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A.R. Penck, Rites de Passage à la Fondation Maeght

A.R. Penck, Rites de Passage à la Fondation Maeght

A. R. Penck, de son vrai nom Ralf Winkler, est né à Dresde en 1939.
Très jeune, il s’intéresse à la musique, à la cybernétique, aux mathématiques, aux théories de l’information, à la géologie, etc., avant de faire le choix de devenir peintre et sculpteur.

Formé à Dresde et Berlin (ex-Allemagne de l’est), il participe aux mouvements contestataires et à la réalisation d’œuvres collectives.

Sa demande d’adhésion au syndicat des artistes refusée par les autorités et la Stasi, il changera son nom, prenant celui du célèbre géologue Albrecht Penck.
Ses œuvres commençant à être reconnues et exposées en Allemagne de l’Ouest, il finira par s’installer à Cologne en 1980.

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Vue exposition © A. Amiel

Si les portraits et autoportraits sont nombreux dans ses peintures de jeunesse, sa rencontre avec Georg Baselitz, Immendorf et les artistes de l’ouest l’entraînera vers plus abstraction et de liberté.

Dès lors, le style de ses peintures semble récapituler l’histoire de l’art, des premières gravures ou figurations rupestres aux graffitis actuels.

Dans un grand fourmillement de formes, des silhouettes humaines proches des premières représentations préhistoriques s’activent : hommes brandissant des lances, imprécateurs, danseurs, acrobates, personnages filiformes à la Giacometti... Aux totems, masques, portraits figuratifs ou grotesques s’ajoutent des signes cosmiques : tourbillons, vortex, cosmonautes, ainsi qu’un bestiaire complexe de silhouettes de serpents, de chats, de lions, etc. Ses tableaux saturés de couleurs vives, de figures, de signes, ressemblent à des rébus immenses à déchiffrer.

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Ereignis in N.Y., 1983. Résine sur toile © Fondation Maeght

Une jubilation étrange émerge de cet ensemble de silhouettes, la plupart humaines, qui fait penser à Keith Haring en bien plus gai et mouvementé.

Plusieurs histoires semblent s’entrechoquer dans le même tableau, des sortes de récits d’aventures mêlant scènes de combat, signes géométriques, calligraphies et lettres de l’alphabet. Certaines peintures font aussi penser aux dessins d’enfants vivant dans la guerre. Elles seraient issues des visions des ruines de Dresde, sa ville natale, qui a été bombardée et anéantie en 1945 (il avait cinq ans).

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Ohne Titel (Systembild), 1966, huile sur toile, Courtesy Galerie Michael Wermer Markich Wilmensdorf, Köln & New Yok

La peinture est prise à bras le corps, avec une expressivité, une gestualité puissantes.

C’est touffus, gesticulant, mobile et grouillant. Chaque tableau est une aventure, proche de la BD, avec différents plans de réalité et des scènes oniriques. A l’opposé, ses petites ou grandes sculptures qui ponctuent la visite semblent plus intimes, plus énigmatiques.

L’œuvre immense présentée au premier étage apparaît comme un écran géant de cinéma sur lequel est projeté son imaginaire faits de milliers de signes.
Une belle salle présentant ses carnets de croquis nous éclaire sur l’origine de ses milliers de dessins, de signes, de tags, etc., une bibliothèque immense de graphismes où il puise ses personnages et ses formes.

Art rupestre, Dubuffet, Picasso, Giacometti, Basquiat et représentations africaines se percutent et s’ajoutent dans les œuvres de A.R. Penck, reconnu comme l’inspirateur du mouvement des graffeur et streeartistes.

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Vue sculpture terrasse © A. Amiel

La grande sculpture présentée sur la terrasse dialogue parfaitement avec les Marcheurs de Giacometti et les grandes arches de Mirò.

Photo de Une ; Vue grande salle © A Amiel
exposition à découvrir Jusqu’au 18 juin

Artiste(s)

A.R. Penck (Ralf Winkler)

Né Ralf Winkler à Dresde en Allemagne de l’Est en 1939, l’artiste est marqué très jeune par le bombardement et la destruction quasi complète de sa ville en février 1945. Les images de ce désastre resteront dans sa mémoire et influenceront sa vie et son oeuvre. C’est à l’âge de 10 ans qu’il peint ses (...)

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