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CINEMA : Les surprises du Festival de Cannes !

La sélection officielle du Festival de Cannes a été révélée, mettant fin aux rumeurs qui circulaient sur les films retenus pour la compétition (du 15 au 26 mai).

Le Festival de Cannes a choisi pour l’affiche de sa 66e édition un couple qui incarne à la perfection l’esprit du cinéma : Joanne Woodward et Paul Newman, pris en photo sur le tournage du bien nommé A New Kind of Love, de Melville Shavelson (1963).
Bronx (Paris) - Paul Newman et Joanne Woodward
© 1963 by Paramount Pictures Corporation and Llenroc Productions.

Il reste 19 réalisateurs dans les starting-blocks pour décrocher la Palme d’or, deux ont déjà remporté le trophée : les frères Coen pour Barton Fink, en 1991 et Roman Polanski pour Le Pianiste, en 2002. Justement c’est le grand retour de ce dernier sur la Croisette : il présentera, sous pavillon polonais (son pays d’origine), La Vénus à la fourrure, une adaptation de Sacher-Masoch annoncée comme le possible choc du festival, avec Emmanuelle Seigner et Mathieu Amalric. De même, c’est en tant qu’italienne que Valeria Bruni Tedeschi, seule femme en compétition, présentera Un château en Italie, sur une grande famille bourgeoise italienne, la sienne probablement. Tournés en France avec des acteurs français, ces films ont ainsi pu laisser place libre dans une sélection française très encombrée. Quatre seulement ont été retenus parmi les nombreux candidats : Arnaud Desplechin qui a réalisé aux Etats-Unis Jimmy P. d’après un de ses livres de chevet Psychothérapie d’un Indien des plaines de Georges Devereux. François Ozon raconte, dans Jeune et jolie, l’histoire d’une adolescente qui se prostitue par plaisir. Arnaud des Pallières, dont les films précédents avaient été accueillis froidement, pourrait être une des révélations du Festival avec Michael Kohlhaas, d’après un texte fondateur de Kleist sur sa vision de la justice. Enfin, Abdellatif Kechiche présente, pour sa première cannoise, La Vie d’Adèle, sur une passion entre deux jeunes femmes.

Les Américains aussi font nombre dans cette sélection. D’abord James Gray, reparti trois fois bredouille de Cannes, présente The Immigrant, où Marion Cotillard arrive de la vieille Europe pour tenter sa chance dans le New York des années 20. Grands habitués de la Croisette, les frères Coen ont réalisé Inside Llewyn Davis, une parabole sur un musicien de folk dans le Greenwich Village des années 60. Dans Nebraska, Alexander Payne déroule en noir et blanc le road movie d’un vieil acariâtre (Bruce Dern) et son fils. Behind the Candelabra/Ma vie avec Liberace est annoncé comme l’ultime film de Steven Soderbergh sur la vie d’une figure fofolle du music-hall américain interprétée par Michael Douglas.

L’inévitable Paolo Sorrentino représente l’Italie avec La Grande Bellezza tourné dans la grande société romaine avec son acteur fétiche, Toni Servillo. Le Passé est le premier film français de l’Iranien Asghar Farhadi (Une séparation), pour une chronique sociale et un thriller psychologique avec Bérénice Bejo dans le rôle principal. Amat Escalante, Mexicain né à Barcelone, a tourné Heli, prénom de son héroïne à la recherche de son père. Borgman du Hollandais Alex Van Warmerdam dont nous avions adoré l’humour noir de La Robe et Les Habitants. Nicolas Winding Refn retrouve Ryan Gosling pour une histoire de vengeance à Bangkok dans Only God Forgives.
Côté asiatique, il faudra quatre histoires à Jia Zhangke pour poursuivre, dans A Touch of Sin, son portrait sociologique de la société chinoise. Primé déjà pour Nobody knows et After life, Hirokazu Kore-Eda, un cinéaste japonais qu’on aime beaucoup, viendra avec Like Father, Like Son, portrait d’une famille fracassée par la révélation d’un secret. Wara no tate est un polar spectaculaire du grand styliste japonais Takashi Miike : ultra violence assurée ! L’Afrique est souvent la grande absente des sélections faute de productions dignes de ce nom. Grigris, du Tchadien Mahamat Saleh Haroun, est l’histoire d’un jeune homme à la jambe paralysée qui se rêve danseur, mais devient trafiquant d’essence.

Le Président Steven Spielberg et son Jury n’ont plus qu’à faire leur choix ! Ajoutons le film d’ouverture Gatsby le Magnifique, pour lequel Baz Luhrmann retrouve Leonardo DiCaprio, quinze ans après Romeo + Juliette. Le réalisateur joue à fond la carte du grandiose pour rester fidèle à l’extravagance de Gatsby, décrite par Fitzgerald. Le film de clôture sera Zulu tourné en Afrique du Sud par le Français Jérôme Salle. De plus, des films présentés hors compétition ou en séances de minuit et la section Un Certain Regard qui s’ouvrira avec The Bling Ring de Sofia Coppola et proposera des films trop exigeants ou fragiles pour viser la Palme d’or.

L’Inde, pays invité, présentera une palette de cinéastes actuels et une soirée de gala pour les 100 ans de Bollywood. Enfin un hommage sera rendu à Jerry Lewis avec Max Rose de Daniel Noah, là le rire est garanti ! Il n’y a plus qu’à espérer une Croisette joyeuse, ensoleillée et pleine de belles surprises dans ses salles obscures !

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