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BULL de Annie Silverstein

Kris, une jeune ado rebelle de la campagne Texane est forcée de travailler pour son voisin Abe aprés le saccage de sa maison, afin d’éviter la prison pour mineur.
Abe, vieux torero sur la touche travaille péniblement le circuit de rodéos bovins pour combler sa petite retraite.
Deux individus en marge de la société dont les destins croisés vont s’unir.

Après avoir été révélée avec son court métrage Skunk, premier Prix de la Cinéfondation en 2014, Annie Silverstein revient à Cannes avec son nouveau film Bull, qui concoure également pour la Caméra d’or.

La réalisatrice américaine explore les liens spéciaux qui lient Kristal, adolescente texane dont la mère a été incarcérée pour trafic de drogue, et qui est hébergée avec sa petite sœur chez leur grand-mère, et Abe, un voisin adepte de rodéo.

Bull c’est un certain regard sur cette communauté de braves, frôlant la mort ou l’accident irréversible à chaque sursaut des bêtes sauvages, qu’ils essaient vainement de monter dans un temps qu’ils espèrent tous le plus long possible.
Nous y trouverons de vraies personnes écorchées et souvent isolées sentimentalement, dont les natures ont certainement été puisées par la réalisatrice lors de ses 10 années d’expérience en tant qu’éducatrice à Washington.

La lumière du film, le réalisme à l’extrême, les plans portés, incitent indubitablement tel un documentaire à concentrer notre attention sur les émotions relationnelles entre Kystal et Abe.

Ce dernier magnifiquement interprété par Rob Morgan apporte une dimension de force et d’humanité, il devient un réel secours à l’adolescente orpheline de repères.
On se prête aisément au jeu de deux êtres aussi ordinaires que tout oppose, lui vieillissant et sur la fin de sa carrière, elle, jeune, désinvolte et recherchant son identité.

C’est l’histoire d’une amitié ou s’entremêle un sursaut paternel, krystal attend certainement le regard bienveillant, la reconnaissance constructive dont elle a tant besoin à l’aube de ses 14 ans.
Mais c’est aussi, loin des clichés des cowboys blancs texans, riches propriétaires de ranchs qu’Annie Silverstein nous ramène, car dans son film les afro-américains sont omni présents dans ce monde du rodéo, et c’est certainement un pied de nez de la réalisatrice à une Amérique souvent campée sur ces bases.

C’est donc dans un parfait décalage, mais rempli d’authenticité que le film nous dépeint une Amérique méconnue et nous emmène vers des territoires inexplorés, on se laissera même porter par la dimension mystique des dernières images ...

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