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Fin de cet événement Mai 2015 - Date du 21 février 2015 au 25 mai 2015

Cosmogonies

Pour sa nouvelle exposition temporaire, le musée Jean Cocteau collection Séverin Wunderman de Menton nous plonge, comme autrefois lorsqu’ils se retrouvaient à la villa Santo Sospir, au cœur de l’amitié entre Jean Cocteau et André Verdet. Avec le soutien de la Ville et des services culturels, l’exposition qui se tiendra du 21 février au 25 mai 2015, permet en effet de découvrir et de contempler une extraordinaire série de peintures et de céramiques sur le thème des Cosmogonies, œuvres issues de la Donation André Verdet de 2001 à la Ville de Saint‐Paul de Vence. Cette série rappelle l’histoire commune des deux artistes en faisant directement écho à l’exposition permanente, dédiée aux « Univers » du Prince des poètes, visible jusqu’en novembre 2015.

Quand on regarde les Cosmogonies d’André Verdet on est instantanément émerveillé par le jaillissement flamboyant des couleurs.

Puis on ne résiste pas à l’invite d’une promenade dans ses planètes et étoiles en giration.

Exposition COSMOGONIES – André Verdet Présentée par Luciano Melis commissaire de l’exposition

photo © eric melis Sans titre Non daté

Le musée Jean Cocteau de Menton permet de renouveler une rencontre, celle de deux amis, poètes et peintres. Aujourd’hui, Jean Cocteau reçoit chez lui André Verdet. Comme au temps où André Verdet rendait visite à son ami Jean Cocteau à la villa Santo Sospir de Saint‐Jean‐Cap-Ferrat.

Cette exposition, réalisée avec le précieux concours de la Ville de Saint‐Paul de Vence, permet de découvrir et contempler une extraordinaire série de peintures et céramiques sur le thème des Cosmogonies.

Ces oeuvres – plus de 50 tableaux et céramiques – font partie de la Donation
André Verdet de 2001 à la Ville de Saint‐Paul de Vence et sont ainsi présentées au musée Jean Cocteau collection Séverin Wunderman du 21 février au 25 mai 2015.

André Verdet commence la création des Cosmogonies en 1970, plusieurs centaines d’oeuvres verront le jour : pastels, acryliques, fusains. Ce travail se poursuivra jusque dans les années 1990.
Dès l’enfance, Verdet s’initiera à l’étude des étoiles à Saint‐Paul de Vence avec son oncle Joséphin. Ils habitaient une ferme non loin du village. Le soir, ils attendaient ensemble que les étoiles se lèvent et découvraient le monde des constellations. Grâce à lui, André Verdet fait alors l’apprentissage de cet art qui le suivra sa vie durant.

Les étoiles seront le soutien et le réconfort du poète-résistant lorsqu’il sera déporté à Buchenwald.

Au camp de concentration de Buchenwald où je fus
les étoiles furent mes amies soeurs et mes confidentes
et parfois il arrivait que l’une d’entre elles
trébuche sous le poids de mes espoirs
(1)

André Verdet, maison de l’Obiou, Saint-Paul de Vence, 2003, © archives L. Melis DR

Quand le sommeil le déserte, le poète de Saint-Paul sort de son baraquement sans donner l’éveil.

Il savoure la gravitante quiétude des étoiles pour y trouver peut-être le réconfort
d’une paix régnante. A les longuement observer, à les interroger, les étoiles vont plus que jamais devenir ses amies, ses confidentes, ses complices...( 2)

André Verdet est en communion permanente avec le cosmos et les étoiles, ses compagnes d’une vie entière. Elles sont omniprésentes dans sa peinture et dans ses poèmes.
Les espaces cosmiques de Verdet sont constellés d’entités inconnues aux confins des Univers : Espace, Temps, Espace‐temps. Ses Cosmogonies sont faites de force et de plénitude.

Le peintre est resté poète, André Verdet a saisi la palette de couleurs offerte par le cosmos et a laissé son imaginaire s’y promener « au‐delà du seul à seul ».
Verdet perçoit les vibrations cosmiques, il passe de planètes en étoiles, traversant des luminosités infinies, croisant des trous noirs en perpétuel mouvement, toujours plus loin... Les tableaux de Verdet nous donnent à voir la lumière d’infinies transparences qui nous font rentrer dans l’espace, appréhender les distances et imaginer des voyages dans le temps.

Après mûre réflexion 1984 - Photo Eric Melis

Les Cosmogonies de Verdet sont semées de galaxies contemplatives en permanente
gestation.

Ses mondes sont autant de possibilités scientifiques et mathématiques selon les lois qui régissent l’univers, tout en laissant place aux rêveries de l’artiste.

André Verdet interroge les chercheurs de l’espace, donnant libre cours à son imagination, sans omettre dans ses fulgurances la part du hasard, de l’équilibre, du plein, du vide... Il propose aux astrophysiciens des voies possibles d’univers où imaginaire et réel se transcendent.

photo © eric melis Ultra lumen 1987

André Verdet - PIERRES DE FEU

Avant les Cosmogonies, il y avait les Paysages de Provence.
André Verdet s’intéresse de près à la céramique dans les années 60. Certaines d’entre elles présentes dans cette exposition, ont été réalisées dans les ateliers Madoura à Vallauris. Chagall et Picasso étaient ses compagnons d’atelier.
André Verdet emploie souvent des oxydes et des engobes évitant les émaux. « Ces Pierres de feu, elles pourront rester des centaines d’années dehors, elles ne bougeront pas, elles sont pleines. »

Certaines d’entre elles semblent remonter à la plus haute antiquité de l’époque des menhirs.

Dans les jardins de la maison du poète (l’Obiou) – sur les hauteurs de Saint‐Paul de Vence – des dizaines de Pierres de feu, éparpillées avec une naturelle harmonie, côtoient des blocs de rochers massifs posés à même le sol ou sur des socles de roche naturelle, comme des « idoles ». André Verdet disait que « sans doute le premier geste artistique de l’homme aura été la sculpture, et l’ancêtre lointain aura vu des formes en voyant des rochers ».

© eric melis Pierre de vie

PEINTRE, POÈTE

Picasso pourrait être « l’inventeur » du peintre Verdet.

«  Pourquoi ne peins-tu pas ? Tu me parles toujours de tes montagnes qui sont comme des planètes, ton Lubéron... Dessine, ta signature est déjà celle d’un peintre.  »

A. Verdet – Haute-Provence, 1958 – archives L. Melis d.r.

C’est ainsi que de 1951 à 1957, Verdet se met à la peinture, et sa poésie entre dans ses dessins, dans ses gouaches et dans ses toiles, à l’ombre des oliviers de Saint‐Paul de Vence. Une série de paysages de Provence verra le jour. Ses Provences s’entrouvrent sur le cosmos.

Le trait dans ses paysages de Provence enchantera Cocteau, qui lui dira :

Quand je regarde tes paysages,
j’ai l’impression qu’ils me voient,
qu’ils ont quelque secret à me dire.

Picasso, Verdet, Fernand et Nadia Léger, Vallauris, 1954, archives L. Melis d.r.

Après la période des paysages de Provence, Verdet met de côté la peinture et se consacre entièrement à l’écriture (3) tout en côtoyant – dans son cher sud de la France – les artistes qui sont ses amis, Picasso, Léger, Braque, Cocteau, Matisse, Miró, Chagall... et avec qui il collabore sur de nombreux ouvrages d’artistes.
La nature est la première de ses maîtresses. André Verdet connaît chaque sentier, chaque vallon de sa région. Il arpente les cols, les collines et les montagnes de ses Provences, de la frontière italienne de Menton au Luberon ; la vallée des Merveilles, le col de Vence, le plateau du Cheiron, le plateau de Coursegoules, Gréolières et le plateau de Saint‐Barnabé, la vallée de la Roya, l’Esterel, le Mont Ventoux, Saint‐Michel l’Observatoire.

1. Au-delà du seul à seul, Editions Melis 2004
2. Récit des nuits constellées de Buchenwald que Verdet décrit dans son roman La nuit n’est pas la nuit, Editions Melis 1999 – Éditions Le Pré aux Clercs 1948.
3- Poésie, essai, contes... Monde de Soleils, Prestiges de Matisse, Provence noire
(Couverture dessinée par Picasso), Montagnes marines, illustré par Cocteau...

Musée Jean Cocteau collection Séverin Wunderman

2 quai de Monléon

06500 MENTON

Renseignements : 04 89 81 52 50
www.museecocteaumenton.fr
Horaires d’ouverture
Exposition ouverte du 21 février au 25 mai 2015
Tous les jours de 10H00 à 18H00
Fermé le mardi et le 1er janvier, le 1er mai, le 1er novembre et le 25 décembre

Photo de Une : (détail) Cocteau-Verdet, 1961, photo © denis brihat – archives L. Melis DR

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