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Martin Caminiti (1/3)

André Giordan et Alain Biancheri vous proposent dès cette semaine leur nouvelle chronique consacrée aux artistes niçois : ce mois-ci ils vous invitent à découvrir l’artiste Martin CAMINITI (1/3) !

Martin Caminiti, manipulateur de vélos et de concepts

Dʼorigine calabraise, Martin Caminiti est né en 1959 à Taurianova (Italie). Il vit, enseigne et travaille son art à Nice.

Actuellement, il est Directeur de la Villa Thiole, une vieille institution niçoise qui a toujours su se renouveler. Il y professe en plus le dessin, le volume et la perception de l’espace.

Son parcours

Depuis très jeune, Martin Caminiti est très porté sur le dessin ; il fait ses études supérieures en art à la Villa Arson de Nice. Il se fait remarquer par la qualité de son trait et par son approche particulièrement originale des objets qu’il s’approprie ou détourne dans la « logique » de Marcel Duchamp et des « anciens » de l’Ecole de Nice.

En 1987, il décroche le Diplôme National Supérieur dʼExpression Plastique (D.N.S.E.P.). Toujours la même année, il enchaîne avec une bourse dʼétudes, elle lui permet d’obtenir un atelier à la Villa Arson.

Sa carrière d’artiste démarre avec sa participation à la manifestation-présentation Sous le regard.

« Sous le regard » entre autres des plasticiens : Niele Toroni à la croisée de l’art conceptuel et du minimalisme, Jan Dibbets, le photographe néerlandé de l’art conceptuel et Stanley Brouwn, autre partisan de l’art conceptuel. Tous trois vont largement l’influencer…

Dos du carton d’invitation, Sous le regard, Villa Arson, 1987
Stanley Brouwn, the way brouwn, 1962

Pour la première fois, il présente ses sculptures, dont la roue de bicyclette en hommage au ready-made de Marcel Duchamp. En 1988, son travail est exposé simultanément à la Galerie de lʼEcole de la Villa Arson et à lʼEspace Contemporain du Fort Napoléon à la Seyne sur Mer.

Marcel Duchamp, Roue de bicyclette, 1913
Martin Caminiti, Hommage à Marcel DUCHAMP, 1987 Roue de vélo et tabouret Villa Arson 160 X 36 X 63 cm

La Galerie Lola Gassin dans le Vieux-Nice, galerie alors très à la découverte de jeunes talents, lui consacre une exposition personnelle en 1989.

César devant une œuvre Martin Caminiti lors du vernissage de l’exposition Galerie Lola Gassin, 1989
Martin Caminiti, Hommage à P.P, 1988 Métal, cuir 35 X 47 X 14 cm

« L’humour de Caminiti, loin de toute amertume et de toute aigreur, était déjà traversé par cet esprit positif qui lui confère presque toujours une qualité ludique et joyeuse, une "bonne humeur" inventive dont on retrouve la trace dans l’ensemble de sa production. Cette fraîcheur enjouée est assez rare pour être signalée dans le contexte quelquefois hermétique et pesant de l’ironie postconceptuelle caractéristique de l’art en France à la fin des années quatre-vingts.
Mais ce qui constitue la véritable originalité de Martin Caminiti, au delà des références qu’il fait à la lignée des artistes manipulateurs d’objets et jongleurs de concepts, c’est la relation spéciale qu’il entretient comme sculpteur à la notion d’espace. Ses collages fonctionnent d’une manière métamorphique à partir d’un objet originel, retravaillé, augmenté, étiré comme une projection spatiale qui conserverait toujours le souvenir d’une bidimensionnalité initiale. C’est ainsi que l’aspect aérien et l’élégance nerveuse de la majorité des pièces évoquent souvent la netteté incisive et sans repentir de l’épure.
Ces qualités esthétiques particulières tiennent évidemment aussi à la matériologie propre à cette sculpture : scions de canne à pêche en fibre de verre, lames de bambou, fil de nylon ou d’acier... Comme la modulation du trait est souvent produite par une tension qui dessine la courbe, aucune mollesse ne vient dégrader la dynamique de la construction graphique qui forme à partir du ready-made originel l’augmentation spatiale de la sculpture.
Le corps de la sculpture est ainsi paradoxalement donné à voir comme une évanescence signifiée par le dessin qui le matérialise dans l’espace. Les pleins et les déliés du trait indiquent alors avec élégance, dans ces dessins spatiaux le caractère mental de toute figuration dessinée.
 »
Jean-Marc Réol, directeur de la Villa Arson
(2000-2007)

Martin Caminiti, L’art à la chaine, exposition espace d’Art Concret, Mouans-Sartoux, 2005

Depuis 1988, les oeuvres de Martin Caminiti font l’objet avec une grande régularité d’expositions ou d’installations personnelles - ou plus souvent collectives - en France et en Europe.

Nombre d’entre elles (dessins, sculptures,..) ont intégré les collections françaises, voire étrangères -publiques ou privées- (Nous vous en parlerons dans la chronique de la semaine prochaine ).

Vue de l’exposition La belle rouge, Galerie Norbert Pastor, Nice 2008 Photographie François Fernandez
Martin Caminiti, Exposition La belle rouge, galerie Norbert Pastor, Nice, 2008 Photographie François Fernandez
Martin Caminiti, Sans titre,
 2003 - Fibre de verre, métal, 140 x 100 x 10 cm

Suite de la chronique la semaine prochaine avec un focus sur les œuvres de l’artiste.

Retrouvez toutes les chroniques artistiques des auteurs en cliquant ici

Photo de Une : Martin Caminiti, portrait, étudiant à la Villa Arson, 1987

Artiste(s)

Martin CAMINITI

Né en Italie, en 1959, Martin CAMINITI vit, enseigne et crée à Nice. En 1987, il obtient le Diplôme National Supérieur d’Expression Plastique et une bourse d’études assortie d’un atelier d’été dans le cadre de Sous le regard à la Villa ARSON où il rencontre TORONI, DIBBETS, BROUWN... Choc(s) et clin (...)

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