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Fin de cet événement Octobre 2015 - Date du 12 juin 2015 au 4 octobre 2015

#5 PromenadeS des Anglais : Raoul Dufy, la Promenade comme motif - MUSÉE DES BEAUX-ARTS

Nous poursuivons notre balade pour vous présenter les 14 expositions proposées dans le cadre de PromenadeS des Anglais, Nice 2015, l’événement culturel phare de l’été niçois 2015.

En route avec Raoul Dufy, la Promenade comme motif - MUSÉE DES BEAUX-ARTS !


Raoul Dufy trouve sur la côte méditerranéenne, et tout particulièrement sur la Côte d’Azur, matière à explorer plus avant encore la représentation de la mer.

L’exposition du musée des Beaux-Arts Jules Chéret permettra de découvrir les séries de peintures inspirées par Nice au cours des séjours et promenades que l’artiste y fit, principalement en 1926, 1927 et 1928, puis en 1933 et 1940, mais s’attachera également au lien qu’elles entretiennent avec la production de travaux d’arts décoratifs par Dufy durant les Années Folles.

Dufy fut en effet l’un des principaux acteurs de la diffusion d’un style Côte d’Azur, à la fois à travers l’emploi répété de motifs marins et niçois (poissons, baigneuses, coquilles, palmiers...) et la création de céramiques et somptueux tissus, notamment en collaboration avec le couturier Paul Poiret et la firme Bianchini-Férier.

Raoul Dufy, Le casino de la jetée-promenade à Nice, 1950, peinture, huile sur toile, Musée des Beaux-arts Jules Chéret © Muriel Anssens / Ville de Nice

Ebloui par la vision de la baie des Anges depuis l’hôtel Suisse, Dufy la peint inlassablement en 1926 et 1927. S’il expérimente quelques points de vue différents, notamment depuis les Ponchettes avec quelques barques au premier plan, Dufy répète surtout une même vue, où l’ensemble de la Baie s’arrondit sur la droite, tandis que s’étagent, horizontales et parallèles, d’abord la Promenade des Anglais jalonnée de silhouettes élégantes, chapeautées, portant parfois ombrelle, et de calèches et chevaux, puis une balustrade, enfin la mer festonnée de collines. L’ensemble est barré de palmiers, deux, trois, cinq à l’écorce et aux palmes précisés d’un cerne noir pur. Ce noir est parfois repris pour peindre la plage, meilleur moyen expliquait Dufy qu’il ait trouvé de représenter la lumière la plus forte. Au loin, légèrement décalée vers la droite, se devine dans ces Baies la silhouette d’un monument qui hantera l’oeuvre de Dufy jusqu’à sa mort : le casino de la jetée-promenade.

Dufy s’empare de ce bâtiment éclectique construit sur pilotis dans les années 1880, le pare d’ors ruisselants, le transforme en palais des mille-et-une-nuits, veillant sur quelques carnavaliers costumés en Pierrot ou Arlequin, à la lueur d’improbables couchers de soleil, clairs de lune ou feux d’artifice rougeoyants.

Longtemps après que l’artiste s’est éloigné de Nice, longtemps même après que le Vieux Casino a disparu, détruit par les Allemands en 1944, Raoul Dufy le peint, le dessine, silhouette orientale et fantomatique, notamment dans de vifs dessins à l’encre.

Raoul Dufy, Le casino de la jetée-promenade aux deux calèches à Nice, 1927, peinture, huile sur toile, Musée des Beaux-arts Jules Chéret © Muriel Anssens / Ville de Nice

En s’attachant à ce motif, Dufy, peu à peu, met en place cette technique de découplement du dessin et de la couleur qui caractérise sa peinture à partir du milieu des années 1920. Comment enfin ne pas évoquer l’influence de la baie des Anges sur l’enrichissement de sa palette de bleus, tirant dorénavant davantage vers le vert, l’émeraude, le turquoise, que révèlent les oeuvres regroupées dans l’exposition ?
Néanmoins, ce qui se dévoile dans ces travaux niçois, c’est aussi la genèse de l’oeuvre de Dufy, sa capacité à mobiliser ses souvenirs de paysages, de couleurs, de lumière, de motifs afin de nourrir ses compositions, peintes, rappelons-le, après-coup en atelier comme en témoignent ses carnets de croquis emplis d’annotations de couleurs. Originaire du Havre, il recyclera sa vie durant des motifs marins, baigneuses, coquillages, vaguelettes, que l’on retrouve durant les années niçoises. Les fenêtres ouvertes, thème central de son oeuvre, se déclinent également sur la Manche commesur la baie des Anges. Apparaissent toutefois à Nice persiennes, découpant étrangement la vue extérieure comme la lumière intérieure, et rideaux de dentelles ; les compositions intégrant sa fameuse console entre deux fenêtres, accompagnée le cas échéant d’une armoire à glace dans l’angle font partie des plus remarquables de son oeuvre, où intérieurs et extérieurs, par le jeu des reflets et le contraste des couleurs sont orchestrés magistralement.

Véritables icônes de la Côte d’Azur, ces vues de Nice révèlent ainsi ce véritable laboratoire de motifs que Dufy crée dès ses débuts et que toute sa vie il recyclera. Aussi se confondent parfois ses paysages, ses ateliers, ses bouquets, ses champs de course aussi, révélant un art largement fondé sur la mémoire de l’impression, l’imagination et la liberté.

Raoul Dufy, puis son épouse Emilienne, conserveront toute leur vie quelques-unes des plus belles oeuvres réalisées à Nice.

Décédé en 1953, Raoul Dufy est inhumé au cimetière de Cimiez, dans le quartier où il s’était fixé quelques années, en une villa baptisée Villa Guelma du nom de l’impasse de son atelier parisien. A son décès, en 1962, Emilienne fit un legs très important en faveur du musée des Beaux-Arts Jules Chéret de Nice, sa ville natale. Y figurent entre autres le magnifique Casino de la jetée-promenade aux deux calèches à Nice, daté de 1927, ainsi qu’une série de dessins à l’encre de Chine à thème carnavalesque, parmi près de 200 oeuvres de l’artiste.

L’exposition réunit pour la première fois autour des pièces niçoises du legs près d’une centaine de peintures à l’huile, gouaches, aquarelles, dessins, éditions provenant de collections tant publiques que privées du monde entier qui permettent de découvrir la manière dont cette ville, sa lumière, sa baie, ses traditions, son architecture influèrent sur l’oeuvre, mais aussi de rappeler la place essentielle de Raoul Dufy dans l’art du XXe siècle.

Photo de Une : Raoul Dufy, Nice en 1927 (Baie des anges), 1927, aquarelle, dépôt du MNAM au Musée des Beaux-arts de Nice
© Muriel Anssens / Ville de Nice

Présentation générale et programme complet en cliquant ici

#1 L’exposition à la Galerie des Ponchettes

#2 L’expo au Musée archéologique de Cimiez

#3 L’exposition au MAMAC

#4 L’exposition au Musée d’Art Naif

#5 L’exposition au Musée des Beaux Arts

#6 L’exposition au Musée Masséna

#7 L’exposition au Musée Matisse

#8 L’exposition au Musée Chagall

#9 L’exposition au Palais Lascaris

#10 L’exposition au TPI

#11 L’exposition à la Villa Arson

#12 L’exposition associée à la Galerie de la Marine

#13 L’exposition associée au MAMAC

#14 L’exposition au Musée National du Sport

Artiste(s)

Raoul DUFY

Né le 3 juin 1877 au Havre, et, mort le 23 mars 1953 à Forcalquier. À partir de ses seize ans, il étudie à l’École municipale des Beaux-Arts du Havre, puis à Paris. Il exposera pour la première fois au Salon des Artistes français en 1901 puis deux ans plus tard au Salon des Artistes français. Il (...)

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