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Fin de cet événement il y a 2 mois - Date du 12 décembre 2021 au 5 mai 2022

Mirkine, photographe de l’argentique qui réalise des clichés en or...

Quelque part sur le boulevard Dubouchage, en 1960, Françoise Arnoult, éblouissante de beauté, juchée sur les épaules de Michel Piccoli, cigarette au bec, à l’occasion du "Bal des Espions" tourné à la Victorine. Jean Cocteau pendant "Le Testament d’Orphée" dans les mêmes studios. Maurice Ronet avec Marina Vlady dans une scène de lit glamour. Bébel en veste de cuir avec Jeanne Moreau sous le soleil de la Promenade. Mais aussi Claudia Cardinale, Montand et Signoret, Delon et Romy, Marcello Mastroianni, Gina Lollobridgida sur une terrasse du Negresco. Plus tard Gainsbourg et Birkin sur la plage, Patrick Dewaere...

Mieux qu’une montée des marches à Cannes, c’est un générique impossible à réunir qui est présenté à la Villa Masséna à l’occasion de l’exposition "Mirkine par Mirkine : photographes de cinéma"

Le père, Léo, et le fils, Siki, ont déclenché des dizaines de milliers de fois leur appareil argentique devant les vedettes de cinéma à une époque où le 7ème art n’avait pas encore pris le virage du technicolor.
Des portraits intimes, tendres, amusants, cocasses parfois, que ces deux artistes ont pu saisir en obtenant la confiance de leurs sujets.
Présentés au dernier étage du musée, ils en appellent à la nostalgie d’une époque, lorsque les stars se signalaient d’abord par leur élégance : robes de grands couturiers, rivières de perles, Robert Mitchum en costume-cravate dansant sur la plage, Gérard Philipe descendu des hauteurs de Grasse pour voler, sabre à la main, dans le ciel de Provence pour "Fanfan La
Tulipe"...
Une certaine frivolité donc, saisie au millième de seconde, entre deux prises des 150 tournages auxquels les Mirkine purent assister à la Victorine et sur la Côte. Mais pas seulement.
Car ce n’est pas tout à fait un hasard si Léo et Kirk Douglas étaient aussi complices dans la vie : le premier fut un grand résistant, prenant tous les risques dans sa boutique pour confectionner de faux papiers. Le second s’est opposé avec courage au maccarthysme à une époque où Hollywood avait engagé une ignoble chasse aux sorcières dont furent victimes Charlie Chaplin et tant d’autres.

Léo Mirkine quitta l’Ukraine pour s’établir en France après la révolution d’octobre

Il entreprit des études d’architecture et étudia les Beaux-Arts avant de devenir à Nice, sa ville de cœur, photographe de plateau pour les plus grands, et à l’occasion figurant. Grande carcasse et moustache en bataille, il avait toujours autour du cou son 6x6 Rolleiflex, prêt à "dégainer". Ses photos sont parues dans les plus grands journaux du monde. Voyages en URSS, au Cameroun : il fut aussi le témoin intègre et clairvoyant d’une histoire pas toujours reluisante qui mit souvent à l’épreuve son humanisme.

à voir jusqu’au 5 mai.

Photo de Une : détail de l’affiche de l’exposition - Léo Mirkine et son complice Kirk Douglas (DR).

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