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Patrick Rosiu

André Giordan et Alain Biancheri vous proposent cette semaine la dernière partie de leur chronique consacrée à l’artiste peintre Patrick Rosiu ! Cette semaine analyse approfondie d’une de ses oeuvres ! (3/3)

Analyse d’une oeuvre

Patrick Rosiu, Nénuphar, 2011 acrylique sur toile 146 X 114 cm

DESCRIPTION / INTERPRÉTATION

Cette grande toile se présente au spectateur comme une peinture abstraite, car aucun élément identifiable ne semble surgir de cet ensemble graphique et coloré, bien que le titre qui l’accompagne (nénuphar) pourrait permettre d’entrainer le regard vers quelques pistes figuratives. L’abstraction se manifeste à l’évidence par la multitude de signes qui ne renvoient à aucun élément réel, par les taches qui se meuvent et se chevauchent sans évoquer de véritable forme référentielle, et par la disposition aléatoire des surfaces et des graphismes. Un certain nombre de pratiques artistiques et de démarches contemporaines viennent à l’esprit lorsque le regard du spectateur parcourt la surface de la toile, depuis les gestes répétitifs de Pollock ou de Tobey, jusqu’aux pliages de Hantai en passant par les compositions mesurées de l’Abstraction Lyrique. Cette toile pourrait être issue de cette veine et s’inscrire dans la lignée d’une certaine modernité artistique.

En fait cette production à l’acrylique appartient à une série de peintures dont tous les tableaux portent le même titre, et semblent uniformément tendre vers une recherche commune. Une recherche qui prendrait comme point de départ les œuvres ultimes de Monet avec sa multitude de « nymphéas « qu’il a réalisées dans sa dernière demeure pendant de nombreuses années ; la dissolution des formes, les cadrages en gros plans et la perte de repères figuratifs débouchant sur une sorte d’abstraction qui ne dit pas son nom, ainsi que des repères tangibles qui abolissent la pesanteur en niant tout rapport avec une structure précise : voilà quelques pistes que Patrick Rosiu s’approprie à travers les découvertes de Monet, en privilégiant « aussi la dimension de fluidité et le bouleversement du sens comme haut et bas » comme il le dit lui-même.

À ces recherches s’ajoutent les effets de transparence et ceux du motif
. Transparence et fluidité grâce aux jeu subtil des superpositions de taches, de silhouettes irrégulières qui laissent transparaitre les différentes étapes gestuelles et les mouvements des tracés. Il est vrai que les formes polygonales des taches qui composent le tableau s’apparentent souvent à des figures reconnaissables, des éléments minéraux et végétaux qui sembleraient se propager à l’intérieur de la surface. Mais le débordement des signes sous-jacents ôte toute ambiguïté sur le statut de ces silhouettes qui sont définitivement abstraites ; la disjonction forme-couleur (lointaine réminiscence de préoccupations cubistes) accentue cette perte d’identification pour jouer sur la fluidité formelle et les rapports alternés de pleins et de vides.

MORPHOLOGIE

Tout comme chez Monet, l’absence de composition apparente annihile les repères traditionnels ; on est ici dans le « all over », cher à Jackson Pollock, aucune partie n’est privilégiée et il n’y a aucun centre d’intérêt, ce qui permet à l’œil d’effectuer un certain nombre de va-et-vient afin de s’immerger dans un labyrinthe de signes qui refusent de donner leur mode d’emploi. Les polygones s’emboitent, véritables kaléidoscopes qui ont le mérite de mettre à jour les gestes et le mouvement de l’artiste déployés à travers les rythmes d’une composition sous-jacente, à peine perceptible. Celle-ci pourrait voir le jour grâce aux nombreuses diagonales qui parcourent la toile et qui permettent aux larges motifs de s’entrechoquer ou de se superposer en multipliant les effets de transparence.

CHROMATISME

Il n’y a pas de ton dominant dans l’ensemble du tableau, au détriment des couleurs primaires et du vert qui se répartissent équitablement.
Entre ces surfaces colorées se propagent des formes irrégulières plus fines et plus claires qui semblent structurer le tableau en jouant aussi sur les directions obliques. Ces valeurs blanchâtres creusent le tableau et lui confèrent un espace tridimensionnel que mettent en valeur les différentes strates colorées ; ce jeu d’épaisseurs multiples participe aux effets de transparence et de fluidité qui sont essentiels dans la démarche de Patrick Rosiu.

Pour en savoir plus sur l’artiste

Galerie
transArtcafé
espace d’art contemporain / galerie - café - vidéothèque
librairie - expositions
6, rue du Docteur Rostan vieille ville - 06600 Antibes, tel/fax : 04 93 34 29 76
http://transartcafe.pagesperso-oran...
local_mars
Galerie transArtcafé

artmajeur
http://www.artmajeur.com/fr/gallery...

Mail
patrick.rosiu@club-internet.fr
Tél 04 93 58 96 39
Port 06 21 76 03 98

Sites
Facebook https://www.facebook.com/patrick.rosiu

Expositions

1978
Exposition à Amiens, Salle Giacometti,

1979
Bruxelles, à l’Atelier Rue Sainte Anne.
Chatenay-Malabry, L’invasion des Galates

1980
Rome, exposition Video ergo sum

1981
Nantes, à l’Espace Graslin, Entre poésie et peinture.
Salon des Indépendants, Paris.

1987
Paris, Chapelle de la Salpêtrière

1991
Paris, Salon Paul Ricard

1994
Levallois Salon d’art Contemporain
Meaux,
Noue Dammarie-les-Lys, Chapelle Marquelet
Paris, Salon d’Art Contemporain
Nice, Galerie Chifflet.

1998
Vence, Chapelle des Pénitents

2000
Vence, Galerie Atmosphère
Château-Arnaud, Salon d’Art Contemporain

2001
Vence, Chapelle des Pénitents
Vanves, Salon d’Art Contemporain

2005
Galerie Municipale de Nice

2007
Antibes, TransArt-Café

2011
Antibes, TransArt-Café avec Albino Marcolli

Albino Marcolli et Patrick Rosiu au vernissage de l’exposition TransArtcafé
(11/11/2011)

2010
Tourrettes-sur-Loup, Château/Espace Muséal, avec la photographe Hélène Grange, Une traversée complice

2012
La Gaude, La coupole

2013
Vence, Chapelle des Pénitents
Antibes, TransArtcafé, exhibition transartistes avec Véronique Champollion- Dominique Draussin, Albino Marcolli - Jacques Lavigne

Vernissage au TransArtcafé de l’exhibition transartistes avec Véronique Champollion, Dominique Draussin, Albino marcolli, Jacques Lavigne et Patrick Rosiu (14/12/2013)

Retrouvez la partie 1/3 et 2/3 de cette chronique et toutes les autres chroniques des auteurs en cliquant ici

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