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Fin de cet événement il y a 3 mois - Date du 8 août 2018 au 9 septembre 2018

Under the Silver Lake, de David Robert Mitchell

L’exploration de Los Angeles à travers une enquête sur la décadence d’Hollywood a déjà été largement filmée, de « Mulholland Drive » de David Lynch à « Sunset Boulevard » de Billy Wilder, en passant par « Le Privé « de Robert Altman.

La Cité des Anges comme personnage principal est probablement une catégorie en soi et les références cinématographiques ne manquent pas.


Mais fini le temps d’Hollywood et son trottoir d’étoiles ou Beverley Hills et ses villas à faire rêver les spectateurs du monde entier. A Los Angeles, le centre de gravité a changé avec de nouveaux décors. Maintenant c’est Silver Lake avec ses palmiers et son réservoir d’eau (déjà filmé dans « Chinatown » de Roman Polanski). C’est dans ce quartier non loin du centre de L A, parsemé de villas tendance moderne, de coffee-shops et de galeries d’art que vit Sam, acteur trentenaire, sans emploi, qui s’installe dans la coolitude entre joints et petits boulots aléatoires.

Les factures s’entassent et il est vidé de son appartement ne payant plus le loyer. Ce loser anticonformiste est aussi un peu voyeur (comme dans « Fenêtre sur cour » de Hitchcock). Il s’éprend d’une voisine (Riley Keough) qu’il reluque de sa fenêtre avec des jumelles. Soudain, cette fausse Marilyn disparaît ... Il tente alors de mener sa propre enquête entre énigmes et impasses. Quelle stratégie va-t-il utiliser ?

Ne semblant pas avoir envie d’y répondre, le film prend son temps et s’égare – et égare le spectateur en même temps – dans une histoire alambiquée, oubliant que filmer c’est s’intéresser au réel sans nécessairement le représenter. Sam déplore son cauchemar éveillé sans forcément entraîner le spectateur avec lui. Fabrique de rêves, cette ville mythique pourrait bien aussi fabriquer des cauchemars. Dans ce monde d’acteurs – célèbres ou pas –, le mystère s’épaissit et la paranoïa va bon train, nourrie de théories complotistes, de secte avec gourou à la violence aveugle et désincarnée, et d’autres que Sam poursuit jusque dans les passages secrets du sous-sol de la ville.... Il y a même un serial killer de chiens...

Copyright Le Pacte

Le spectateur risque de rencontrer des moments de lassitude surtout quand l’humour désinvolte devient trop potache.
Mais, « Under the Silver Lake » est truffé de références à des films sur la décadence d’Hollywood, ce que chacun pourra s’amuser à dénicher.

Los Angeles a toujours inspiré des films de rêves et de dérives.

Celui de David Robert Mitchell confirme cette règle. « Under the Silver Lake » est un film branché sur un milieu branché dans un décor branché d’un quartier en voie de gentrification.

Copyright Le Pacte

Après deux longs-métrages de genre, le teen-movie « The myth of the American Sleepover » en 2010 et le violent thriller à succès « It Follows », en 2014, (tous deux présentés à la Semaine de la Critique à Cannes), David Robert Mitchell offre au public ce glandeur bohême, artiste en puissance avachi derrière sa fenêtre. Interprété par Andrew Garfield, parfait dans ce personnage étourdi par les promesses de la pop culture, il joue à l’aise ce Sam se laissant intriguer, malgré sa peur, par des mystères qui le tirent hors de son quotidien monotone.
Caroline Boudet-Lefort

Photo de Une : Andrew Garfield |Copyright Le Pacte

Date de sortie en salles le 8 août 2018 (2h 19min)
De David Robert Mitchell
Avec Andrew Garfield, Riley Keough, Topher Grace plus
Genres Thriller, Comédie

Artiste(s)