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Fin de cet événement il y a 2 semaines - Date du 23 novembre 2017 au 26 novembre 2017

Roberto Alagna et Barbara Frittoli, couple resplendissant dans "Adriana Lecouvreur" à Monaco !

Pour la Fête Nationale de Monaco, le 19 novembre, un grand spectacle se devait d’être présenté à un public de choix. Pour cette circonstance, l’Opéra de Monte-Carlo a programmé « Adriana Lecouvreur » dans une mise en scène exceptionnelle et avec de prestigieux interprètes : le ténor Roberto Alagna partage la vedette avec la soprano Barbara Frittoli. Ils forment un couple resplendissant dans des décors opulents reproduisant les coulisses et la scène de la Comédie- Française.

Composé après « L’Arlésienne », « Adriana Lecouvreur » reste le plus célèbre des opéras de Francesco Cilea et fut salué, dès sa création, comme une grande réussite.

Adriana Lecouvreur - Pré générale - ©2017 - Alain Hanel - OMC

Se passant en grande partie au Théâtre Français, l’intrigue est un chassé-croisé de relations amoureuses, de secrets d’alcôve, de rivalités, de jalousies... jusqu’à l’usage d’un poison dans un bouquet de fleurs afin d’éliminer la belle Adriana Lecouvreur. Servant d’inspiratrice aux librettistes, Eugène Scribe et Ernest Legouvé, cette illustre comédienne du Théâtre Français a réellement existé et sa mort soudaine, à l’âge de 37 ans, est toujours restée mystérieuse. Alors adulée telle une star, elle fut pourtant ensevelie dans un terrain vague. C’est grâce à Francesco Cilea, un modeste compositeur, qu’elle gagnera son éternité. L’oeuvre n’a jamais connu d’éclipse, faisant partie du répertoire des plus grandes cantatrices (et tragédiennes) du siècle dernier. La magie de l’écriture vocale, largement lyrique et pourtant délicate, s’amplifie de fulgurances qui rendent la musique inoubliable.

« Adrienne Lecouvreur » a été interprétée au théâtre par la grande Sarah Bernhardt.

Afin de créer un parallèle avec ce mythe, Davide Livermore choisit de transposer la mise en scène à l’époque de la célèbre actrice et les costumes (signés Gianluca Falaschi) sont largement inspirés de la garde-robe de cette inoubliable comédienne. Certains personnages de moindre importance sont revêtus de tenues baroques et bariolés, joyeusement fantaisistes, qui donnent une tonalité très attractive au spectacle : un nain dans un rutilant costume et quelques choristes dans d’invraisemblables accoutrements pour circuler dans les coulisses du théâtre.

Le fond et la forme convergent dans des espaces amovibles avec l’usage d’un plateau tournant ou circulant sur toute la longueur de la scène. Les artistes eux-mêmes n’ont pas à bouger, ils se déplacent malgré eux.

Adriana Lecouvreur - Pré générale - ©2017 - Alain Hanel - OMC

« Adriana Lecouvreur » est programmé au Grimaldi Forum où l’espace scénique est plus grand qu’à l’Opéra Garnier de Monaco.

Sur la scène, un théâtre et ses coulisses où s’agitent, avant le lever de rideau, les comédiens qui houspillent de questions le régisseur complètement débordé, et cependant troublé par l’arrivée d’Adriana Lecouvreur dont il est amoureux. Mais avant de pouvoir le lui dire, elle-même exprime ses sentiments pour un autre et déclare n’être que la servante de l’art : « Io son l’umile ancella » Cet air, élégant et subtile, réapparaît tout au long de l’oeuvre comme le thème d’Adriana. Le bouquet de violettes que lui offre celui qu’elle aime va passer de main en main jusqu’à son rôle tragique de poison qui la tuera. Avant de les humer, croyant que les fleurs représentent l’amour éteint de celui qu’elle aime, elle chante « Poveri fiori »...
Dans cette trame d’une grande intensité dramatique, nul ne peut se plaindre de tant d’effluves romantiques, allant d’un harmonique soyeux à un capiteux vocal.
Avec sa voix d’or, Roberto Alagna, est l’interprète lumineux de l’homme qu’Adriana aime et qui l’aime. Il clame cet amour d’une voix tranquille et assurée, qui laisse deviner la souplesse chatoyante de son chant. Dans le rôle-titre, la soprano Barbara Frittoli forme avec lui un couple resplendissant, tandis que la mezzo-soprano Marianne Cornetti interprète superbement sa rivale. Toute la distribution vocale se situe dans le haut de gamme.

Adriana Lecouvreur - Pré générale - ©2017 - Alain Hanel - OMC

Dans la fosse, Maurizio Benini a insufflé à l’orchestre de Monte-Carlo le lyrisme et l’audace nécessaires à cette partition. Un intermède dansé ajoute encore un peu de magie à l’ensemble.

Un spectacle époustouflant de beauté tant pour les yeux que pour les oreilles à découvrir ce jeudi 23 novembre à 20h et dimanche 26 à 15h !

Caroline Boudet-Lefort

Photo de Une : Adriana Lecouvreur - Pré générale - ©2017 - Alain Hanel - OMC

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