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EXPOSITION TEMPORAIRE

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Paul Deters

PAUL DETERS, artiste allemand né à Berlin y vit et y travaille toujours. Son travail s’imprègne de la réalité du monde. Il y jette sa vie et la commente quelque fois à travers des mots. On y rencontre des concepts comme le Père, le Serviteur, l’Âme ou encore les litanies Laurentines.

VILLA CAMELINE NICE du 9 – 16 avril de 15h à 18h30 puis sur rendez-vous jusqu’au 23 avril 2011

Il se préoccupe de Dieu et du monde, ce qui rejoint sa biographie : parce que PAUL DETERS a étudié la théologie à l’université de Munster avant d’étudier l’archéologie et l’art. Il travaille essentiellement sur des grands formats qui rappellent des pans de mur et accentuent encore plus l’impression de puissance et d’agressivité de ses dessins. Il se consacre aux icônes modernes mais celles-ci ne sont pas le reflet de visages divins mais d’instruments de violence. Les armes, motif récurrent, sont mêlées à des images bibliques augmentant l’impression d’insécurité de ses motifs. Ses dessins n’affirment rien ils sont simplement la transcendance d’une certaine réalité.

Interview de Gesine Reinicke critique d’art

- Gesine Reinicke : La VILLA CAMELINE [ MAISON ABANDONNEE ] est un endroit intéressant pour exposer…, cela t´amène-t-il pour la première fois dans le Sud de la France ?

- Paul Deters : Loin de là, je connais très bien ce coin, mon ami et moi avons de la famille ici et sommes souvent venus, généralement au printemps. J´aime cette légèreté que l´on trouve ici. C´est aussi ce que je retrouve dans mes tableaux, une légèreté et une joie de vivre ludique, même si parfois je traite des sujets lourds.

- GR : Oui, tes tableaux jouent souvent avec les contrastes, des formes résolues, presque abstraites où l´on retrouve néanmoins toujours quelque chose de grave, où se manifestent des questions existentielles. Tes oeuvres nous parlent pareils à des commentaires pointus sur notre époque. Je n´irais pas jusqu’à employer le mot terme de caricature ou de BD, mais tes tableaux gardent malgré tout le sérieux des thèmes et des formes, un humour graphique. Comment vois-tu cela ?

- PD : Cela me réjouis d´entendre cela, car je suis un artiste qui désespère de ce monde. Avec mes moyens de dessinateur, j´expose des faits. Je viens d´une famille catholique, cela m´a beaucoup marqué, bien sûr aussi comme champs de débat intellectuel. Dans mes tableaux a lieu toujours aussi un travail avec moi-même mais ce qui me préoccupe principalement est la condition humaine dans ce monde. C´est pourquoi mes dessins poursuivent toujours des thèmes concrets, avec toujours une dimension politique et sociale. Je ne produis pas de message direct vers l´extérieur, mais l´art qui ne tient pas compte des débats sur les medias publics je veux dire qui tourne uniquement autour de choses immanentes à la peinture, ca ne m´intéresse pas. Je tente de capter des sujets de la rue dans mes tableaux, le Sound pictural de notre temps pour ainsi dire, mais aussi la société dans laquelle nous vivons, décrire ce qu´elle refoule : la jalousie, l´obsession de l´argent et du pouvoir etc… un peu comme chez Chabrol.

- GR : Penses-tu que l´art peut influer sur la société ?

- PD : C´est un très vieux débat. L´idée d´art politique émerge toujours, comme par exemple dans le courant Fluxus des années soixante. C´est un sujet intéressant pour les commissaires d´expositions. Je ne crois pas que l´art, du moins l´art pictural ait une telle force. Regarde comment les progrès techniques, la révolution dans les modes de communications via internet ont changé le monde – on peut le voir en Afrique du Nord en ce moment. Je crois que la force de mes tableaux réside dans autre chose. Dessiner est pour moi un processus guidé inconsciemment par le corps – c´est la main qui dessine. Le contrôle et la perte de contrôle doivent rester en équilibre. C´est un processus dans lequel je ne sais pas où ca va aboutir. C´est la raison pour laquelle je ne peins pas à l´huile, ce serait trop lent. Le tableau veut sortir en une journée, d´une traite. Lorsque ca réussi, j´ai rendu une chose implicite explicite. C´est pas si peu ! L´observateur peut le percevoir – c´est pour ainsi dire une prise de conscience d´enjeux complexes. Je m´arrête là sinon ca devient tout de suite métaphysique.

- GR : Tu veux parler d´une dimension spirituelle de ta vie de dessinateur, audelà des aspects politiques et sociaux. Comment en es-tu venu à l´art, à la peinture ?

- PD : Le chemin entre la théologie et l´art ne fut pas sans détours. Le talent manuel j´ai l´ai hérité. Mon père était dentiste et il était prévu que j´hérite de son cabinet. La théologie fut une fenêtre vers un nouveau monde. Je me suis concentré autant que j´ai pu sur des thèmes touchants à l´art. Dans l´étude de la liturgie je me suis intéressé au Living-Théâtre de New-York et j´ai écrit mon mémoire sur le développement iconostase dans l´art byzantin. C´est intéressant dans la mesure où ce que je fais aujourd´hui est souvent décrit comme des icônes modernes. Après mes études de théologie j´ai étudié plusieurs semestres l´archéologie et l´art, entre autre à Rome.

- GR : Ca c´est la théorie … et la pratique ?

- PD : J´ai toujours dessiné ou peint, depuis l´âge de douze ans. Justinien et Théodora (la mosaïque du couple impérial à San Vitale, à Ravenne, du milieu du sixième siècle) était au dessus de mon lit et aussi une croix. Je m´y connais bien en histoire de l´art et je trouve qu´il n´est pas nécessaire d´avoir une formation académique en art – les études d´art n´ont un sens que dans la mesure où l´on s´implique durant ces études là dans un milieu où les contacts sont très utiles. Aujourd´hui, la façon dont on se vend occupe une place majeure dans les études. Lorsque j´ai commencé ma carrière, il y a vingt ans, je n´étais connecté à rien ni personne. Lorsqu´on me demande si je vis de mon art, je réponds toujours oui. C´est à double sens. Je suis économiquement relativement indépendant, mais de toutes façon, il s´impose à moi de faire de l´art – c´est ma vie.

- GR : J´ai parcouru ta biographie artistique, ta vie en image pour ainsi dire. Je suis impressionné par les facettes différentes. Quatre phases différentes de ton oeuvre et à chaque fois un nouveau langage des formes.

- PD : Merci, merci ! Il faut bien voir que tout ca s´est fait au cours de nombreuses années. On évolue et de nouveaux thèmes se trouvent. Je suis allé de la figuration vers la déconstruction et de l´art abstrait vers le figuratif – et je comprends mes travaux d´aujourd´hui comme une synthèse du figuratif et de l´abstrait. S´il faut toujours se répéter et rester sans cesse dans la même forme de langage pour créer son branding, je m´en passe ! J´aimerais faire le plus possible d´expériences nouvelles. Je ne comprends pas comment d´autres collègues peuvent sans arrêt produire la même chose. Pour certain, le succès commercial est une malédiction. De même qu´il m´est impossible de concevoir comment certains peintres très productifs laissent peindre ce qu´ils dictent. Ca ne fonctionnerait strictement pas avec mes tableaux – impensable !

- GR : Comment vois tu le côté commercial de l´art, le marché de l´art ?

- PD : Oui, que se passe-t-il sur le marché de l´art ? Bonne question ! Le problème est que ce n´est pas un vrai marché. Il ressemble de plus en plus à la bourse où quelques acteurs riches de par leurs achats et ventes, de par leur influence sur les critiques - les commissaires d´expositions, qui seraient dans ce cas les analystes – créent des valeurs spéculatives. Le critique d´art américain Jerry Saltz va même jusqu´à dire que le marché de l´art est encore plus amoral que la bourse, et qu´aujourd´hui les acteurs du marché de l´art qui pestent haut et fort dehors contre les usances sans scrupules, dans les coulisses ont fait les plus gros profits. Je ne veux pas être si négatif. De par les prix exorbitants de certaines oeuvres d´art on constate aussi que l´art est devenu une question d´intérêt quasi général. Mais selon moi, les spéculants achètent des horreurs à des prix exorbitants.

- GR : Paul, y-t-il des artistes qui sont pour toi des références ?

- PD : Tu veux dire s´ il y a des artistes que j´admire ? Bien sûr. De nombreux collègues nomment Francis Bacon – j´ai eu moi aussi une phase où j´ai beaucoup étudié sa vie. Il était très sociable et connaissait plein de monde. J´aime les conversations en tête à tête, en groupe je suis très en retrait. Je suis très observateur. J´aime Picasso, en particulier le Picasso des années trente dont l´évolution des formes est plus intéressante que celle de Bacon, et j´aime beaucoup Matisse et Leger. Je ne sais pas si j´ai des artistes comme référence pour moi-même ? Je suis bien sûr influencé par ce qui fut peint et dessiné avant moi en particulier l´art antérieur au christianisme et l´art byzantin, l´art pré gothique, et la Renaissance, et là en particulier Mantegna et Uccello. Degas m´est très proche, et j´adore Philip Guston et Jean Fautrier. Durant mes études, le courant Fluxus fut très important, par exemple John Cage, Beuys et Ben Vautier.

- GR : Qu´est ce qui t´inspire pour dessiner ?

- PD : Les images de la télévision de la BBC et de CNN, les influences littéraires également, j´adore les poèmes de Inger Christensen, j´aime Cioran, Gottfried Benn, W. H. Auden, et le chercheur en neurologie Detlef B. Linke et beaucoup d´autres. Je lis énormément. Je pense à tout ce que je vis, j´ai vécu, à ce qui m´intéresse, et ce que je regarde, ce à quoi je réfléchis se traduit dans mes tableaux. C´est pourquoi mes travaux sont si personnels.

- GR : Oh oui, c´est également comme cela que je les ressens. J´ai l´impression que je te suis encore plus proche de par tes tableaux, même si c´est un plaisir de discuter avec toi, comme maintenant. Pas seulement avec tes dessins, également avec ta parole tu soulèves des questions intéressantes. Je te remercie ! Pour finir j´aimerai savoir quels sont tes plans pour cette année ?

- PD : Dessiner et encore dessiner ! Toujours avancer vers ce qui est imprévisible. Sinon ? Au mois de mai j´ai une exposition dans la galerie Glass à Berlin. Après Tel Aviv. Depuis deux ans mon ami s´occupe du marketing et de la vente. Ca me plait beaucoup. Nous n´aurions rien contre le fait d´être encore plus connus et d´exposer plus.

Biographie

Studies of theology in Münster and Innsbruck, of archaeology and arts in Bonn, Rome and Berlin Studio in Copenhagen, Denmark Lives and works in Berlin,Germany

http://www.de-berlin.com renseignements : Hélène Fincker / attachée de presse

T 06 60 984 988 M helene@fincker.com

Maison Abandonnée [Villa Cameline]

43, avenue Monplaisir – 06 100 Nice

parking : église Jeanne d’Arc tram : arrêt Borriglione ou Libération

mercredi 23 mars 2011 , par Communiqué de presse

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