| Retour

Fin de cet événement dans 4 mois - Date du 3 juillet 2021 au 31 octobre 2021

"Vallauris, la ville atelier" : l’expo estivale du musée Magnelli

Ce grand temps fort d’exposition temporaire sera consacré à l’effervescence de la production d’œuvres en céramique à Vallauris dans les années 50, et le nouvel élan donné par une génération de créateurs, peintres et sculpteurs qui y viennent alors pour s’adonner aux pratiques des arts du feu. Parmi les plus connus de ces artistes, curieux de découvrir un nouveau matériau, citons : Matisse, Chagall, Cocteau, Brauner…. et Picasso.

C’est à l’effervescence de la production d’oeuvres en céramique dans les années 1950 à Vallauris que le musée Magnelli, musée de la céramique consacre dès le 3 juillet 2021 son exposition temporaire, en mettant en exergue l’attractivité de la ville de Vallauris à l’issue de la Deuxième Guerre
mondiale et son savoir-faire dans la création céramique.

Victor Brauner (1903 - 1966) Plat, 26 mai 1953 Musée d’art moderne et contemporain de Saint Etienne Métropole – Legs Jacqueline Victor-Brauner, 1987, Inv.90.10.31
© Yves Bresson © ADAGP, Paris, 2021

Si dès la fin des années 1930, l’ancienne cité potière, après une longue période de léthargie, vit arriver plusieurs artistes formés dans des écoles des beaux-arts ou d’arts appliqués, – tel qu’André Baud, Robert Picault et Roger Capron –, c’est indéniablement l’installation en 1948 de Picasso à Vallauris (jusqu’en 1955) qui lui conféra un nouvel élan en attirant une nouvelle génération de créateurs.

De très nombreux peintres et sculpteurs y viennent alors pour s’adonner aux pratiques des arts du feu et à la maitrise de l’argile, en travaillant de concert avec les techniciens des ateliers vallauriens, dont le célèbre atelier Madoura créé dès 1938 par Suzanne Ramié. Parmi les plus connus de ces artistes, curieux de découvrir un nouveau matériau, citons : Matisse, Chagall, Cocteau, Brauner…. Ceux-ci furent également rejoints par leurs amis, poètes ou écrivains, tels que Éluard, Prévert, … et bien d’autres. Pendant 10 ans, Vallauris se transforma en une vraie ville atelier qui bouillonnait de rencontres, de nouvelles idées et expérimentations, d’initiatives, … et de fêtes.

L’exposition Vallauris, la ville atelier sera séquencée en quatre grandes parties.

Après une première section consacrée à « L’émergence d’une nouvelle génération (1938-1946) », c’est « Le foisonnement artistique » des années 1950 qui est abordé, à travers les créations d’une jeune génération d’artistes et de créateurs - pas nécessairement céramistes au départ - qui s’attache à réinventer des formes dans une grande liberté de style.
La troisième section intitulée « Vallauris, une terre d’élection pour les artistes » se penche sur le travail de plusieurs peintres et sculpteurs renommés à l’époque - la plupart ayant participé aux avant-gardes artistiques de la première moitié du XXe siècle - qui posent leurs valises à Vallauris pour des séjours artistiques plus ou moins longs, à l’instar de Picasso bien sûr, mais aussi Anton Prinner, Amédée Ozenfant, Marcel Vertès et Edouard Pignon.
La dernière partie de l’exposition retrace « La renaissance d’une cité potière  » rendant hommage au dynamisme des usines-ateliers de Vallauris.
Dans le prolongement de l’exposition, la salle Eden au centre de Vallauris présentera des pièces de mobilier créées dans les années 1950 permettant d’évoquer les liens entre céramique, design et architecture et la fonction utilitaire de nombreuses créations produites dans les ateliers de la ville, avec pour figure majeure Roger Capron.

Ensemble de céramiques, années 1950, artistes et collections divers ©Sylvain Deleu

Toutes les informations sur le site du Musée

Photo de Une : Anton Prinner (1902 – 1983) Le soleil contre
la lune, vers 1950, collection Courtesy Galerie Le Minotaure © Courtesy Galerie Le Minotaure
Cet étonnant jeu d’échec qui oppose le soleil à la lune a été réalisé par Anton Prinner, peintre et sculpteur hongrois, arrivé à Paris en 1927. Anton
Prinner s’installe à Vallauris au sein de l’Atelier du Tapis Vert où il travaille et loge de 1951 à 1965, date de la fermeture de l’atelier. Il s’initie alors à
l’art de la terre. Passionné par la civilisation égyptienne, il développe dans ses oeuvres céramiques son goût pour l’ésotérisme au travers d’une production où la couleur n’existe que très peu, comme ses assiettes sur le thème du tarot en 1952, ou comme on le voit sur les pièces blanches de ce jeu d’échecs Lune-Soleil. Au sein du Tapis Vert, il développe aussi ses sculptures sur bois qui atteignent des dimensions monumentales comme L’Homme d’une hauteur de plus de 4 mètres.

Artiste(s)