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VENISE : Christian Boltanski « CHANCE » pour le Pavilon français

Christian Boltanski, figure majeure de la scène artistique internationale, représente la
France à la 54
e
Exposition internationale dʼart de la Biennale de Venise et propose une
installation spectaculaire unique intitulée « Chance ». Il traite ainsi de lʼun des thèmes qui
lui sont chers, celui du hasard, de la chance et de la malchance, des forces qui fascinent et
imposent leurs lois. Lʼartiste a choisi pour Commissaire Jean-Hubert Martin, directeur
honoraire du Musée national dʼart moderne Georges Pompidou.
Placée sous le commissariat de Bice Curiger, historienne et critique dʼart suisse, la 54ème Exposition internationale dʼart a pour thème « ILLUMInations », car la Biennale est lʼun des
plus importants forums pour la dissémination et lʼillumination des développements actuels
dans le domaine de lʼart international.

Pavillon français de la 54e Exposition internationale d’art de la Biennale de Venise 4 juin – 27 novembre 2011 Commissaire : Jean-Hubert Martin

LʼInstitut français assure le commissariat général du Pavillon français de la Biennale de
Venise en co-production avec le Centre national des arts plastiques (CNAP) et en
collaboration avec la Direction générale de la création artistique (ministère de la Culture
et de la Communication) et avec le mécénat exclusif de Citroën. Ce projet fait lʼobjet dʼune
Commande publique du ministère de la Culture et de la Communication et, à ce titre lʼoeuvre
présentée rejoindra les collections du Centre national des arts plastiques.
Le thème du Pavillon français
Lors de sa récente exposition Monumenta intitulée « Personnes » au Grand Palais -
exposition « rejouée » ensuite au Park Avenue Armory de New York puis au Hangar Bicocca
de Milan -, Christian Boltanski a su montrer sa capacité à traiter des thèmes universels, tout
en faisant en sorte que chacun y puise sa propre lecture et sa propre interprétation. Cʼest à
nouveau le thème du hasard quʼil aborde à Venise, dans un environnement mobile et instable,
sous un aspect plus ludique puisquʼil offre au public lʼoccasion de jouer et de gagner avec lui.
Résolument à lʼécart des mouvements et des théories, Christian Boltanski traite des questions
existentielles en atteignant des dimensions spectaculaires qui mêlent le réel à la fiction de son
art pleinement assumé et quʼil définit comme classique, non par sa forme, mais par ces
questionnements sur « le hasard, la loi de Dieu et la mort ». Réflexion sur la fuite du temps,
« CHANCE » est lʼun des maillons de la chaîne du souvenir de cette « petite mémoire » qui
définit la singularité fragile de chacun, et dont Les Archives du coeur forment lʼimmense
recueil. En effet, depuis 2005, Christian Boltanski poursuit une collecte dʼenregistrements de
battements de coeur à travers le monde, afin de tenter lʼimpossible : rassembler « tous les
coeurs des humains ». Véritable projet universel, Les Archives du coeur sont conservées à
lʼabri du temps dans lʼîle japonaise de Teshima, dans la mer intérieure de Seto, mise à sa
disposition par un mécène et consultables sur place par les visiteurs. Dans le même esprit de
ses oeuvres « paraboles » et utopiques, Christian Boltanski a « vendu sa vie en viager » à un
collectionneur (cʼest-à-dire lʼenregistrement vidéo en continu de ses faits et gestes dans son
atelier) afin de réaliser, en Tasmanie, une autre installation permanente utopique : « Sa partie
jouée contre le diable ».

Lʼoeuvre présentée à Venise est optimiste, au coeur de sa propre réflexion sur le hasard et la destinée : hasard de la naissance face au hasard de la mort. Tout est-il écrit et joué dʼavance ?

Quʼest-ce que qui préside au destin de chacun ? Les jeux sont-ils faits
 ? Dieu est-il présent ou absent ?
A lʼentrée du Pavillon, le visiteur est invité à sʼassoir sur une série de chaises en bois. Une
voix lui murmure quelque chose, chaque chaise lui « parle » dans une langue différente :
« Est-ce la dernière fois ? ». Message dʼespoir ? Annonce inquiétante ?...
Lʼintérieur du Pavillon est parcouru par un tapis roulant qui se faufile à grande vitesse et sur
lequel des centaines de photos de visages dʼenfants sont imprimées. Le tapis sʼarrête de
manière aléatoire, et lʼun des visages sʼillumine sur une sonnerie stridente. Le hasard a
désigné un enfant. Le système se remet en mouvement, les visages défilent jusquʼà un autre
arrêt, une nouvelle sonnerie, un prochain choix du hasard.
Dans chacune des deux salles latérales se trouve un compteur dont les chiffres lumineux
défilent. Le panneau de gauche compte en temps réel les naissances dans le monde, alors
que celui de droite, les décès. Chaque soir à minuit, ils livrent le bilan de la journée. Cʼest
toujours le compteur des naissances qui indique le nombre le plus élevé ! Telle une victoire,
chaque jour renouvelée, de la vie sur la mort. Dans la troisième salle se trouve une grande
oeuvre murale constituée dʼun écran vidéo monumental sur lequel défilent des images de
fragments de visages coupés. Le visiteur peut intervenir avec un bouton permettant de faire
une pause. Les visages constitués de trois morceaux différents composent alors des individus
étranges, baroques ou monstrueux, tels les fruits dʼune imagination débridée. Si la chance est
avec lui et que les trois parties de lʼimage correspondent au même visage, il gagne lʼoeuvre
exposée !

Pendant toute la durée de la Biennale, une version de cette oeuvre sera accessible sur
www.boltanski-chance.com, on pourra également tenter sa chance pour gagner une surprise
qui sera envoyée par lʼartiste lui-même.

Christian Boltanski


Né en 1944 à Paris, Christian Boltanski pratique la peinture jusquʼà la fin des années 1960.
Lʼartiste joue avec les codes de lʼautobiographie et reconstitue des objets ou des situations de
son enfance. De 1970 à 1973, il crée les Vitrines de références en détournant les codes
muséographiques : des objets trouvés ou fabriqués sont exposés comme les témoignages
répertoriés dʼune vie anodine dont il ne reste que des traces frôlant lʼabsurde. En 1972,
Lʼalbum de la famille D., présenté à la Documenta de Kassel, lance sa carrière internationale.
Après les Saynètes comiques (1974), où il se met en scène de façon clownesque mimant des
scènes de son enfance, il reprend un mode distancié et impersonnel dans les Images
modèles quʼil réalise en suivant les standards de la « belle photographie ». Il est lʼun des
principaux fondateurs de la photographie plasticienne et son travail sur le « goût moyen »
anticipe les développements de lʼart post-conceptuel. A partir de 1984, les séries des Ombres,
des Monuments, des Reliquaires et des Réserves prennent une tonalité plus sombre. Les
matériaux de ses premières oeuvres vont être réutilisés dans des installations au caractère
dramatique, hantées par lʼidée de la mort. Le questionnement de lʼexistence devient alors un
thème prépondérant dans son travail, qui sʼaffirme ouvertement à partir de lʼoeuvre quʼil
présente à la Documenta 8 de Kassel en 1987. En 1988, le vêtement apparaît comme un
matériau clé, il est comme lʼempreinte fantomatique de lʼindividu. Lʼénumération et lʼarchivage,
puis lʼobsession de la liste dont témoignent les oeuvres quʼil réalise dans les années 1990,
rappellent que dans la masse, cʼest toujours lʼindividu qui compte. 1990-2000, il sʼinvestit
aussi dans le domaine du spectacle, qui prolonge et enrichit le travail plastique. Parallèlement
ses expositions deviennent plus narratives et scénographiées, formant une oeuvre globale
articulée autour dʼun thème particulier : le temps, la mémoire, lʼêtre humain, la mort… Il
privilégie désormais des projets au contenu humaniste qui relèvent du registre de la fable.

Dans cet esprit dʼoeuvres « paraboles » et utopiques, Christian Boltanski poursuit, depuis
2005, une collecte dʼenregistrements de battements de coeur à travers le monde dans lʼîle
japonaise de Teshima : Les Archives du coeur. En Tasmanie, une autre installation
permanente utopique a vu récemment le jour : Christian Boltanski y a « vendu sa vie »
(enregistrement vidéo de ses faits et gestes dans son atelier) en viager à un collectionneur.
En 2010, oeuvre visuelle, mais aussi sonore, Monumenta / Personnes est une installation
inédite réalisée pour le Grand Palais à Paris. Il y poursuit sa réflexion sur les limites de
lʼhumanité et la dimension essentielle du souvenir : la question du destin et de lʼinéluctabilité
de la mort. Personnes sera ensuite « rejouée » au Park Avenue Armory de New York puis au
Hangar Bicocca de Milan.

Jean-Hubert Martin


Il a exercé dans le monde de l’art et des musées les responsabilités les plus importantes.
Directeur de la Kunsthalle de Berne, du Musée national d’art moderne du Centre Pompidou,
du Musée national des arts d’Afrique et d’Océanie, il a été directeur du Museum Kunst Palast
de Düsseldorf avant de se consacrer aujourdʼhui à la conception dʼexpositions. Depuis les
fameux « Magiciens de la terre », en 1989 qui ont fortement modifié les points de vue sur lʼart
du XXe siècle, jusquʼà « Contre lʼexclusion » pour la dernière Biennale de Moscou en 2009 qui
a connu un très grand succès, Jean-Hubert Martin nʼa cessé dʼoccuper une place de tout
premier plan sur la scène de lʼart international. Il a régulièrement exposé Christian Boltanski
dans le cadre de ses expositions, des « Magiciens de la Terre » jusquʼà récemment
lʼexposition « Ultime Notizie », à Milan en 2004.

Les Opérateurs du Pavillon français

- LʼInstitut français assure le commissariat général du Pavillon français de la Biennale
de Venise
en co-production avec le Centre national des arts plastiques (CNAP) et en
collaboration avec la Direction générale de la création artistique (ministère de la
Culture et de la Communication) et avec le mécénat exclusif de Citroën. Ce projet fait
lʼobjet dʼune Commande publique du ministère de la Culture et de la Communication
et, à ce titre lʼoeuvre présentée rejoindra les collections du Centre national des arts
plastiques.

- L’Institut français est lʼagence du ministère des Affaires étrangères et européennes pour
lʼaction culturelle extérieure de la France. LʼInstitut français oeuvre en faveur des arts visuels
et de l’architecture, tant en direction des artistes et créateurs vivant et travaillant en France
que sur le continent africain et dans la région caribéenne. Il est lʼopérateur du Pavillon français
de la Biennale de Venise et coproducteur de certaines grandes Biennales, notamment en
Afrique. Il accompagne des étapes internationales dʼexpositions dans le cadre de la diffusion
des collections publiques ou dans celui de la programmation des musées ou partenaires
étrangers, il soutient la présence dʼartistes français dans les foires internationales et favorise
le repérage des scènes artistiques par les professionnels étrangers. www.institutfrancais.com

- Le Centre national des arts plastiques (CNAP) est lʼun des principaux opérateurs de la
politique du ministère de la Culture et de la Communication dans le domaine des arts visuels.
Acteur culturel et économique, il encourage la scène artistique dans toute sa diversité et
accompagne les artistes ainsi que les professionnels par plusieurs dispositifs dʼaides et
dʼallocations. Il acquiert, pour le compte de lʼEtat, des oeuvres dʼart inscrites sur les
inventaires du fonds national dʼart contemporain, donc il assure la garde, la gestion et la
diffusion en France et à lʼétranger. Il met en oeuvre la commande publique nationale et
favorise lʼaccès de tous les publics à lʼart contemporain. www.cnap.fr

- La Direction générale de la création artistique (ministère de la Culture et de la
Communication)
définit, coordonne et évalue la politique de lʼÉtat relative aux arts du
spectacle vivant et aux arts plastiques et détermine les conditions de sa mise en oeuvre. Elle
soutient la création artistique dans tous ses domaines dʼexpression, favorise la diffusion des
oeuvres et lʼaccès du plus grand nombre aux productions artistiques. Parmi ses missions, elle
a reçu celle de coordonner des manifestations dʼampleur nationale et internationale vouées à
la valorisation de la scène artistique française. Cʼest dans ce cadre que sʼinscrit, aux côtés de
grandes manifestations nationales comme MONUMENTA et LA TRIENNALE, le soutien
quʼelle apporte à la mise en oeuvre du Pavillon français.

- Mécène exclusif du Pavillon français à la Biennale de Venise, CITROËN occupe une place à
part dans la création automobile. Née en 1919 au pied de la Tour Eiffel, la marque n’a jamais
dévié de son héritage : l’audace et le sens de l’innovation. Elle a marqué l’histoire avec des
modèles surprenants : la Traction Avant, la 2CV, la DS. Des modèles devenus
mythiques, créés par un sculpteur, Flaminio Bertoni. Avec la DS, à laquelle Roland Barthes a
consacré un passage de son essai Mythologies, CITROËN a reçu en 1957 le prix d’honneur à
la Triennale de Milan. Un mythe qu’elle fait aujourd’hui revivre avec le lancement de sa ligne
distinctive DS. Nourrie par l’expression artistique, sous toutes ses formes, CITROËN est une
source d’inspiration pour les créateurs : la Traction avant, traction après (1990) d’Arman, la
DS (1993) de Gabriel Orozco, ou les Compressions de Citroën réalisées par César pour la
Biennale de Venise 1995. En avril 2011, le designer Ora-ïto présentera à Milan ses projets
artistiques, inspirés eux aussi par l’héritage CITROËN. Symbolisée par la signature
CRÉATIVE TECHNOLOGIE, l’ambition de CITROËN est bien de repousser les limites de
l’expérience automobile.

Autres informations

Monographie Christian Boltanski
À lʼoccasion de lʼexposition « CHANCE », les éditions Flammarion, le Centre national des arts
plastiques (CNAP) et lʼInstitut français, rééditent la monographie consacrée à Christian
Boltanski, avec quarante pages supplémentaires dont un texte de Jean-Hubert Martin qui
éclaire lʼinstallation à Venise, et lʼessai de Catherine Grenier qui sera enrichi dʼun chapitre sur
« Monumenta »… Lʼouvrage sera disponible en juin pour lʼinauguration du Pavillon français.

À propos de la Biennale de Venise et du Pavillon français
Les journées professionnelles ont lieu les 1, 2 et 3 juin 2011. La Biennale de Venise est
ouverte au public du 4 juin au 27 novembre 2011. La France a remporté le Lion dʼor pour la
meilleure représentation nationale en 1986 avec Daniel Buren, en 1997 avec Fabrice Hyber et
en 2005 avec Annette Messager. Pierre Huyghe a reçu un Prix spécial en 2001.

Liste des membres du comité dʼexperts associés, en 2010, au choix de lʼartiste invité
pour le Pavillon français de la Biennale de Venise

Alexia Fabre, Directrice du MACVAL, Musée dʼart contemporain du Val-de-Marne ; Joëlle
Pijaudier Cabot, Directrice des Musées de Strasbourg ; Bernard Marcadé, Critique d’art et
commissaire d’expositions indépendant ; Béatrice Parent, Conservateur, Fondation Louis
Vuitton pour la Création.

Production exécutive
La production exécutive des oeuvres de Christian Boltanski pour le Pavillon français a été
confiée à lʼAgence Eva Albarran, sous la direction du Centre national des arts plastiques et de
lʼInstitut français.

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