M A R S A U T N N
Son corps pourrissant est laissé aux portes de la cité. Comme une odeur de fin de règne en guise d’ouverture à la tragédie. Antigone s’élève contre la volonté de son roi en obéissant aux lois ancestrales du sang qui la poussent à enterrer son frère.
Rares sont les oeuvres créées dans la Grèce classique qui aient connu une postérité semblable à celle d’Antigone et un foisonnement aussi vigoureux d’interrogations, de courants de pensées et d’adaptations que celui suscité par la pièce de Sophocle.

Antigone est une réflexion sur le conflit entre Etat et individu, entre homme et femme, jeune et ancien. Elle s’interroge sur la nature de la justice et sur les rapports entre la Force et la Liberté. Cette pièce est une bombe à retardement dont le décompte s’enclenche dès l’ouverture. Nous en entendrons le tic-tac funèbre jusqu’à son explosion finale. Il n’est pas de théâtre où l’on trouve autant d’innocents écrasés et détruits. Il n’est pas de théâtre où s’expriment autant de souffrances, physiques ou morales. Et pourtant c’est un théâtre qui fait admirer l’homme et aimer la vie. ? Paulo Correia
? Paulo Correia électrise cette Antigone de Sophocle remise au goût du jour dans une adaptation de Florence Dupont, fidèle et percutante, piégée de savoureux anachronismes... Une tragédie mordue à belles dents par des comédiens très investis, jamais engloutis par les performances techniques omniprésentes. ? Jean-Louis Châles, La Semaine des Spectacles

? Une version qui ose la musicalité rock... Habillés dans un style flirtant avec le néo-punk, les comédiens évoluent sur une scène comme un bunker... Créon, magistralement interprété par Fabrice Pierre, fume, se rase, manie avec brio la télécommande qui régit sa vingtaine d’écrans TV ; le choeur est remplacé par un guitariste, Clément Althaus. Gaële Boghossian, qui joue Antigone, est étonnante de simplicité et véhicule à merveille l’originalité de la tragédie. ? Aurore Harrouis, Nice-Matin