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Wim Delvoye, l’électron très libre (2/3)

SES OEUVRES

Nice-arts 2000+

En tant qu’artiste, Wim Delvoye est connu pour maîtriser les techniques artistiques les plus diverses et pour certaines hyper-sophistiquées : laques sur bidons, peinture émaillées, sculpture sur bois, acier découpé au laser, vitraux, photographies, rayons X, imageries diverses ou designs publicitaires [1] .
Wim Delvoye mélange allégrement les genres, les époques et les catégories avec sérieux, ironie, et surtout un haut sens de l’esthétique. Il réinterpréte aussi bien Walt Disney (dont il partage les initiales : WD !) que les œuvres des sculpteurs académiques du XIXe siècle. Son style de prédilection est toutefois le gothique où il se plait à rechercher la perfection des formes.

Wim Delvoye, Twisted Dump Truck, 2011
Acier inoxydable découpé au laser — 150 × 54 × 74 cm

Les mélanges osés qu’il consent par ses provocations incessantes l’inscrivent délibérément dans la lignée des Surréalistes belges, tels Magritte et Delvaux, voire dans la tradition d’autres compatriotes d’une lointaine époque, à savoir Brueghel. Celui-ci rapprochait également le commun, souvent considéré comme « sales » – les excréments, l’alimentation ou la sexualité - avec le politique et surtout le… sacré.
Toute la richesse de son travail ne nait-il pas de cette confrontation ?.. Quand il parle de son travail –à la troisième personne bien sûr !- ne dit-il pas :« La force de Wim Delvoye réside dans sa capacité à générer des conflits en combinant les beaux-arts à l’art populaire et en opposant l’ironie au sérieux »

Wim Delvoye, BROWNING RAINBOW JR, 1989 Matière : technique mixte, 24,8 x 59,1 x 3,5 CM
Wim Delvoye, Catarpillar #5, 2002
Wim Delvoye, Studies for Cloaca shares, 2003

« Wim Delvoye propose et créé depuis le début de son activité artistique, une grande variété d’œuvres ouvrant la porte à toutes sortes de réflexions par la juxtaposition d’univers et le contre-emploi. Il fait partie d’une génération d’artistes flamands tels notamment Jan Fabre, qui a révolutionné l’art contemporain.
Il s’est fait connaître pour son installation Cloaca en 2000, véritable reconstruction de l’appareil digestif, elle produit joyeusement, biologiquement et scientifiquement des excréments. Elle se nourrit de plats cuisinés qui au fil de son parcours intestinal passent de cuve en cuve pour se transformer au fur et à mesure en excréments.
Cet artiste flamand se veut tout d’abord un artiste régional. Il s’invente « Glocal » (contraction de global et local) et affirme qu’être international n’est possible qu’en étant provincial donc à l’opposé d’une conception moderniste de l’art. Il se forge une iconographie provinciale et ses œuvres en témoignent en étant construites sur une mise en rapport des signes de la culture populaire et de l’histoire de l’art. Il met en forme et provoque la disparition progressive de la valeur de l’objet kitsch, populaire par la valeur de l’objet rare, et réciproquement. »

Guy Pieters Gallery

Cet artiste se joue ou inverse les référents de l’art le plus classique. Dans la succession de Duchamp et des artistes « atypiques » de l’Ecole de Nice, comme Pinoncelli, Serge3 ou encore Jean Mas, dont il est leur très lointain descendant, il se plait à confondre les catégories habituelles ; le tout pour contrer les modèles de la société de consommation ou interroger l’ordre établi. Etonnamment, Wim Delvoye apparaît comme un artiste composite, ce qui fait son originalité et son succès, surtout parce qu’il aime provoquer ou choquer volontairement.

Wim Delvoye, piggy tattoo, 1995

« L’œuvre toute entière de Wim Delvoye est imprégnée de culture catholique. Cette thématique traverse l’ensemble de son travail. Elle en est la source et la cible. Wim Delvoye met en scène nos tabous et les interdits religieux ; non pour choquer mais pour révéler leurs paradoxes. Il ne faudrait pas voir dans le travail provocateur de Wim Delvoye un acte ironique de profanation, pas plus qu’une restauration du spirituel, mais bien une volonté de saisir les contradictions de notre société. Elle en reprend le langage, la confronte au poids effectif des traditions, fait apparaître des survivances. Delvoye intensifie les marques socioculturelles de manière à susciter en nous des réactions. Porcs tatoués, engins de chantier ou nautiles élevés au rang d’édifices gothiques, cathédrales métalliques à l’imagerie subversive, crucifix torsadés interrogent notre rapport au corps et aux symboles. Par ces détournements, Wim Delvoye renverse l’ordre établi, délocalise les valeurs de notre société de manière grivoise et décomplexé. Bien loin d’une vision pessimiste, Wim Delvoye rejoue les postures de notre société, révèle ses inepties.

Wim Delvoye, Double Helix Crucifix Alternating Current (2008)

L’artiste met en place un véritable processus de germination. Il fait cohabiter des images antagonistes fortement connotées jusqu’à ce qu’elles fusionnent et donnent naissance à une oeuvre d’art syncrétique. L’artiste assimile des valeurs contradictoires issues de sa Flandre natale et des pays qu’il côtoie. La magie opère quand le sacré se mêle au profane, le spirituel au matériel, le culturel au naturel jusqu’à ne former plus qu’un. Ces germinations forment un nouveau symbole autonome, une nouvelle entité dont les influences s’entremêlent jusqu’à devenir indiscernables. N’est-ce pas l’un des paradigmes de l’art que de transcender la réalité en une ouvre nouvelle et originale ? La force de l’oeuvre de Wim Delvoye réside incontestablement dans cette capacité d’absorption et de mutation latente. »
Gilbert Perlein, Rébecca François,
extrait du texte du catalogue de l’exposition Wim Delvoye, Skira, Flammarion, 2010

Wim Delvoye, Ring Corpus Inside, 2011
Wim Delvoye, Nautilus (modèle à l’échelle 1 /2,5), 2011.

Pour en savoir plus

Galeries
Wim Delvoye est représenté par une quinzaine de galeries, notamment par la Galerie Emmanuel Perrotin à Paris, SEM-ART à Monaco et la Galerie Rudolphe Janssen à Bruxelles.

Sites Web :
www.wimdelvoye.be

Page de garde du site de Wim Delvoye

Expositions

Principales expositions personnelles
2012
• « Wim Delvoye "Au Louvre" », Musée du Louvre, Paris

delvoye-10
Wim Delvoye, exposition à la Galerie Perrotin, 2012

2010
• Dessins & Maquettes, MAMAC, Nice
• Knocking on Heaven’s Door, BOZAR, Brussel

2009
• Torre, Guggenheim Collection, Venise
• Cloaca N°5, Galerie de l’UQAM, Montréal, Canada
• Peggy Guggenheim Collection, Venise

2008
• Ernst Museum (Mucsarnok Nkft), Budapest
• Cloaca N°5, Glenbow Museum, Calgary, Canada
• Galerie Guy Bärtschi, Genève

2007
• Galerie Emmanuel Perrotin, Paris
• Cloaca 2000-2007, Casino
• Forum d’art contemporain, Luxembourg

2006
• Galerie Emmanuel Perrotin, Miami
• Cloaca IV, Kaohsiung Museum of Fine Arts, Kaojsiung, Taïwan
• Et voilà les cochons, Corsoveneziatto, Milan

2005
• Scale Models & Drawings, Sperone Westwater, New York

2004
• Cloaca
• New & Improved, The Power Plant, Toronto, Canada

2003
• Musée d’art contemporain, Lyon
• Caterpillars, Public Art Fund Projects (Target Art in the Park)
• Fabrica, Centro per l’Arte Contemporanea Luigi Pecci, Prato

2002
• Cloaca-New and improved, New Museum of Contemporary Art, New York
• Museum Kunst-Palast, Düsseldorf

2001
• Cloaca-New and improved, Migros Museum, Zürich

2000
• Cement Truck, Centre Georges Pompidou, Paris
• Cloaca, MUHKA, Antwerpen

1999
• Frac des pays de la Loire, Nantes

1997
• Musée de sculpture en plein air de Middelheim, Anvers
• Delfina, Londres

1995
• Musée départemental de Rochechouart

1994
• Center for the Arts, San Francisco, California
• Modulo, Centro diffusor de Arte, Lisbonne

1992
• Kunsthalle Nürnberg, Nürnberg

Principales expositions collectives

2012
• « Nunc Et In Hora Mortis Nostrae », Galerie Rodolphe Janssen, Bruxelles
2011
• « Tous Cannibales », La Maison Rouge, Paris
• « Honey is Sweeter than Blood », Laleh June Galerie, Basel
• « Incongru. Quand l’art fait rire », Musée cantonal des Beaux-Arts, Lausanne

2010
• « Visceral Bodies », Vancouver Art Gallery, Canada
• « Exploded View », OAG, Toronto, Canada
• « Decadence Now ! Visions of Excess », Galerie Rudolfinum, Prague

2009
• « Sk-Interfaces », Casino Luxembourg, Luxembourg
• Biennale de Moscou, The Garage, Moscou
• « The State of Things - Bruxelles.Beijing », Palais des beaux-arts, Bruxelles
• « Poëtique du chantier », Musée-Château d’Annecy, Annecy
• « Unconditional Love », Biennale de Venise, Nouvel Arsenal
• « Take me There, Show me the Way », Haunch of Venison, New York
• « Superabundant Turner Contemporary Project Space », Kent
• « Mythologies », Haunch of Venison, Londres
• « Anatomie », collection Florence et Daniel Guerlain, Frac Picardie, Amiens
• « Close up », Fruitmarker Gallery, Edinburgh, Scotland
• « The Endless Renaissance », Bass Museum, Miami
• Colossal-Kunst Fakt Fiktion, Kalkriese, Allemagne
• « Messiahs », Modem, Debrecen, Hungary

2008
• « Mieux vaut être un virus que tomber malade », proposé par Isabelle Le Normand à Mains d’Œuvres
• « L’Argent », Frac Île-de-France, Le Plateau, Paris
• Présence Panchounette, CAPC, Musée d’art contemporain de Bordeaux, France
• « Animations/Fictions », MNAC, Bucarest
• « SK-Interfaces », FACT, Liverpool
• Martian Museum of Terrestrial Art, Barbican Art Gallery, Londres
• « The Glass Experience », Museum of Science & Industry, Chicago
• « Comme des Bêtes », musée des beaux-arts, Lausanne
• « Doing it my way, Perspectives on Belgian Art », MKM Museum, Allemagne
• « Take me There (Show me the Way) », Haunch of Venison, New York

2007
• « Capricci », Casino-Forum d’art contemporain, Luxembourg
• « Animanga, Exit », Festival international à la Maison des arts et de la culture de Créteil
• « Negatech », Espacio Fundacion Telefonica, Buenos Aires
• « Into Me/Out of Me », MACRO, Rome
• « The Aggression of Beauty II », Arndt & Partner, Berlin
• « Mining Glass », Museum of Glass, Washington DC

2006
• « Fiction@Love », Moca, Shanghai
• « The Complex of Respect », Kunsthalle Berne
• « Close Up », Art Centre Silkeborg
• « Glass : Material Matters », LACMA, Los Angeles
• « Into Me/Out of Me », PS1 New York
• « Contemporary Art Reflecting Medicine », Kunst-Museum Ahlen
• « Diagnose », Museum im Kulturspeicher, Würzburg, Allemagne

2005
• « Visionary Belgique », Bozar, Bruxelles
• « Missies », De Brakke Grond, Amsterdam
• « Mé Tissages », MIAT, Gent
• « Domicile », musée d’art moderne, Saint-Étienne
• « L’Idiotie », domaine Pommery, Reims
• « Burlesques contemporains », galerie nationale du Jeu de Paume, Paris
• « Die Obere Hälfte », Städtische Museen, Heilbronn
• « Big Bang », Centre Pompidou, Paris
• « Slow Art », MKP, Düsseldorf
• Biennale d’art contemporain, Lyon
• « Connexions », Mamco, Genève
• « Two Asias/Two Europes », Duolon Museum of Modern Art, Shanghai

2004
• « Birdspace : A Post-Audubon Artists Aviary », Contemporary Arts Center, New Orleans
• « Settlements », musée d’art moderne, Saint-Étienne
• « Giganten/Giants », Den Haag Sculptuur 2004, La Haye, Pays-Bas
• « Fooding : ordres et désordres de la nourriture », CAPC, Bordeaux
• 2003
• « Qu’est-ce que la photo-sculpture ? », Frac Limousin, Limoges
• « MuHKA – A choice », MuHKA, Anvers, Belgique
• « Extra », Swiss Institute for Contemporary Art, New York
• « De Manessier à Wim Delvoye », Musée national d’histoire et d’art, Luxembourg
• « Il Racconto del Filo », Museo di Arte Moderna e Contemporanea, Trento, Italie
• « Lines of Engagement », Sperone, New York
• « GNS », Palais de Tokyo, Paris
• « Paradigm of Love », Palais Thurn & Taxis, Bregenz, Autriche
• « Absolut Generations, 50 ». Biennale de Venise, palais Zénobie
• « Vanités contemporaines », musée d’art Roger-Quilliot, Clermont-Ferrand
• « Gelijk het leven is », SMAK, Gand, Belgique
• « Oxymory », Frac Basse-Normandie, Caen
• « Magie in Mediakunst », Netherlands Media Art Institute, Amsterdam
• « Mouvements de fonds », galeries contemporaines des musées de Marseille

2002
• « La vie, au fond, se rit du vrai », CAPC Bordeaux
• « La Part de l’Autre », Carré d’Art de Nîmes, Nîmes
• Busan Biennal, Metropolitan Art Museum, Busan, Corée

2001
• « Give and Take », Victoria and Albert Museum, Londres
• « Eine Barocke Party », Kunsthalle Wien, Autriche
• « The Overexcited Body », Palazzo dell’ Arengario, Milan
• « Confidences », Casino Luxembourg, Luxembourg
• « Between Earth and Heaven », PMMK, Oostende
• « Sous les ponts… », Casino Luxembourg, Luxembourg
• « The Silk Purse Project », Arnolfini, Bristol
• « Delfts Blauw », Musée municipal de La Haye, La Haye, Pays-Bas
• « Marking the Territory », Irish Museum of Modern Art, Dublin
• « Re-Touch », Kunsthal Sint-Pietersabdij, Gand
• « Styx-Projektionen », Kunsthalle Trier, Trêves, Allemagne
• « De Spiegel van het Verlangen », Broelmuseum, Kortrijk, Belgique
• « Sense of Wonder », Herzliya Museum of Art, Herzliya, Israël
• « Belgisch Atelier Belge », Dexia Gallery, Bruxelles
• « Sonsbeek 9 », Arnhem, Pays-Bas
• « Un art populaire », Fondation Cartier pour l’art contemporain, Paris
• « Irony », Fondaçion Miró, Barcelone

Wim Delvoye, Kashan & Mughal Jail © 2012 Musée du Louvre

Bibliographie
Gilbert Perlein, Rébecca François, Hélène Depotte, Nicolas Bourriaud, Olivier Bergesi, Wim Delvoye, Paris, Éditions Flammarion,‎ 2010, 155 p
Wim Delvoye monographie, Neuchâtel, Suisse, Éditions Ides et Calendes, coll. SuperVision, 2009, 200 p.
Pierre Sterckx, Le Devenir-cochon de Wim Delvoye, Bruxelles, Belgique, Éditions La Lettre volée,‎ 2007, 144 p.
Wim Delvoye, Cloaca & tattoos, Les Cahiers du musée national d’Art moderne, vol. 100,‎ 2007, p. 97-114
Fabian Stech, J’ai parlé avec Lavier, Annette Messager, Sylvie Fleury, Hirschhorn, Pierre Huyghe, Delvoye, D.G.-F. Hou Hanru, Sophie Calle, Ming, Sans et Bourriaud. Interviews., Dijon, France, Les Presses du réel,‎ 2007, 176 p.

Videographie

De nombreuses vidéos sont disponibles sur
https://www.youtube.com/results?search_query=wim%20delvoye&sm=1

Retrouvez la suite dans la newsletter du 9 avril 2014...

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Artiste(s)

Wim DELVOYE

Né le 14 janvier 1965 à Wervik en Flandre-Occidentale. Il s’est fait connaître grâce à son installation "Cloaca". Celle-ci représente le processus de la digestion, on entre des aliments d’un côté, et au bout de la chaîne, en ressort l’excrément. Il fait partie d’un groupe d’artistes flamands qui (...)

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