoire – ou plutôt sur la perte de la mémoire avec l’âge.
Andréa Ferréol endosse le rôle de cette grand-mère qui perd la boule. Ainsi, d’abord chacun pensait qu’elle n’était que fantaisie et originalité - par exemple en portant des chaussures de couleurs différentes, « des chaussures désordonnées », dit-elle. En fait, c’est sa mémoire qui vacille et lui joue des tours...

Première oeuvre, écrite à quatre mains par Corinne Roehrig et Nycole Roux Pouchoulin, cette pièce devient peu à peu plus amère qu’acerbe.

Avec une économie de moyens, elle en dit le plus possible sur cette situation difficile à vivre pour l’entourage tout autant que pour soi-même. Mais Maddie, avec sa fantaisie, a un moral à toute épreuve ! Derrière son masque de joyeuse grand-mère, Andréa Ferréol est émouvante sur cette réalité qui nous concerne tous. Même si son jeu est avant tout celui d’une comédie où elle se montre piquante et vive. On ne la trouve guère changée depuis son personnage opulent dans « La grande bouffe  », il y a pourtant 50 ans ! Sauf qu’elle est mince !
Dans « Maddie », une gentille histoire d’amour s’est nouée entre elle et son ami qui l’aide et la conseille dans ses manigances. Lui, c’est Pierre Santini, tout aussi parfait dans son rôle de protecteur amoureux.

Comme toujours, Paul Chariéras réussit une mise en scène parfaitement impeccable. De plus, sa fille Léna Chariéras signe des dessins qui se réalisent, au cours du spectacle, en blanc sur un fond de voile noir : c’est du plus heureux effet !

Une très sympathique soirée et nous souhaitons une longue durée à cette coproduction d’Anthéa. Bravo !

Caroline Boudet-Lefort

Visuel de Une : DR ANTHEA

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