| Retour

Fin de cet événement Avril 2015 - Date du 28 novembre 2014 au 26 avril 2015

Jean Fautrier

La Mairie de Cannes célèbre cet hiver, au Centre d’art la Malmaison, le cinquantenaire de la disparition de Jean Fautrier. L’exposition Jean Fautrier, la figuration libérée propose de présenter des oeuvres graphiques et un travail de gravure de ce peintre qui a partagé ses idées avec l’avant-garde littéraire dès les années 1920.

Jean Fautrier, la figuration libérée - Œuvres graphiques

Castor Seibel a constitué une importante collection d’œuvres graphiques de Fautrier au cours de plusieurs décennies : planches uniques, essais, œuvres provenant de l’atelier de l’artiste, etc. Cette collection ainsi que des gravures provenant de la succession d’André Malraux, grand admirateur de Fautrier, est présentée à la Malmaison à l’occasion du cinquantenaire de sa disparition.

Né à Paris, Jean Fautrier (1898-1964) fait ses études à Londres à la Royal Academy dès l’âge de quatorze ans. Il découvre et se passionne pour l’œuvre de Turner qui restera son référent principal.

Après la guerre, en 1917, il s’installe à Paris où il expose pour la première fois en 1921. Ses portraits, natures mortes, paysages, animaux écorchés, nus, aux couleurs sombres ont une force et une présence impressionnantes.

Il se partage entre sculpture et peinture.

Explorant toutes les possibilités de la matière, il en crée de nouvelles, particulièrement complexes, faites de fonds sombres couverts de griffures, de stries, de taches et gestes énergiques impulsant des formes simplifiées à la limite de l’abstrait et du figuratif : corps nus de femmes ou d’hommes, têtes, mains, visages esquissés.
Pendant la guerre de 1940 (il aura subi les deux), réfugié dans une clinique d’aliénés de la banlieue de Paris, il sera traumatisé par les tortures des prisonniers et les exécutions sommaires qui se déroulent autour de lui.
Une série de gravures et des sculptures "Otages", particulièrement émouvante, leur rendra hommage.

Les Otages, 1942 - État unique, Eau forte et aquatinte en noir, Suite planche 5 - Tirage sur papier Japon Tonkin, 299 x 257 - 375 x 492 mm, Maison 254. 1 © Adagp Paris 2014 © Claude Germain - Collection Castor Seibel

Il reprendra ce motif en 1956 en réaction à l’invasion de Budapest par l’URSS, puis, gravera par la suite des Têtes de partisans.
Ami des grands écrivains de son temps, il illustre de nombreux ouvrages de Paulhan, Ponge, Eluard (les célèbres variations sur la liberté : "Liberté, j’écris ton nom"), L’Alleluiah de Georges Bataille,etc.

Les Fusillés, 1943 - Héliogravure, eau forte et aquatinte, État unique (1 plaque sans biseaux), 286 x 232 - 490 x 370 mm Mason 237,1 © Adagp Paris 2014 © Claude Germain - Collection Castor Seibel

En 1950, il invente à l’aide de sa compagne, Jeanine Aeply, un procédé mêlant reproduction chalcographique et peinture, qui permet de tirer ses œuvres à plusieurs exemplaires, pour obtenir ce qu’ils appelleront des « originaux multiples ».

De nouvelles séries naîtront par la suite : une consacrée à des objets familiers comme les bols, les boîtes, les flacons, les fruits (tranches d’orange), etc.

Le Flacon, 1948 État unique (3 plaques) en violet, rose et bleu Eau forte aquatinte et gaufrage sur Vélin d’Auvergne, Épreuve signée et numérotée 9/30 bas droit
Trait de plaque 385 x 325 MM - 575 x 490 mm, Maison 214 © Adagp Paris 2014 © Claude Germain, Collection Castor Seibel

Avec Jean Dubuffet, il représente le courant de l’art dit informel, lié à l’expressionnisme abstrait très représenté aux USA, mais en fait, son œuvre est plutôt inclassable, à la fois proche de l’art brut, du matiérisme et d’implication politique.

Les Massacrés, 1944 Eau forte et aquatinte, épreuve unique (1 plaque), Épreuve sur Vélin d’Auvergne Tirage b, en noir, signé bas droit, Édition Couturier, 293 x 233 mm - 550 x 330 Mason 249 © Adagp Paris 2014 © Claude Germain - Collection Castor Seibel

Photo de Une : (détail) Les arbres, 1943 - Eau forte et aquatinte, épreuve unique et seule connue à ce jour – Technique mixte (harmonie bleu/vert) - 370 x 450 – 500 x 580 mm - 1 © Adagp Paris 2014 © Claude Germain - Collection Castor Seibel

Artiste(s)

Jean FAUTRIER

« L’informel, dont le peintre est l’évident précurseur, n’est pas né de chocs ni de ruptures, mais d’une logique continuité. » 1898 Naissance de Jean Fautrier, le 16 mai, à Paris. Enfant naturel (il porte le nom de sa mère), il est élevé par sa grand-mère irlandaise, seule personne de son entourage (...)

pub