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À la lumière, Mathieu Harel-Vivier

Les séries et agencements photographiques de Mathieu Harel-Vivier associent plusieurs types
d’écritures par la lumière. Du sténopé au polaroïd et du montage à l’installation, les images qu’il
réalise engendrent un désir de fiction et portent au regard une équivalence entre représentation et
abstraction.

Les manipulations, agencements et mises en scène qu’il opère explorent des modes d’apparition et
de fabrication de la photographie produisant des images en perte de réalité. Afin de considérer une
image qui ne repose plus seulement sur une dialectique de l’enregistrement documentaire et de la
composition picturale, ses photographies développent une puissance fictionnelle à travers les figures
de l’absence, du hasard et de l’imaginaire.

Mathieu Harel-Vivier Série Errance, 2009 - 2010 Tirage photographique sur papier « metallic » contrecollé sur plexi, 80 x 120 cm

Au coeur des préoccupations contemporaines, son travail dévoile une pensée onirique de l’image à
travers divers âges du médium photographique. Invité à la galerie Sintitulo pour une exposition au
format court accompagnant le lancement de la saison culturelle estivale mouginoise, Mathieu Harel-
Vivier a répondu en sélectionnant des oeuvres issues de deux séries en cours, Spectre et Errance.

Les images abstraites de la série Spectre résultent de la projection de négatifs produits par épluchage
de la couche supérieure de polaroids. Immergées dans des boîtes transparentes, elles invitent à une
lecture intime de la matière photographique, à la fois protégées et figées dans ce dispositif qui rejoue
les opérations du tirage photographique.
La série de photographies nocturnes Errance, agencées en constellation, contraste quant à elle avec
la surface apparemment tranquille d’un quotidien urbain. La lumière y est particulière et joue avec
l’artificialité. Si l’enquête est vaine, alors la présence d’un sujet souligne le caractère incongru de la
situation. Affairé ou en attente, le sujet réinstaure une narration dans l’image.

Entretien de Mathieu Harel-Vivier

- avec Sébastien Magro (extraits)

- Parle nous de ton parcours, comment es-tu arrivé à la photographie ?

- J’ai suivi un cursus complet en arts plastiques jusqu’au master à l’Université Rennes 2 avant de mener
un travail de recherche en thèse au sein de l’équipe d’accueil Arts : pratiques et poétiques dans
le laboratoire l’oeuvre et l’image. J’ai écrit un mémoire de master intitulé Figure de l’absence, une
pratique du sténopé, dans lequel il s’agissait de développer une étude théorique, en corrélation avec
un travail artistique sur le sténopé employé dans un dispositif de mise en scène pour générer une
image. Refusant la conception d’une image vécue comme preuve d’existence et souhaitant ne pas
documenter le réel, j’ai choisi de m’intéresser au médium, à ses caractéristiques temporelles, à sa mise
en espace.
Aussi, c’est avec un regard constamment porté sur l’extérieur et via la pratique - quelques
heures passées dans le labo - que je me suis intéressé à la photo.
Une autre pratique, cette fois documentaire, m’a mené vers un usage différent de la photographie.
Après avoir travaillé avec Alexandre Perigot à plusieurs reprises, j’ai réalisé les visuels de ses expositions
à Bialystok, Lisbonne, Paris ou Cajarc. Depuis, j’ai régulièrement l’occasion de répondre à des missions
pour photographier des expositions. J’ai par exemple été sollicité pour l’élaboration du catalogue lors
de la première édition des Ateliers de Rennes – Biennale d’art contemporain.

Mathieu Harel-Vivier Série Errance, 2009 - 2010 Tirage photographique sur papier « metallic » contrecollé sur plexi, 80 x 120 cm

- Quels sont les photographes qui te touchent, dont tu apprécies le travail ?

- J’apprécie profondément le travail d’un artiste lorsque l’expérience liée à la production de l’oeuvre est
envisagée comme une modification des perceptions habituelles, en somme lorsqu’il transforme notre
rapport à la réalité. Je suis aussi très intéressé par un travail faisant communiquer photographie et
sculpture, et pense par exemple à la série Chair de Richard Artschwager et Ouverture de Jean-Marc
Bustamante. Les deux oeuvres présentées par Jeff Guess au Mois de la Photo à Montréal concentrent
elles aussi une manière de penser la spatialisation de l’image et font un retour sur le principe à
l’origine de la formation de l’image. Autour de Foto povera se sont regroupés plusieurs artistes qui
possèdent une conception de l’image qui me séduit beaucoup dans la définition qu’en fait Jean-Marie
Baldner « se faire plaisir » d’autant que le terme autour duquel ils se regroupent n’est pas sans lever
la polémique. Par ailleurs, plusieurs rencontres avec les oeuvres de certains artistes me sont restées
en mémoire, comme la pratique de dessins de Richard Fauguet, de scénographie et d’appropriation
de John M Armleder, de fragmentation d’Eric Rondepierre, d’agencement chez Sam Taylor Wood, de
narration chez Ulla Van Branderburg et de collage chez John Stezaker…

- Peux-tu nous parler plus précisément de ta pratique plastique et photographique ?

- Je m’intéresse en particulier aux modes d’apparition et de fabrication de l’image photographique :
réalisées sans appareil, détériorées, projetées ou agencées dans l’espace, je produis des images en
perte de réalité. Je porte un grand intérêt à l’économie de production de l’image avec l’utilisation de
boîte sténopé en carton, l’intervention directe sur l’image, l’assemblage d’images… À la différence d’un
attachement commun à la réalité tendant à nier la matérialité de l’image, le plus souvent je choisis un
sujet qui vise à mettre en évidence les qualités des supports photographiques.
Parfois proche d’un usage amateur de la photographie, ce travail vise la puissance fictionnelle et
onirique de l’image, afin de considérer une image qui ne repose plus seulement sur une dialectique
de l’enregistrement documentaire et de la composition picturale. Du polaroid (Spectre, 2009) aux
agencements en constellation de tirages de divers formats (Errance, 2009), ou encore au sténopé
(Sténopé, 2005) à l’installation photographique sur table lumineuse (Spectre, 2009), je suis attentif au
dialogue qui s’instaure entre la spatialisation de l’image et sa représentation.

L’artiste

- Mathieu Harel-Vivier est né à Caen en 1982. Il vit et travaille à Rennes.
Après avoir soutenu un mémoire de master sur les Figures de l’absence à propos de sa pratique du
sténopé, Mathieu Harel-Vivier prépare une thèse en arts plastiques intitulée Image photographique,
réalité et abstraction à l’Université Rennes 2 – Haute Bretagne.
- Artiste plasticien, ses dernières expositions à Paris, Rennes et Muret révèlent un univers profondément
lié à la perception du médium photographique.

- Expositions Personnelles
- 2010 À la lumière, galerie Sintitulo, Mougins
- 2009 L’oeuvre du mois (600x300pxls),
www.sanstitre2006.com
- Commissaires d’exposition : Claire Migraine, Nicolas De Ribou, Mathilde Guyon
- 2006 Sténopé, Salle des conseils, Bâtiment Présidence, Université Rennes 2 - Haute Bretagne
Commissaire d’exposition : Christophe Viart
- 2010 WE-project, Bruxelles. Avec Etienne de France
Commissaires d’exposition : Fabrice Rans, sans titre, 2006
- 2009 Connexion, La 3ème Porte Bleue, Paris. Avec Sébastien Bourg, Nikolas Fouré,
Jean-Benoît Lallemant, Damien Marchal, Valentin Ferré, François Feutrie...
Commissaire d’exposition : Claire Migraine et Kusuk Yon
Jeu commun, La Théâtrerie, « Fabrique d’arts », Muret. Avec La République Bananière
(Julien Nédélec, Brice Collonnier et Jérôme Dupeyrat), Audrey Mompo, Anne Santini...
Commissaire d’exposition : Julie Martin.
- 2008 Foto Povera 4 Off, atelier portes ouvertes, Paris. Avec Driss Aroussi, Philippe Calandre,
Laurent Chardon, Marc Donnadieu, Benoît Géhanne, Rémi Guerrin, Constance Lewis,
Catherine Merdy, Bernard Plossu, Caroll’ Planque...
Commissaire d’exposition : Yannick Vigouroux
- 2007 Autres Rivages, galerie Art & Essai, Rennes
Avec Sandra Aubry, Sébastien Bourg, Antoine Chrétien, Lorie Gilot, Mélanie Godichaud.
Commisssaire d’exposition : Christophe Viart
Emergences, galerie Le Radar, Bayeux
Avec Sandra Aubry, Sébastien Bourg, Antoine Chrétien, Lorie Gilot, Mélanie Godichaud.
Commissaire d’exposition : Bérengère Lévèque
Dossier de Presse – Galerie Sintitulo – À la lumière, Mathieu Harel-Vivier – 2010
Galerie Sintitulo, art contemporain, 10 rue commandeur, 06250 Mougins - 04 92 92 13 25 - 06 17 32 76 71
Ouvert du mardi au dimanche inclus, de 11h à 13h et de 14 à 19h. Lundi sur RDV
http://www.galeriesintitulo.com - mougins@galeriesintitulo.com
Aide à la création
- 2010 Accompagnement à la production
Aide au projet extérieur, Le Fresnoy, Studio national des arts contemporains
Attribution d’un atelier-logement,
Direction Générale Culture Ville de Rennes
Formation
- 2010 Préparation d’une thèse de doctorat en arts plastiques intitulée Image Photographique,
Réalité et abstraction, Écoles doctorales Arts, Lettres et Langues,
laboratoire l’oeuvre et l’image, Université Rennes 2, sous la direction de Christophe Viart
- 2007 Master recherche arts plastiques avec mention et félicitations, Université Rennes 2 -
Haute Bretagne, sous la direction de Christophe Viart

Informations pratiques :

À la lumière, Mathieu Harel-Vivier
Galerie Sintitulo, art contemporain, 10 rue commandeur, 06250 Mougins - 04 92 92 13 25 - 06 17 32 76 71
Ouvert du mardi au dimanche inclus, de 11h à 13h et de 14 à 19h. Lundi sur RDV
http://www.galeriesintitulo.com - mougins@galeriesintitulo.com
Contacts
Ophélie Greco, Claire Migraine
04 92 92 13 25

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