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Fin de cet événement 30 janvier - Date du 30 octobre 2021 au 30 janvier 2022

Balthus, Bazaine, Rothko... les enfants de Bonnard

L’art de Bonnard est d’une grande douceur, sa maîtrise de la lumière et de la « couleur comme sensation » a attiré et nourri de nombreux peintres.

Mobiles, ondulantes, vibrantes, ses couleurs pourtant vives (des jaunes, des verts puissants), sont harmonieuses. Son amandier en fleurs, contrairement au pêcher de Van Gogh qui se détache fièrement du paysage, semble s’y intégrer voluptueusement. Le motif choisi, tout en restant lisible, se fond dans le paysage, créant des « sensations colorées », une vibration naturelle et intime, une lumière particulière : «  Il ne s’agit pas, dit-il, de peindre la vie, mais de rendre la peinture vivante ».

Inspirés depuis les années 1940 par sa peinture, plusieurs «  enfants de Bonnard » ont été judicieusement choisis pour cette exposition. Les œuvres de Geneviève Asse, Balthus, Bardone, Bazaine, Bioulès, Blanche, Frydman, Kimura, Lesieur, Mangú Quesada, Marchand, Segal, Truphémus et Vieira Da Silva ont été mises en résonance avec ses peintures.

Pour trouver sa propre singularité, chacun des peintres s’est nourri de l’art de Bonnard, mais surtout du regard subjectif qu’il a porté sur le monde, sur l’émotion particulière qu’il a su transmettre, le plus souvent indéfinissable et non réductible à la technique. C’est son « expérience spirituelle de la couleur  », son «  intensité de la sensation » (Véronique Serrano) qui a nourri leurs yeux et appris à « voir » différemment.

A travers quelques thèmes : Émotion de la couleur, Peindre comme dessiner, L’Art du quotidien, Les Fenêtres, l’Appel du large, Le Chant de la Nature, l’exposition met finement en perspective leurs tableaux en nous permettant de sentir comment chacun d’entre eux a puisé une part de la sensibilité de Bonnard.

Le très riche catalogue qui restitue l’artiste dans son temps présente notamment des analyses très intéressantes sur l’admiration que portait Francis Bacon à Bonnard et sur leurs points communs : tous deux détestaient la narration, peignaient leurs obsessions tout en aimant une peinture « profondément ordonnée ».
On y apprend également les relations subtiles entre Bonnard et Rothko, tous les deux ayant cherché une forme de transcendance du sujet par la couleur et la lumière, Bonnard constatant combien « la couleur est la plus mystérieuse des choses, plus vous travaillez, plus elle mystérieuse ».

Un mystère loin d’être résolu.

Photo de Une (détail) Balthus, La Phalène, 1959-1960 Caséine et tempera sur toile 162 x 130 cm Musée national d’Art moderne, Centre Pompidou, Paris Donation André et Henriette Gomès en 1985 - © Centre Pompidou, MNAM-CCI, Dist. RMN-Grand Palais / Jacques Faujour © Madame Klossowska de Rola

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