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Hommage à Bernard Taride qui vient de nous quitter

Le miroir existe depuis quelques milliers d’années (en pierre, cuivre, étain ou argent polis, etc.). Avant cette époque, la seule façon de se mirer était dans des plans d’eau sombre. C’est la découverte au seizième siècle d’un alliage d’argent métallique couvert de verre qui allait donner naissance au miroir sous sa forme actuelle, celle qui a intéressé Bernard Taride, qui a toujours entretenu un rapport ambigu avec cet objet « réfléchissant ».

Après avoir agressé les miroirs avec des haches, des truelles, des rabots, des clous, etc., sa relation avec cet étrange objet s’est pacifiée.

Grâce à ses « Réflexions déplacées  », le même visage est vu dans des angles différents alors qu’il s’agit toujours de la même personne qui se regarde.
L’artiste a dû élaborer toute une grammaire de formes en jouant avec des miroirs brisés. Attachés, collés, pris dans un étau, remontés sur des châssis différents, ses œuvres sont réalisées de façon à renvoyer des images surprenantes, quelquefois dérangeantes.

L’expérience de se voir, de contempler sa propre image prend une autre tournure, parfois déstabilisante pour le regardeur qui reçoit une vision perturbée de lui-même.

Le visage, on le sait, n’est pas symétrique. Par ses jeux de miroir, Bernard Taride accentue l’asymétrie jusqu’à la brouiller, la perturber. Ses « portraits crashés » où les visages sont décomposés et recomposés renvoient une inquiétante étrangeté, mais où l’humour est toujours présent, un humour doux et bienveillant qui rend bien compte de la personnalité de Bernard Taride.

L’artiste niçois vient de nous quitter, mais ses œuvres continueront à nous interroger et nous faire sourire.

Toutes photos de l’article ©AA

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