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Jacques Godard

Portrait au blouson, 1990 © Jacques Godard

Tout en poursuivant une carrière classique de photographe (dans la mode, la publicité, l’illustration, etc.), Jacques Godard a toujours été à la recherche d’autre chose que la simple représentation de la réalité filtrée par la mécanique photographique.

Il sait que la composition, le cadrage, le sujet, la lumière peuvent être transformés, transcendés en agissant sur la matière et son support.

Après avoir exploré toutes les techniques de travail sur la gélatine, le film, les processus de développement, il découvre en 1982 de nouvelles possibilités avec la gomme bichromatée, un procédé qui permet d’imprimer la photo sur n’importe quel support.

Le geste d’enduire au pinceau une matière photosensible, plus proche de celui du peintre, l’intéresse.

Grâce à cette technique découverte chez Édouard Steichen, il réalise des portraits et des nus saisissants où le geste, le mouvement du pinceau se mêle à la fixité immuable de la photographie.

Des années de recherche l’amèneront à réaliser des images intemporelles comme issues de documents photos vieillis par le temps, au charme indéfinissable.

Son travail s’intensifie dans une belle série vénitienne réalisée en quadrichromie : des personnages de carnaval dans un clair obscur fantomatique ajoutant à l’atmosphère magique de la ville mystérieuse.

Groupe sur le pont (1b), 2005 © Jacques Godard

Une autre belle série va naître en 1994 quand le Conservatoire du Littoral l’invite à photographier leur site du Jardin du Rayol Canadel (Var), puis en 1995 lui passe commande d’un travail sur leur site de la Plaine des Maures, près du Cannet-des-Maures dans le Var.

Dans cet espace préservé, il réalise des paysages d’une grande profondeur (forêts primaires, mares, chênes lièges, garrigue...) évoquant l’origine du monde.

Plaine des Maures, 1992 © Jacques Godard

L’arrivée du numérique, de ses potentialités lui ouvre de grandes perspectives. Que l’image puisse être manipulée à l’infini le passionne. Il en explore toutes les facettes.
Ses années de recherches sur la déstructuration de l’image et sur la redistribution de ses composants lui permettent de mettre au point ses outils de pixoplastie.

Manipulant fractales et algorithmes, il crée de nouvelles images, lui permettant de « construire un autre univers » et d’accéder à ce qu’il désirait « exprimer depuis quarante ans ».

Genesis DA5-417B2, 2017 © Jacques Godard

Jouant avec la sérendipité tout en exerçant son contrôle sur le résultat final, il crée différents univers qui donnent naissance à plusieurs séries : images abstraites (Genesis, Magma, Abstraction, etc.), proches du végétal (Lichens, Pareidolies, Végétal) ou paysages urbains.

Nice l’Arénas 011 © Jacques Godard

Ses « paysages mentaux » évoquent aussi des éléments naturels déchaînés : vagues, montagnes, explosions, érections, enroulements de matières en fusion, autant de visions cosmiques, de vibrations qui retranscrivent les tensions et les émotions de l’artiste.

Genesis DA3-447-2 © Jacques Godard

Voir son très intéressant site : http://www.jacquesgodard.com

Photo de Une : (détail) Abstraction-DA5-690BW, 2017
© Jacques Godard

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