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Fin de cet événement 30 janvier - Date du 5 janvier 2022 au 30 janvier 2022

Ciné : "En attendant Bojangles" de Régis Roinsard

Tout commence par un coup de foudre au cours d’une « party » mondaine sur la terrasse du « Belles-Rives », un Palace les pieds dans l’eau au Cap d’Antibes. Il fait beau, le soleil scintille sur la mer, les invités sont sapés, tout le monde parle, grignote et danse...

Avec son ami proche (Grégory Gadebois), Georges (Romain Duris) est venu y traîner son ennui permanent, lorsque ses yeux sont attirés par une belle jeune femme blonde (Virginie Efira) qu’il ne voudra plus jamais quitter. Elle lui dit « La vie doit être un rêve, une partie de plaisir »...

Installé à Paris, le couple ne vit que pour « bâtir des châteaux en Espagne » et danser sur leur chanson préférée « Mr Bojangles » de Nina Simone... Un enfant naît et grandit et c’est à travers son regard que l’histoire se poursuit...

Tel un feu follet, la mère mène la danse. Tantôt Antoinette, tantôt Camille ou autre, « Garder toujours le même prénom est ennuyeux ! ». Elle refuse toute réalité et se réfugie dans une vie festive loin de toute contrainte, avec le choix de la marginalité et de l’originalité à tout prix. Ainsi leur animal domestique n’est ni chien ni chat, mais une grue nommée «  Mademoiselle Superfétatoire » qu’ils baladent en laisse et toujours présente à leurs fêtes.

Quand l’enfant demande si sa mère est malade, le père lui répond qu’elle a « énormément d’imagination ». Il aime d’un amour fou cette extravagance au point de la suivre dans son délire, dans cette folie contagieuse : si elle sort nue dans la rue, à son tour il sort à poil. Ils se tirent par le rire des situations les plus incongrues.

Pourtant un jour, elle pousse trop loin les limites et se trouve internée en Hôpital Psychiatrique avec un traitement qui la transforme en « légume », ayant perdu toute sa joie de vivre. Cette situation est trop insupportable pour son mari et son fils...

En déroulant les faits de l’existence aventurière des parents vus par leur fils mature avant l’heure, et cependant complètement captivé lui aussi par la magie joyeuse qui se dégage du couple et le climat de fête qui les entoure.

Le film de Régis Roinsard est très excessif, loin de la légèreté du best-seller d’Olivier Bourdeaut d’où il est librement adapté, après l’avoir été au théâtre et en BD. Les personnages y sont devenus caricaturaux ainsi que toutes les situations qui les entourent : par exemple la pile de factures qui s’accumulent deviendra montagne de courrier. C’est vrai qu’ils vivent dans des excès, mais leurs excès sont outrés dans le film, sans la légèreté magique du couple dans le roman.

Ce n’est pas l’excellent jeu des acteurs qui est en cause et Virginie Efira irradie d’une luminosité exceptionnelle, à l’aise dans tous les registres. Le film laisse l’impression d’un manque de subtilité pour des personnages merveilleux.

Le film a été présenté en Avant Première au Cinéma Casino d’Antibes, ce qui est normal puisque l’action se déroule en partie dans cette ville.

Caroline Boudet-Lefort

Photo de Une : Copyright Roger Arpajou/Curiosa Films

Au cinéma le 5 janvier 2022

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