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Musée National Fernand Léger

Le Musée National Fernand Léger dépasse les frontières du territoire français tant son genre paraît unique, habillé de fresques murales au diamètre monumental, bijou d’art parmi les verdures biotoises. Au-delà de simples considérations esthétiques, le musée présente une collection complète des œuvres d’avant-garde de Fernand Léger, de ses balbutiements cubistes aux dernières productions sur mosaïque et vitraux.

BIOT

La guerre détruit, la guerre révèle

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Soldats jouant aux cartes, 1916 Dessins de guerre. Dessins du front Exécuté près de Verdun en 1916 Crayon sur papier, 17 x 12,7 cm © Centre Georges Pompidou

Mobilisé en 1914, brancardier dans les tranchées, Fernand Léger – il ne le fut pour rien au monde - compose au contact du dessin (toujours du gros papier d’emballage) et des hommes qu’il rencontre, mineurs, terrassiers, artisans. Portant un regard abrupt et pourtant juste sur ses compagnons de guerre (Soldats jouant aux cartes, 1916), il parvient à calquer les attitudes de ceux dont les vies finiront probablement parmi les déflagrations d’obus.

Dans un même temps, la capacité de l’homme à surmonter sa peur de la « machine-meurtre » lui donnera toujours foi durable en l’humanité, et cela tout au long de son existence de peintre.

Fernand Léger a 26 ans lorsqu’il connait la guerre. Auparavant ses œuvres abordent le contraste des formes peintes où les volumes, lignes et couleurs s’émancipent sur toiles de chanvre. Par ailleurs, absorbé par l’expression picturale de Cézanne, il lui faut se plonger dans l’abstraction pour s’en détacher définitivement. Et pourtant, même dans la négation des formes, Fernand Léger atteint toujours une réalité autre, un réalisme en peinture : « La valeur réaliste d’une œuvre est parfaitement indépendante de toute qualité imitative… En quoi consiste en peinture ce que l’on appelle réalisme ?... Le réalisme pictural est l’ordonnance simultanée des trois grandes qualités plastiques : les Lignes, les Formes et les Couleurs » (« Les Origines de la peinture contemporaine et sa valeur représentative », conférence de Fernand Léger donnée le 5 mai 1913 à Paris).

Paysan de l’avant-garde

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Les disques dans la ville, 1920 Huile sur toile, 130 x 162 cm © Centre Georges Pompidou

Lui que l’on surnomme « paysan de l’avant-garde » sait manifestement bien annoncer les nouvelles expressions artistiques. De l’abstraction hésitante nait un cubisme avant l’heure : voilà le constat du changement d’une époque et de ses productions industrielles, un monde dont il se veut acteur (La ville, 1919). Ici, les aplats de couleurs transmettent leur dynamisme à la ville comme les engrenages d’une machine : les couleurs sont vives, lumineuses et frénétiques, modernes et rêveuses, empreintes durables d’un souvenir dont les origines naquirent en deca des tranchées. A l’instar des « dadas » sulfureux de Paris, héritier d’un mouvement né à Zurich (Tristan Tzara), il incorpore son lot de signes et lettres aux œuvres qu’il produit, s’inscrivant de façon permanente dans l’histoire de l’art moderne.

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La Lecture, 1924 Huile sur toile, 113,5 x 146 cm ©Centre Georges Pompidou

La guerre n’aura jamais autant inspiré Fernand Léger. Alors qu’il tentait de croquer les traits de ces soldats las, la pluie submergeant d’eau sombre le papier de boucherie qu’il cherchait désespérément à ne pas froisser, un monde secret s’active en son sein, fait de modernité admirée, de joyeux délire, bien loin du tumulte des atrocités meurtrières. Cette thématique restera fidèle à l’œuvre qu’il élabore tout au long de sa vie, faite de regain et de statisme, de la figure-objet proche d’un classicisme (la lecture, 1924, véritable chef-d’œuvre de silence) au triomphe de l’objet mis en valeur par la nature morte (La composition, 1929).

Les grands formats

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Composition, 1929 Huile sur toile, 60 x 92 cm © Centre Georges Pompidou

Dans les années 1930, les grands formats prennent le pas sur toute autre forme de création : commence ainsi pour Fernand Léger la maîtrise d’un art fait de longues fresques murales de verre et céramique diaphanes, monuments quasi-architecturaux qui le rappellent à une carrière avortée (de ses débuts parisiens). L’exigence marchande ne le retient plus alors et l’artiste s’émancipe définitivement dans ses réalisations « gargantuesques ». Les couleurs vives deviennent éclatantes, grandioses et tous les supports sont bons pour en signifier l’immensité : de la décoration de l’Église Notre-Dame de Toute Grâce du plateau d’Assy où sont également présents Chagall, Matisse et Braque ; à celle de la maquette de vitrail pour l’Église d’Audincourt en 1950, Fernand Léger élabore ses fresques dans un esprit de plus en plus expansif.

À son retour de New-York (modernité, toujours !), désirant s’éloigner du tumulte des villes, il acquiert une propriété au pied du village de Biot, le Mas Saint-André, en vue d’édifier dans ses jardins de grandes sculptures polychromes en céramique. Hélas, le temps rattrape toujours celui court… et Fernand Léger s’éteint le 17 Août 1955 sans en avoir achevé le projet.

Le Musée Fernand Léger

Après sa mort, Nadia Léger et Georges Bauquier décident de construire à proximité du mas Saint-André un musée, afin d’y présenter l’œuvre de Fernand Léger : le premier projet de l’architecte Paul Nelson n’est pas retenu, le projet d’André Svétchine se concrétise et la première pierre du bâtiment est posée le 27 février 1957. La construction rend alors hommage à la période grands formats et incorpore une fresque monumentale sur la façade sud, tandis que dans le hall d’entrée le public est accueilli par un vitrail réalisé par les maîtres verriers Aubert et Pittelou installés à Lausanne, d’après un dessin de Fernand Léger. En 1967, les fondateurs offrent à l’Etat le bâtiment, le parc et 348 œuvres : peintures, dessins, céramiques, bronzes et tapisseries. Le 4 février 1969, André Malraux, Ministre d’Etat chargé des Affaires culturelles, inaugure le musée national Fernand Léger. En 1990, le bâtiment fait l’objet d’un agrandissement, l’architecte Bernard Schoebel reprenant ainsi les proportions de l’ancien bâtiment pour l’aile supplémentaire.

Peu de temps suivant l’ouverture du musée, Georges Bauquier commande les mosaïques des façades est et ouest exécutées par Heidi Mélano, et inspirées par les projets de Léger pour la Triennale de Milan, 1951.

Tant de date pour un lieu qui ne dépérit pas, tant d’œuvres à voir pour un artiste incontournable de modernité : des premiers pas au Cubisme tâtonnant, des grands formats aux dernières années…la donation Nadia Khodossievitch Léger et Georges Bauquier se veut complète et unique au monde, seule à présenter l’œuvre de Fernand Léger dans son évolution historique et créatrice. Voilà pourquoi il est aujourd’hui indispensable d’en visiter les collections, à ce titre toujours accompagnées d’expositions temporaires et d’activités diverses...

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Les calices et l’éponge. Maquette de vitrail pour l’Église d’Audincourt (1950) Gouache sur papier, 37 x 92 cm © Centre Georges Pompidou

Citations : © Musée national Fernand Léger, Biot - RMN Sources Photos : © Centre Georges Pompidou

Activités autour de la visite du Musée

- Cycle d’initiation à l’art du XXème siècle
- Une heure, un jeudi par mois. À travers ce rendez-vous régulier, le Musée national Fernand Léger souhaite offrir à ses visiteurs un aperçu des grands courants de l’art moderne. Ces conférences accessibles à tous permettent de se familiariser avec les grands noms du XX° siècle et d’analyser les œuvres majeures de chaque mouvement.

- JEUDI 29 AVRIL - 19 h
- POP ART, 1955-1970

- Ariane Coulondre Né d’abord en Angleterre, le Pop Art se déploie véritablement dans l’Amérique des années soixante. Caractérisé par la référence à la société de consommation et aux médias de masse, les œuvres Pop dressent un constat froid de la multiplication des objets produits en série et de l’omniprésence de l’information.

- JEUDI 20 MAI - 19 h
- NOUVEAU REALISME,1960-1970
- Maurice Fréchuret Fondé en mai 1960 par des artistes revendiquant leur « singularité collective » (Klein, Arman, Raysse, Spoerri, Tinguely, Villeglé, etc.), le Nouveau Réalisme propose une archéologie du monde moderne, industriel et urbain. Plaçant l’objet de consommation au centre de ses préoccupations, il renonce au mode descriptif au profit d’une appropriation directe du réel par la collecte et l’assemblage. Entrée Libre dans la limites des places disponibles.

Exposition Temporaire

du 6 février au 17 mai 2010 1960-2010 LES CINQUANTE ANS DU MUSEE FERNAND LEGER Hommage aux donateurs, Nadia Khodossievitch Léger et Georges Bauquier.

À consulter sans faute pour mieux connaître les 50 années de l’histoire du Musée le numéro Hors Série du journal Le Patriote : "Avant même que la première pierre soit posée Le Patriote parlait déjà du musée ! Fidèle à l’art et à l’artiste, le Patriote s’associe avec le musée pour célébrer cet anniversaire et rendre un bel hommage aux donateurs et créateurs du musée :Georges Bauquier et Nadia Léger.

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Cliquer et découvrir le sommaire du Hors Série

Pour l’occasion est édité un Hors-série exceptionnel : 32 pages en couleurs sur papier glacé et consacrées au musée et à ses fondateurs." Contact : Julien Camy 04 97 00 09 08 – 06 15 74 15 89 julien.camy@le-patriote.info

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Affiche du cinquantenaire de l’ouverture du musée copyright, photo © Follet

Informations Pratiques

- Musée national Fernand Léger Chemin du Val de Pome 06410 Biot

- Renseignements Tél : 04 92 91 50 30

- Ouvert tous les jours, sauf le mardi, les 25 décembre, 1er janvier et 1er mai. 1er juin - 31 octobre de 10h à 18 h 1er Novembre - 31 mai de 10h à 17 h

- Accès Par l’autoroute, sortie Villeneuve-Loubet RN7, puis direction Antibes, à 2km prendre direction Biot (suivre les flèches) Aéroport Nice-Côte d’Azur à 15 km Gare SNCF, Biot ( TER) - Gare SNCF, Antibes liaison Biot autocar . Liaison Antibes - Biot, autocar STGA (arrêt Musée Fernand Léger) Bus N°10 Liaison gare de Biot au village de Biot - (arrêt Musée Fernand Léger) Bus N°10 autres lignes renseignements : envibus 04.89.87.72.00 , www.envibus.fr Parking stationnement gratuit autocars et automobiles

Gratuit moins de 26 ans exposition permanente Gratuité le premier dimanche du mois collection permanente : Plein tarif : 5,50€ Tarif réduit : 4 € Tarif groupe 5 € par personne ( groupe constitué à partir de 10 personnes)

vendredi 16 avril 2010 , par Brune Goguillon

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