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Fin de cet événement dans 2 mois - Date du 30 octobre 2021 au 30 janvier 2022

"Balthus, Bazaine, Rothko… les enfants de Bonnard" au Cannet

« On ne peut pas inventer la peinture à soi tout seul. »Pierre Bonnard à André Giverny, 1943. Par cette déclaration qui montre bien l’humilité – pour ne pas dire sa clairvoyance — dont a fait preuve toute sa vie Pierre Bonnard, le peintre confirme qu’il participe par son œuvre à un continuum sans fin, un dialogue ininterrompu entre les peintres.
Cette idée est le point de départ de cette seconde exposition organisée pour les dix ans du musée Bonnard au Cannet.

Son titre est emprunté à celui de l’essai du peintre Roberto Mangú Quesada écrit en 2011 pour le catalogue de notre première exposition, qui mettait en évidence hier comme aujourd’hui, le rôle essentiel de l’oeuvre de Bonnard dans son approche du réel. Ce dernier déclarait à la fin de sa vie comme une évidence : «  J’espère que ma peinture tiendra, sans craquelures. Je voudrais arriver devant les jeunes peintres de l’an 2000 avec des ailes de papillon  ».

C’est dans ce contexte, que dès le départ, nous avons souhaité faire évoluer le regard porté sur cet artiste incontournable. Bonnard n’est pas seulement «  le nabi très japonard » mais aussi un peintre qui a su ouvrir des voies inconnues, prenant en compte la nature, sa respiration, comme axe de réflexion et comme transmission aux générations futures. De là, sa quête de la sensation colorée, à celle d’un espace plat en apparence grâce à la mise en place d’un système complexe d’où naît la profondeur, fille du réel mais un réel recomposé par son émotion.

Pierre Bonnard, L’Amandier en fleurs, vers 1930 Musée Bonnard, Le Cannet © musée Bonnard

De nombreux artistes — des peintres en particulier — depuis les années 1940, avec une forte inflexion dans les années 50 & 60, tout en demeurant vivante jusqu’à aujourd’hui, ont regardé avec insistance cette oeuvre singulière dans son époque.
Des peintres aussi différents que Balthus, Rothko ou Bazaine ont su percevoir son importance en un temps où Bonnard était bien peu considéré par certaines avant-gardes. Matisse et Picasso s’opposaient par témoignages interposés ; Matisse a toujours clamé la grandeur de Bonnard, qu’il défendait farouchement, notamment au moment de son vilipendage public quelques semaines après sa mort : « […] Bonnard est un grand peintre pour aujourd’hui et sûrement pour l’avenir.  »

Toutefois, les nombreuses lettres d’artistes récoltés à la fin des années 90 par l’amateur passionné Bernard Gouttenoire, ont été de précieuses bases de réflexions et de recherches.

Durant les 80 ans qui se sont écoulés depuis sa mort en 1947, cette oeuvre inclassable a toujours fait débat. Elle n’est ni dans l’avant-garde, ni passéiste, elle appartient à un autre temps, celui de la longue durée ; le temps y occupe en effet un rôle fondateur : «  L’oeuvre d’art un arrêt du temps » avait proclamé Bonnard en 1936 parce que le temps est ce qui est immuable. C’est la trace, c’est la mémoire, c’est à dire tout ce qui appartient à la vie et qui lui donne du sens.

Ainsi sont présents dans cette exposition, Geneviève Asse, Balthus, Bardone, Bazaine, Bioulès, Blanche, Frydman, Kimura, Lesieur, Mangú Quesada, Marchand, Rothko, Segal, Truphémus et Vieira da Silva.

Il faut bien dire qu’à travers sa peinture, Bonnard formait le
voeu d’ouvrir les yeux de « ses enfants » à venir, sur le lien fort qu’il est indispensable de tisser avec son environnement. La nature et son déséquilibre sont aujourd’hui au coeur de toutes les problématiques de notre époque, la marche du monde ne peut se faire sans elle. Comme tous les voyants, Bonnard le savait déjà.

A noter - La visite de l’exposition peut se prolonger au musée de Grenoble qui présente : Bonnard, les couleurs de la lumière.

Toutes les infos sur le site du Musée Bonnard

Visuel de Une (détail) : Pierre Bonnard, Le Café, 1915
Tate, Londres
Presented by Sir Michael Sadler through the Art Fund 1941
Photo © Tate, Londres, Dist. RMN-Grand Palais / Tate Photography

Artiste(s)

Pierre BONNARD

Né le 3 Octobre 1867 à Fontenay-aux-Roses dans le Hauts-de-Seine, et, mort le 23 Janvier 1947 au Cannet dans les Alpes-Maritimes. Très tôt Pierre Bonnard montre un intérêt pour les langues (le latin et le grec), la philosophie, les lettres, mais aussi pour les dessins. Il entre en faculté de (...)

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