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Fin de cet événement il y a 2 jours - Date du 22 octobre 2017 au 20 novembre 2017

Marc Alberghina au Musée Jean Cocteau

Marc Alberghina, parmi ses nombreux talents, a celui de faire resurgir à travers son travail d’étonnantes pratiques religieuses ou des évènements étranges qui touchent notre corps.
Ainsi, il a découvert (et nous fait découvrir) au Musée Cocteau l’existence de ces saints patrons des XVIe et XVIIe siècles découverts dans les catacombes et dont les ossements étaient habillés, couverts d’or et de pierres précieuses.

Considérés comme des protecteurs locaux incarnant leur gloire dans l’au-delà, il ressemblent plus à des rois incas ou africains qu’à des saints catholiques. Oubliés pendant des siècles, ils ont réapparu dans des fouilles, laissant circonspects les autorités ecclésiastiques.
Pour son exposition au Musée Cocteau, Alberghina a créé une scène (avec rideau de fond) et sur peau de panthère où le squelette d’un couple royal semble émerger du fond de la mer (derrière lui, toute proche), des concrétions et des éléments marins accrochés à leurs parures. Le roi sur un trône de fer forgé, une couronne en forme de soleil à cœur de miroir, un grand bâton-sceptre à la main, sa femme assise au sol, couverte elle aussi d’une couronne, métaphore d’un pouvoir encore exercé de l’au delà.

À leur côté, le squelette (aux os semblants en cuivre ou bronze) d’un guerrier moderne, assis, une kalachnikov posée près de lui (photo de Une . Des siècles les séparent mais il apparaît comme le gardien protecteur du couple royal.

Sans titre, © photo Alain Amiel

Autre découverte insolite de Marc, trouvée dans la presse. Un événement rarissime, difficilement explicable (des gaz mêlés à l’alcool ?), celui de la combustion spontanée d’un corps humain « de l’intérieur » sans qu’aucun élément extérieur ne soit en cause.

Cette histoire de combustion et de corps humain ne pouvait laisser insensible le céramiste dont le travail avec le feu, les émaux puissamment colorés a donné naissance à des œuvres exceptionnelles présentées aux Biennales de Vallauris, à la Piscine de Roubaix et dans les lieux prestigieux consacrés à la céramique contemporaine. Son impressionnante sculpture : Autocombustion spontanée, présente les restes d’un corps humain (les deux bras et les deux jambes) assis dans un fauteuil.

Remarquable par la finesse du rendu des os, de l’osier et des bras du fauteuil et pour ses couleurs cendrées d’un grand raffinement, elle a obtenu le prix de la Biennale 2016.

Autocombustion spontanée, 2015, faïence émaillée, © photo Alain Amiel

Autre travail étonnant et original, celui sur la beauté de la langue, pas celle qu’on parle, mais celle qui se tient dans notre bouche, une des merveilles du corps humain, à la croisée de l’ingestion, du souffle, de l’articulation et du langage, marqueur essentiel de l’humanité.
En sculptant des langues humaines impressionnantes par leur volume et leurs formes somptueuses, sublimées par des colorations éclatantes dues à des émaux utilisés dans les années 50 et 60 à Vallauris.

Sans titre, 2014, faïence émaillée, © photo Alain Amiel
La Mère, 2017, faïence émaillée © photo Alain Amiel

Autre détournement de matière.

La céramique s’est faire chair, utérus, trompes (à becs de canard) et ovaires.

L’ensemble fait penser à un totem féminin qui accoucherait de pièces de céramiques : bibelots et vaisselle.

Elle est peut-être l’image d’une déesse vieillissante (la ville de Vallauris) et déliquescente, dont les murs dégoulinent.

On connaît l’attachement de Marc pour sa ville, un moment reine de la Méditerranée (avec Picasso et les grands céramistes) qu’il voit aujourd’hui dépérir.

Deux œuvres complètent l’exposition : un cercueil, les formes caractéristiques de vases déformés par le temps, des bouts d’émail coloré encore accrochés, et un buste avec un cœur émaillé rouge et or qui semble tout juste extrait de sa poitrine.

Le Cercueil, 2010 © photo Alain Amiel

Dans cette exposition, l’artiste semble projeter un regard cultivé d’amoureux désabusé par son époque, et en même temps une foi en le renouveau de la céramique dont il trace la voie pour les générations à venir.

Rouge Flammé, 2011 © photo Alain Amiel

Marc Alberghina a reçu le Grand Prix Matisse, grand prix de l’anniversaire des 70 ans de la fondation de l’UMAM (Union Méditerranéenne pour l’Art Moderne).

Photo de une : Les Saints Patrons, 2017, Faïence émaillée et lustre, création inédite réalisée pour cette exposition © photo Alain Amiel

Marc Alberghina au Musée Jean Cocteau
collection Séverin Wunderman
Jusqu’au 20 novembre

Artiste(s)

Marc ALBERGHINA

Artiste Sculpteur Plasticien Né en 1959 à Laval, France. Vit et travaille à Vallauris, France. Diplômé en céramique de l’Ecole Jules Ferry, Cannes. Marc Alberghina développe un travail de grande valeur expérimentale et (...)

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