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Fin de cet événement Juin 2017 - Date du 14 janvier 2017 au 4 juin 2017

Quirin Mayer, entre équilibre et harmonie

Cet événement met à l’honneur le dessinateur, peintre et sculpteur Quirin Mayer (1927 - ) dont le travail de figurations poétiques et d’abstractions géométriques révèle un sens de l’équilibre et de l’harmonie mais aussi le reflet de tensions de la société actuelle. La couleur est un élément prédominant où elle s’impose en touches vives dans ses œuvres, témoignant de son optimisme et sa joie de vivre.
Sont réunis une trentaine de toiles, une quinzaine de collages et papiers découpés, douze grès chamottés et émaillés et trente sculptures en aluminium laqué et en plexiglas, sélection qui réaffirme la vitalité et la beauté de l’art abstrait, au Musée Regards de Provence du 14 janvier au 4 juin 2017.

Cette exposition - symbole d’un Hymne à la Vie - est dédiée à
Michèle Dumon, fondatrice de Regards de Provence disparue récemment

Le Musée Regards de Provence, son fondateur Pierre Dumon et l’équipe, dédient l’exposition « Quirin Mayer, entre équilibre & harmonie » à Michèle Dumon, fondatrice de Regards de Provence, ayant disparu récemment.
Elle incarnait la joie de vivre, l’amour et la générosité pour l’autre et avait à cœur de promouvoir la culture pour tous.

(crédit : Aleksander Rabczuk) : Sculpture 23, 2008, aluminium laqué 205 x 170 x 35 cm.

Dans son processus de travail, l’artiste laisse le champ libre à une création intuitive, à son sens et rythme de la ligne, de la forme et de la couleur.

En constante recherche artistique, plusieurs périodes et thèmes caractérisent son travail : « World Circus » : le cirque sous son chapiteau dans sa forme abstraite et le spectacle des relations humaines avec leurs conflits ; « Boîte mystérieuse » : les énigmes à déchiffrer par des combinaisons chromatiques d’une grande intensité ; « Constructions » : la préfiguration de ses futures sculptures ; « Wondering eyes » : la liberté des combinaisons chromatiques ; « Rencontres » : les figures abstraites entremêlées et leurs rapports harmonieux ou tendus ; 
« Happy life » ; « Jardin méditerranéen »...

L’énergie qui se dégage de ses figures semble représenter une décision, un acte de volonté, voire même un désir. 
Le dialogue entre ces figures est animé, intense voire parfois agressif.

Sculpture 102, 2009, plastique et aluminium laqué 260 x 95 x 40 cm. (crédit : Aleksander Rabczuk)

Quirin Mayer ou l’art en toute liberté

Quirin Mayer, après une vie professionnelle couronnée de succès, a entrepris d’explorer des potentialités qui sommeillaient en lui, sans doute depuis l’enfance - une nécessité intérieure à créer, le poussant à brûler toutes les étapes, ivre de la liberté que lui offre l’abstraction.
Ses premières expériences artistiques remontent à l’été 1989 quand, dans sa maison du Maine (USA), il se jeta, après maints tâtonnements, dans une pratique effrénée du dessin. Pas moins de cent trente croquis aux feutres de couleurs devaient jaillir de son esprit cet été-là. Résolument tourné vers son monde intérieur, laissant parler ses émotions, il trouva assez rapidement son langage pictural.

Si le style de Quirin Mayer a assimilé les influences de quelques aînés admirés, comme Kandinsky et Miró, il n’en exprime pas moins toute son originalité. Un examen comparé avec les grandes compositions de l’auteur du « Spirituel dans l’art » ne pourrait que montrer leurs différences graphiques. Si parenté il y a, il faut plutôt la chercher dans la chaleur de leurs palettes respectives, sensibilité chromatique que l’on peut à bon droit qualifier de « lyrique ».

La peinture à l’acrylique fut sa seconde étape, trop impatient, de son aveu même, pour les subtiles lenteurs de la peinture à l’huile. A Paris, au début des années 90, Quirin Mayer s’abandonne totalement à la couleur à travers, tout d’abord, des séries de petits formats puis, progressivement, face à de vastes toiles. 1994 voit l’achèvement de son premier grand cycle pictural, « Construction », fait de trente dessins et de sept grands tableaux. Dans ces œuvres qui se caractérisent, tant par une géométrisation de la forme humaine que des couleurs complémentaires vives et joyeuses (vert-rouge, bleu-jaune, notamment), étaient en germe les sculptures en aluminium qu’il allait réaliser au cours des années suivantes.

En 1999, il les montrera dans une première exposition collective, à Monaco. D’une résistance absolue aux intempéries, elles se révèlent idéales pour poétiser l’espace urbain et les jardins publics.

Dès lors les expositions, collectives puis singulières, allaient s’enchaîner avec régularité, faisant transhumer ses œuvres en Espagne, en Suisse, en Belgique, en Allemagne, en Italie et jusqu’en Chine. Mais quid de la France et de notre Midi ? Si le public marseillais avait pu découvrir quelques-uns de ses travaux en 2001, à l’occasion du troisième Concours International de Création Artistique de la Fondation Regards de Provence, alors abritée au Château Borély, jamais encore Quirin Mayer n’avait bénéficié d’une rétrospective muséographique comme l’organise, en ce début d’année 2017, le Musée Regards de Provence.

Tableaux 

Vingt-six tableaux. Vingt-six fenêtres sur un monde qui n’est pas le nôtre. Un monde tout en aplats où nous discernons cependant des réminiscences de la réalité sensible et de l’expérience commune. Car même à travers le codage formel que Quirin Mayer effectue, des signes universels affluent dans ses tableaux. Que ce soit dans ses silhouettes épurées ou les différents objets de la scène, « World Circus » – l’une de ses premières séries – en porte la trace. Mais c’est peut-être la vivacité de ses couleurs qui traduit le mieux la joie enfantine que procure le spectacle du cirque. Dynamisme, encore, dans la série « Streamline », avec ses croisements de figures acérées et rondes autour de la diagonale centrale. Les oppositions chromatiques y sont plus affirmées, plus intenses. Tout comme dans l’œuvre d’Auguste Herbin, un alphabet se dégage, quoiqu’il reste ici à traduire. C’est encore la présence humaine, dans sa richesse géométrique et axiale, que l’on retrouve dans les trois grands formats de la série « Constructions ». Les couleurs complémentaires s’y déploient sur un fond blanc : dialectique de l’arabesque et du poignard, cerceaux, jongleries, danse cosmique. Moins ludique est Rencontres 8, avec les menaces qui semblent peser, de tous côtés, sur la figure centrale. Le coup d’œil vert porte en son titre les vertiges de la vision qu’il traduit par une circulation de lignes courbes. C’est de la vue aussi que nous parlent les cinétiques « Wandering eyes » dont l’apparente simplicité est une invitation à tourner notre regard vers l’espace du dedans. Série récente (2015), Festival de couleurs réintroduit la perspective dans sa géométrisation de l’espace ; on pourra méditer ici sur l’opposition cercle-triangle. Quant à « Happy New Year » - même composé en 1996 -, c’est une véritable gerbe de couleurs que l’artiste nous offre à l’orée de cette année nouvelle.

Papiers découpés et collages

Une économie de couleurs caractérise les papiers découpés et les collages de Quirin Mayer. Ici pas d’amalgame ni synthèse de deux images étrangères l’une à l’autre, comme dans bon nombre de papiers collés cubistes et surréalistes. L’artiste ne cherche pas, dans son environnement symbolique, des matériaux et des motifs à prélever ; ce sont ses propres figures qu’il découpe, une fois peintes, pour les coller sur une feuille à dessin. Ainsi ce sont les mêmes formes, ondulantes ou anguleuses, que l’on retrouve sur ce support plus léger. Selon la couleur dominante, le fond sera peint ou blanc. Il y a d’ailleurs une très fine épaisseur qui annonce ses sculptures. A partir de là Quirin Mayer peut commencer son travail démiurgique de réécriture du monde, où il associe la forme humaine aux attributs de l’animal ou à ceux du végétal. Que l’on observe « Papercut 1 » et l’on reconnaitra sans peine le profil de l’oiseau. Ou « Papercut 4 » dont le vert-tilleul porte en soi la dimension végétale du motif. Le thème de la rencontre y est également décliné à plusieurs reprises : danse des corps qui s’attirent et s’entremêlent (« Papercuts II et X ») ou domination et emprise de l’un sur l’autre (« Papercut 02 »). C’est que l’humain n’est jamais loin dans cette combinatoire, avec ce qu’il a de meilleur et de pire. La différence sexuelle trouve à s’exprimer à travers les variations morphologiques : devant la vénusté de certaines courbures (« Papercut 12 »), on ne peut s’empêcher de songer à Matisse. Et si certaines figures, à la façon des Moires, semblent plongées dans une méditation sur la destinée (« Papercut 06 »), c’est quand même une gestuelle joyeuse qui caractérise la plupart d’entre elles.

Rencontres 8, 2000, acrylique sur toile 114 x 114 cm. (crédit : Aleksander Rabczuk)

Sculptures

Si toute sculpture suppose des dessins préparatoires, celles de Quirin Mayer sont, concrètement, la projection de ses dessins dans l’espace. L’artiste, en effet, utilise une technologie hautement sophistiquée pour ses travaux en trois dimensions. Ses dessins sont directement confiés à un ordinateur équipé d’un programme de CAO/FAO. Une découpeuse très perfectionnée est alors activée qui produit un « water-jet ». Ce mélange d’eau et de fines particules de sable est ainsi projeté, à une pression de 3600 bars, sur des plaques d’aluminium qu’il découpe selon un tracé pré-établi.
C’est à ce stade-là qu’intervient à nouveau l’artiste en leur appliquant quatre couches successives de laque, de manière à ce qu’elles puissent résister à toutes les variations climatiques. Les outils changent et, avec eux, les critères esthétiques, mais pas le désir de beauté inscrit dans le cœur de l’homme.
A l’exception de deux œuvres en plexiglas, toutes les sculptures présentées ici sont le fruit de cette union entre la subjectivité créatrice de Quirin Mayer et son artisanat high-tech. Souvent très grandes – plus de deux mètres -, elles occupent l’espace à la façon de totems modernes et bigarrés. A travers ces binômes et ces groupes de figures qui prolongent sa réflexion sur les formes, ce sont autant de dialogues mystérieux, autant de luttes et d’étreintes allégoriques qui s’offrent à nos yeux ébahis. A nous de les nourrir et de les animer avec notre propre imagination, pour peu que nous sachions encore faire un peu de silence dans nos têtes. Car toute création n’est donnée à voir que pour être continuée et démultipliée à l’infini.

Grès chamottés et émaillés

Entre terre et feu, le cycle de la céramique artistique exige la plus grande précision pour un résultat harmonieux. Cette confrontation de l’esprit à la matière en fusion renvoie également aux plus anciennes traditions. Un défi que Quirin Mayer, dans sa fringale d’expériences créatrices, se devait de relever, à l’instar de quelques illustres devanciers comme Picasso, Wilfredo Lam ou Pierre Alechinsky. Le choix du grès n’est pas hasardeux, car ce composé d’argile et de silice offre, lui aussi, la plus grande résistance aux agressions naturelles après sa vitrification. Si l’on retrouve, dans ces petites pièces, une partie de sa signalétique personnelle (le cercle, la spirale ou l’éclair), on y rencontre aussi d’autres approches symboliques. C’est le cas, notamment, pour le signe chinois du Yin et du Yang, chaque moitié de la surface peinte faisant un effet de miroir avec l’autre (pièces 20 et 24). A ces exercices de symétrie ondulatoire s’opposent les grès 16, 18 et 22 qui jouent sur les lignes brisées, selon un assemblage qui évoquent irrésistiblement les idéogrammes de cette même culture. Tant par la couleur que le relief, une continuité s’affirme avec ses tableaux et ses sculptures, réalisant ainsi l’idéal d’une belle totalité.

Ateliers d’art plastique

Dans le cadre de l’exposition Quirin Mayer entre Équilibre et Harmonie, le Musée Regards de Provence propose des ateliers d’art plastique intergénérationnels (enfants accompagnés et adultes seuls), animés par la plasticienne, diplômée des Beaux-Arts, Frederika von Maltzahn.Par la technique du dessin aux crayons / crayons aquarelles et le collage des papiers découpés, les participants explorent le monde joyeux et coloré des tableaux et sculptures crées par les formes géométriques et les couleurs saturées de Quirin Mayer.

C’est la découverte d’un monde de poésie où la création laisse danser les papiers colorés, créer des mandalas et cherche à construire l’équilibre entre ligne et surface :
- Samedi 28 janvier (Collages, découpes papier coloré) Sous le chapiteau • Enfants et Adultes.

- Samedi 4 février (Crayons aquarelles) Ça circule – nos Mandalas • Enfants et Adultes.

- Samedi 11 février (Collages, découpes papier coloré, transparent) Constructions • Enfants et Adultes.

- Mercredi 1 mars (Collages, découpes papier coloré) La danse • Enfants et Adultes
- Samedi 4 mars (Collages, découpes papier coloré, transparent) La rencontre • Enfants et Adultes.
- Frais de participation : 8 € (7 à 12 ans) / 12 € (à partir de 13 ans) comprenant entrée aux expositions et fournitures gratuites. Inscription obligatoire sur : info@museeregardsdeprovence.com ou au 04 96 17 40 40

Informations pratiques et Visites

Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h.
Billet expositions temporaires : Plein Tarif : 6,50 €. Tarifs réduits : 5,50 € - 4,70 € - 2,00 €.
Billet couplé expositions & scénographie permanente : Plein Tarif : 8,50 €. Tarifs réduits 7,50 €, 6,50 €
Visites commentées : tarif d’entrée + 6 € /pers., le mardi et samedi à 15h et tous les jours sur réservation.
Visite commentée gratuite le samedi à 10h30, hors droit d’entrée sur réservation (6 à 25 personnes).

Le contenu du dossier est issu des textes du catalogue rédigé par Jacques Lucchesi.

Cette exposition est soutenue par la Société marseillaise du Tunnel Prado Carénage.
L’Association Regards de Provence remercie ses Membres Fondateurs Prestiges : Aéroport Marseille Provence, Caisse d’Épargne Provence-Alpes-Corse, Econocom et Sodexo ; Membres Fondateurs Premiers : Air France, Banque Martin Maurel, CIC Lyonnaise de Banque et Deloitte ; Membres Fondateurs Historiques : Delta Assurances, Grant Thorton, La Provence, Les Gavots de Provence, Marrou Traiteur, Payan Aménagement, Prado Epargne, Total Raffinerie de Provence, Transports Léon Aget.

Photo de Une : Sculpture 42, 2004, aluminium laqué 225 x 280 x 46 cm. crédit : Aleksander Rabczuk

Artiste(s)

Quirin MAYER

L’artiste Qurin Mayer est né à Bâle en Suisse en 1927. Il peint à l’acrylique sur toile des abstractions figuratives et géométriques. Il crée des pièces en grés chamotté émaillé. Il réalise des collages en papier teint nommé "Dreams" au cutter, qui donneront par la suite naissance à des sculptures en (...)

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