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Fin de cet événement Novembre 2014 - Date du 29 novembre 2014 au 29 novembre 2014

Dîner-Débat à Eze : Du Trompe-l’œil au cubisme

Amateur d’art et de bonne chère : Eze contente vos deux passions en vous proposant un dîner débat artistique sur le thème du Trompe l’oeil au cubisme !
De quoi régaler esprit et ventre affamés !

Gertrude Stein rapporte que, devant le premier canon camouflé qu’il vit, Picasso s’écria : « C’est nous qui avons fait cela. » Comment Picasso a-t-il pu attribuer la paternité d’une peinture utilitaire au cubisme ?

Par quelle opération mystérieuse le cubisme se retrouva-t-il sur du matériel militaire. Guirand de Scevola donna lui-même les premiers éléments d’explication : « J’avais, pour déformer totalement l’objet, employé les moyens que les cubistes utilisent pour le représenter, ce qui me permit par la suite d’engager dans ma section quelques peintres aptes à dénaturer n’importe quelle forme. »
Haye et d’Espagnat Le Camoufleur Illustration pour le n°49 de La Guerre documentée.

Les cubistes et le camouflage poursuivaient un but similaire : intégrer la figure au fond, l’objet à son environnement. Le matériel militaire était peint d’aplats de couleur unie indépendants des formes et de l’éclairage de manière à abolir le volume de l’objet, à rendre ses contours indéchiffrables et à l’amalgamer à son environnement.

Dès les premiers mois de la guerre est apparue la nécessité de camoufler les tranchées et les matériels aux observateurs ennemis. Après des débuts douloureux, on se souvient des pantalons rouge garance de soldats français, s’est développé un service de camouflage dont le sigle était un caméléon. De nombreux artistes feront partie de cette section. Des décorateurs de théâtre spécialisés dans le trompe-l’œil mais aussi des artistes décorateurs comme Dunoyer de Segonzac, Jacques Villon, Roger de La Fresnay, André Mare appartiendront à cette section.

Les camoufleurs pouvaient ainsi recréer un paysage factice au nez des lignes ennemies, remplaçant en une nuit des arbres par des arbres factices abritant un poste d’observation, maquillant les bassins de Versailles, simulant de fausses voies ferrées et même une ville de Paris à quelques kilomètres de la vraie pour tromper les bombardiers de nuit.

La première guerre mondiale fut à plus d’un titre la première guerre moderne. Le camouflage est aujourd’hui toujours d’actualité même s’il s’agit parfois de camouflage électronique.

Le conférencier

Eric Sirello est ethnologue de formation. Diplômé de l’Université de Nanterre, de l’Ecole Pratique des Hautes Etudes (section Sciences religieuses) et du Museum National d’Histoire Naturelle, il anime des dîners débats (Crop Circles), des cinés club et des conférences depuis plus de dix ans principalement et sur des sujets variés - Gauguin, Picasso, l’Art Nouveau, l’Art Déco par exemple, sur la Côte d’Azur, à Monaco et à Paris.

Photo de Une : Haye et d’Espagnat Le Camoufleur Illustration pour le n°49 de La Guerre documentée.

Informations et Réservation


Le 29 novembre 2014 à 19h30
Eze-Village – Restaurant L’Alchimie - rue de Verdun
Menu 25€ (Boissons non comprises)

Office Municipal de Tourisme d’Eze : 04 93 41 26 00 – [email protected]

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