MUSEE MATISSE : Nice, une passion en peinture
Une petite histoire pour conter les aventures du peintre Henri Matisse en terre azuréenne : pourquoi et de quelle façon la passion du Sud a mis la main sur cet homme qui fit de Nice sa résidence principale, jusqu’aux derniers jours d’une vie faite de coups de pinceaux. Le Musée Matisse en retrace les années de créations de 1898 à 1952, périodes fauves et gouaches découpées à l’appui.
Henry Matisse pose ses bagages de peintre dans la petite chambre de l’Hôtel Beau-Rivage en Décembre 1917, souffrant d’une bronchite accablante, un bien vilain mal qu’il désire soigner par les bienfaits du soleil et de l’eau. Peine perdue : il pleut pendant un mois et Matisse se prépare à rentrer bredouille. Le lendemain le Mistral fait des siennes et balaye les nuages de cotons amoncelés depuis, le livrant ainsi à la beauté d’une lumière reflétant les couleurs azuréennes.
Une mer d’huile : huile sur la palette, mer bleue et teintée de vert, touches postimpressionistes –mères d’un « fauvisme » naissant- voilà une affaire qui roule... « Quand j’ai compris que chaque matin je reverrais cette lumière, je ne pouvais croire à mon bonheur. Je décidai de ne pas quitter Nice, et j’y ai demeuré pratiquement toute mon existence ».
Henri Matisse loue l’année suivante et pour un temps le 105 quai des États Unis, y installe son atelier et peint, peint, peint. « La pluie pendant trois jours et la mer démontée. En attendant, je peins des fleurs dans mon atelier, appartement que j’ai loué pour trois mois, quai du midi. »
L’artiste se promène également au gré des courants et des coups de vent, le long de la « Plage à Nice vue du Château » (1918) ou sur les bosses des collines niçoises -« Sur la Terrasse » (1921, Parc Liserb sur la colline de Cimiez)- , à la Mantega (1921) pour y faire des portraits de sa fille Henriette, et au pied du Mont Boron avec « la Villa bleue ». Il travaille souvent dans son atelier-garage rue Désiré Niel et accueille volontiers les grandes commandes des Ballets russes de Monte-Carlo dont il réalisera les décors en 1938. Avec la première symphonie de Dmitri Chostakovitch « L’étrange farandole » s’accompagnent ainsi des beautés « matissiennes » en rouge et noir, ces chromes qui donneront leur nom à la pièce finale de Léonide Massine (sous la direction de René Blum). Il faut aussi savoir que l’homme fut peu apprécié de ses contemporains, voguant à contre courants (se rappelle à notre souvenir le Salon d’Automne 1905, ses expositions chocs, ses couleurs criardes et « fauves », ses artistes involontairement provocateurs –Kees Van Dongen, Derain, Vlaminck…). En 1949 une rétrospective de l’UMAM (l’Union Méditerranéenne pour l’Art Moderne) est organisée au Palais de la Méditerranée et consacre enfin Henri Matisse à sa juste valeur. Relayant celle de la Galerie Maeght à Paris, l’exposition relance l’intérêt de l’œuvre du peintre face aux publics -encore assez hermétiques à l’art contemporain-. Quinze ans s’égrèneront avant la création du Musée Matisse à Nice, là où il aimait tant vivre, et où il s’éteignit à l’âge de 84 ans.
Le Musée Matisse
En 1963 la Villa des arènes, une bâtisse génoise dont les premières fondations s’estampillent XVIIème siècle vient accueillir le Musée Matisse -prenant alors place au premier étage du bâtiment-.

- La Villa des Arenes et le site archeologique romain
Photo Ville de Nice
Pour la petite histoire, dès 1823, le Palais Gubernatis (du nom de Jean-Baptiste Gubernatis, consul de Nice et propriétaire de la modeste demeure) devient la Villa Garin de Cocconato qui en modifie l’extérieur et l’intérieur afin de les adapter aux commodités d’une maison bourgeoise. La maison se préserve jusqu’en 1923, année où elle est vendue à une société immobilière qui trouve là un terrain à investir. Quant à la ville de Nice, refusant de voir disparaître ce véritable chef d’œuvre d’architecture et d’histoire, elle en devient l’heureuse propriétaire dans les années 1950. La Villa des arènes devient un musée consacré aux fouilles archéologiques de la région. Et l’hommage à Matisse ? Il prendra forme définitive en 1993, après quelques années de réhabilitation. Une nouvelle aile est ouverte au public et la section Archéologie se dote de son propre espace, non loin du Musée Matisse ( le Musée et site archéologique de Nice-Cimiez).
Aujourd’hui la collection permanente se constitue de diverses donations, celle du peintre-même, de ses héritiers ainsi que des œuvres acquises par l’État. L’ensemble se porte à 68 peintures et gouaches découpées, 236 dessins, 218 gravures, 57 sculptures, 14 livres illustrés mais aussi 95 photographies, 187 objets ayant appartenu au peintre que complètent sérigraphies, tapisseries, céramiques, vitraux et divers documents. Des expositions temporaires sont organisées chaque année. Elles donnent lieu à des cycles de conférences et à des projections de films d’art.
On retrouve les plus belles créations du peintre dont les gouaches découpées de la fin de sa vie, Le Nu Bleu IV (1952), Jazz- Icare (1942). Une section du site présentant la collection acquise au fil des donations renvoie aux créations réalisées pour la chapelle du Rosaire de Vence. Études préparatoires et dessins ponctuent une collection déjà riche en matière.
Des activités toute l’année
Le Musée Matisse c’est également des lectures, des concerts, des représentations théâtrales suivant le thème de l’exposition temporaire. Des cycles de rencontres littéraires et poétiques ainsi que des conférences sont parfois programmées dans l’auditorium du musée. Régulièrement des événements mettent en avant le travail d’une période de création d’Henri Matisse, ou rendent hommage à l’ensemble de son œuvre.
Cette année et jusqu’au 31 Mai 2010 place à Robert de Niro Sr. (1922-1993), père du célèbre acteur et peintre de l’abstraction à ses débuts. Marqué par l’influence d’artistes européens, dont celle de Matisse, il crée dans son atelier New-yorkais des œuvres figuratives, dont de nombreux modèles féminins dans des intérieurs, des paysages et des natures mortes, que complète une série de grands dessins noirs et blancs. Le musée Matisse a choisi de présenter l’œuvre de Robert De Niro, Sr. pour répondre à sa vocation, celle de faire connaître l’œuvre de Matisse et cela dans l’esprit du peintre et de sa famille. La peinture de Robert De Niro, Sr. entre en relation avec l’œuvre de Matisse par certaines compositions et affirmations graphiques du dessin et de la couleur. Une partie des objets personnels de Matisse, conservés au musée et faisant partie de la genèse de nombreuses œuvres du peintre, sera présentée parmi les peintures et les dessins de Robert De Niro, Sr., permettant de faire se croiser le regard porté sur l’œuvre de Matisse et celle de l’artiste américain.
Œuvres présentées : 91 pièces
13 photographies
35 peintures (modèles dans un intérieur, nature mortes et paysages)
23 dessins
3 sculptures
18 objets et mobiliers ayant appartenu à Matisse.
Informations Pratiques
MUSEE MATISSE 164, Avenue des Arènes de Cimiez 06000 Nice Tél : (+33) (0)4 93 81 08 08 (renseignements) Tél : (+33) (0)4 93 53 40 53 (conservation) Fax : (+33) (0)4 93 53 00 22 e-mail : musee.matisse@ville-nice.fr http://www.musee-matisse-nice.org/ HORAIRES 10H00 à 18H00 Fermeture hebdomadaire le mardi et certains jours fériés : 25 décembre, 1er janvier, 1er mai, dimanche de Pâques
TARIFS
Liberté d’accès aux collections permanentes et aux expositions.
Visite guidée :
Individuels : 5 € tarif adulte / 2,50 € tarif réduit
Groupes : 65 € tarif adultes / 20 € tarif scolaires
ACCES
Piétons :
4 accès au parc :
av. des Arènes de Cimiez
bd de Cimiez
av. du Monastère
place du Monastère.
Accueil individuels : entrée par la villa rouge
Accueil groupes : entrée par les escaliers de la partie moderne du musée
Personnes à mobilité réduite : Se signaler à l’accueil individuels
lundi 12 avril 2010 , par
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