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Fin de cet événement il y a 1 semaine - Date du 9 novembre 2022 au 27 novembre 2022

Ciné : "Armageddon Time" De James Gray

James Gray revient à la veine autobiographique qui lui avait inspiré « Little Odessa », à ses débuts en1994. Cette fois, dans « Armageddon Time », il évoque ses années lycée, au milieu des années 80, à la Kew-Forrest School, où le père de Donald Trump est alors membre du Conseil d’administration et où l’ancien Président des Etats-unis y fut lui-même élève.

Il montre ainsi le New York du milieu des années 1980, celui où il a grandi dans le quartier du Queens, et il s’attache particulièrement à la vie de sa famille juive toujours à la poursuite du rêve américain.

James Gray fait une description très précise de cette famille très unie dont le souci est l’intégration totale à la vie de ce pays d’adoption.

Pour renouer avec ses jeunes années, le réalisateur n’utilise pas le filtre du polar où il a pourtant ses habitudes (« The Yards » (2000), « La nuit nous appartient » (2007), ...), mais il axe son film sur les liens familiaux avec une grandeur d’âme et une délicatesse feutrée, de celle qui font ces grands films que le temps bonifie. Il s’attache particulièrement à la relation entre l’audacieux gamin qu’il était (Michael Banks Repeta) et son grand-père (Anthony Hopkins), leur complicité est si intense qu’elle rend le film particulièrement émouvant.
Au bahut, le jeune garçon, Paul, se lie avec un élève noir, Johnny, d’un milieu modeste et en rupture familiale. Les frasques qu’ils font ensemble passent mal auprès de ses parents et de son frère. Heureusement, il a le soutien inconditionnel de son grand-père qui le couvre dans les multiples incartades qu’il fait avec l’autre garnement.

C’est ainsi que Paul découvre le racisme et la différence faite par la « société » dès qu’il est question de les punir quand ils se font pincer. Il ne comprend pas pourquoi son copain noir doit en baver plus que lui.
Cela le révulse. Mais, il découvrira aussi peu à peu le racisme, plus larvé, vis-à-vis de sa judéité.
Très bien photographiés par le chef opérateur français Darius Khondji et très bien dirigés par James Gray, les interprètes sont tous excellents, qu’ils soient jeunes ou moins jeunes, et on est heureux de retrouver, dans le rôle de la mère, Anne Hathaway, trop rare sur les écrans.

« Armageddon Time » est très empreint de quelque chose d’intime qui fait la grandeur de ce magnifique film semblant être murmuré à l’oreille du spectateur.

Caroline Boudet-Lefort

Sortie en salles : le mercredi 9 novembre 2022
Photo de Une : Banks Repeta, Jaylin Webb © Focus Features, LLC.

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