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Anthea - Dans les yeux de Monet, de Cyril Gély

Le décor (signé Stéphanie Jarre) est magnifique : une pièce mansardée encombrée de matériel de peinture, avec un lit sur lequel Monet pourra se reposer. Le célèbre peintre impressionniste, est magistralement interprété par Clovis Cornillac à qui le rôle convient parfaitement (la corpulence et un côté bourru).

Monet est là sur scène, dès le lever de rideau, et il maugrée en se plaignant : « Tout est noir là dedans ! » dit-il en désignant sa tête. Depuis la disparition de sa femme, il a du mal à peindre et n’a plus l’inspiration indispensable à tout artiste. Il ne fait que ruminer, incapable de sortir de cette situation. Ses yeux se remplissent de larmes, avec, de plus, un début de cataracte.
Son ami, le marchand d’art Durand-Ruel (Eric Prat) l’a invité à s’installer à Rouen pour peindre la cathédrale sur laquelle, de sa mansarde, il a une vue magnifique.

Chaque heure du jour impose un éclairage différent et le peintre voudrait tous les reproduire, mais l’inspiration lui manque.

L’élan lui sera redonné grâce à une jeune fille qu’interprète superbement Maud Baecker, vibrante de conviction avec une délicatesse toute naturelle.
Monet reprend ses pinceaux et, ému, pose sa mains sur le cœur de la jeune fille qui, plus tard, lui parlera de l’avoir posé sur son sein gauche. Cependant un lien se noue entre eux et cette jeune fille, très inspiratrice, sera sa dernière muse.
Sur la scène, quelques reproductions de toiles de Monet sont suspendues. Ainsi les spectateurs de la pièce plongent dans l’univers tourmenté de Monet.
La mise en scène de Tristan Petitgirard est impeccable, mais cependant malgré toutes ses qualités – et elles sont nombreuses – la pièce laisse une impression un peu morose. Sans que le spectateur se soit réellement ennuyé, il repart avec un rien d’insatisfaction.
Caroline Boudet-Lefort

Photo de Une ©Anthea

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