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Fin de cet événement il y a 2 jours - Date du 24 août 2022 au 25 septembre 2022

Ciné : "Les volets verts" de Jean Becker

Il y a plus de 40 ans, François Truffaut avait réuni Gérard Depardieu et Fanny Ardant, dans « La femme d’à côté » (1981), couple resté mythique dans le souvenir de chaque spectateur. Aujourd’hui, Jean Becker a rassemblé à nouveau ces deux monstres sacrés du cinéma dans « Les volets verts », librement adapté d’un roman de Georges Simenon publié en 1950.

Dès le début, il est facile d’imaginer quelle sera la fin, aussi s’attache-t-on d’autant plus à Jules Maugin, ce monstre sacré de la scène dans les années 70, magistralement interprété par Depardieu avec toute sa véhémence et ses multiples subtilités d’intonations dans la voix. Quant à Fanny Ardant, sa partenaire dans le film comme au théâtre - puisque tous deux sont sur scène -, elle a toujours un charme au comble de la féminité et son sourire auquel personne ne résiste.

Partout où il va, tout le monde connaît ce comédien célèbre, qu’il soit auprès de cette femme qu’il aime encore alors qu’elle s’est détachée de lui pour un autre, ou avec des copains de cafés de luxe qu’il fréquente, et où évidemment tous les serveurs l’identifient à sa descente facile de bouteilles de vodka.
Son médecin le met en garde en s’inquiétant pour lui de la quantité d’alcool qu’il absorbe, mais qu’importe ! Son meilleur ami (Benoît Poelvoorde, bien dans ce rôle) multiplie aussi les recommandations en le voyant se dégrader.
Il ne trouve de ressort que sous les lumières de la scène ou l’éclairage des caméras de cinéma, n’accordant plus aucune importance à la qualité des scénarios. Seul compte le chiffre du cachet qui lui permettra une grande générosité vis-à-vis de son entourage. Il y a son habilleuse Maria (Anouck Grinberg) à laquelle il s’est attaché comme à un point d’ancrage, son chauffeur Narcisse (Fred Testot) qui est bien obligé de subir ses caprices, tel partir au milieu de la nuit de Paris jusqu’à Antibes. Et puis, au fil du film, apparaît son attachement pour sa souffleuse (Stéfi Celma) qui l’a tiré d’une mauvaise passe lors d’une « panne » pour son texte au cours d’une représentation.

Se souvenant qu’il possède une maison au Cap d’Antibes, il va sortir de la mouise cette jeune femme démunie et son enfant pour lequel il gâtifie comme un tendre grand-père.

Ce colosse irascible, égoïste, imbibé d’alcool, se révèle soudain un généreux bougon prêt à fondre devant une minuscule fillette désarmante qui, sans caprice, le fait tourner en bourrique.

Il n’en paraît que plus grand.
D’Antibes, on ne voit rien. Il semble que le tournage dans le Sud ait plutôt eu lieu vers Marseille ou Martigues sans doute, aussi bien le petit port de pêche que la splendide villa où l’acteur installe ses protégées.
Jean Becker est surtout connu pour un cinéma grand public dans lequel quelques films restent attachants, dont « L’été meurtrier » où se distinguait l’interprétation d’Isabelle Adjani. Ici, aussi, tout l’intérêt du film est l’interprétation, car sinon le film semble daté et plutôt poussif. Mais, quoique très loin de l’univers crasseux et troublant de Simenon, il se laisse voir...
Caroline Boudet-Lefort

Photo de Une : Stéfi Celma, Gérard Depardieu © ARP
Sortie en salles le mercredi 24 août 2022

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