EXPOSITION TEMPORAIRE
prec suivMicheau-Vernez : Alchimiste de la couleur
Par cette exposition au Musée d’Art et d’Histoire de Provence, la Ville de Grasse a souhaité rendre hommage au peintre Robert Micheau-Vernez qui fut citoyen de la cité durant une douzaine d’années.
Musée d’Art et d’Histoire de Provence 2 rue Mirabeau – GRASSE 2 Mai – 10 Juin 2011
Brestois d’origine, il enseigna le dessin au collège de garçons de Grasse de 1947 à 1956. La confrontation à la lumière chaude des rivages méditerranéens, contrastant avec les doux coloris de sa Bretagne natale, va le conforter dans la voie qu’il a choisie. Il note dans son journal y avoir réalisé des progrès sérieux dans la sonorité des couleurs.
Il marqua, par sa forte personnalité, toute une génération de jeunes élèves à laquelle il ouvrit l’esprit au monde de l’Art. Bien peu se doutaient de son activité, en parallèle, d’artiste-peintre, alchimiste de la couleur, mais aussi d’homme aux talents multiples, sculpteur, céramiste, dinandier d’art…
Simon Guérin, président de la récente association d’anciens élèves créée à l’occasion du centenaire de l’ancien collège devenu Lycée Amiral de Grasse, nous confirme que nombreux sont ceux qui, se rappelant de leur professeur, viendront découvrir avec émotion les oeuvres de Micheau-Vernez qui a aimé Grasse autant que sa Bretagne natale, au point d’y revenir quelques années après, à l’heure de sa retraite.

- Yachts à Cannes, 1977, huile sur toile, © Association R. Micheau-Vernez - Photographie Jean Noël Vinter
Par cette exposition, le Musée d’Art et d’Histoire de Provence participe au mouvement de reconnaissance de cet artiste d’une grande modernité, disparu il y a seulement une vingtaine d’années et trop méconnu.
Dès l’enfance, Micheau-Vernez a choisi d’être peintre
Ce n’était pas une passion, mais bien une vocation. Il restera toujours fidèle au regard qu’il a, dès le début, porté sur la couleur du monde qui l’entoure. Donner à voir aux autres, recueillie sur des toiles, cette vibration qui l’a définitivement ému. Ainsi sa peinture a pour seul sujet la couleur, quelqu’en soit le prétexte apparent. Diplômé de l’Ecole des Beaux-Arts de Brest en 1926, puis médaillé de l’Ecole régionale des Beaux-Arts de Nantes en 1928. Le jeune homme est reçu la même année à l’Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris dans l’atelier de Lucien Simon, avec qui il travaillera jusqu’en 1930. Il suit, en parallèle, les cours des ateliers d’Art sacré de Maurice Denis. Plus tard, ses maîtres, complémentaires, seront Cézanne, Gauguin et Bonnard. Technicien du mariage des couleurs, il s’essaie aux audaces de nouvelles harmonies que l’on sent raisonnées dans une construction toujours originale. Ayant passé son professorat de dessin par nécessité, après avoir occupé plusieurs postes, il est nommé au collège de garçons de Grasse en 1947 et s’installe aux Chauves à Magagnosc, puis en janvier 1949, aux quatre Chemins à St-Antoine. Il réalise alors huit panneaux décoratifs pour la salle à manger du collège qui sont installés en avril 1955 et dont certains sont toujours conservés dans l’établissement devenu lycée Amiral de Grasse. Durant son séjour à Grasse, il préside et anime l’Amicale des Bretons, jouant volontiers de la cornemuse à l’occasion de leurs festivités. En juillet 1956, il quitte Grasse pour la Bretagne. En retraite, il revient s’installer à Magagnosc jusqu’en 1971, puis à Cannes où il réside jusqu’en 1984. Vers la fin de sa vie il retourne vers sa région d’origine et se fixe au Croisic où il demeure jusqu’à son décès. Tout au long de sa vie, esprit curieux, artiste pluridisciplinaire, Micheau-Vernez s’adonne, dans la plus grande discrétion et avec un réel bonheur, à d’autres techniques : dessins, illustrations, sculptures, faïences, affiches, vitraux, icônes, décorations…
Mais d’où sort-il celui-là !
Telle est l’exclamation d’Armand Drouant, célèbre galeriste du Faubourg Saint- Honoré à Paris, lorsqu’il découvre, en 1977, les oeuvres de Micheau-Vernez auquel il consacre, l’année suivante, une exposition. Mais, malgré les encouragements et l’insistance d’André Parinaud, alors directeur de la revue La Galerie des Arts, qui voyait en lui l’un des plus grands coloristes de la seconde moitié du XXème siècle, Micheau-Vernez n’exposera plus. Ce n’est que quelque 30 ans plus tard, en 2009, que le conservateur en chef des musées du Morbihan le redécouvre et lui consacre une exposition rétrospective assortie de la parution d’un ouvrage d’art.
Témoignages
Il est peu d’existence plus discrète, plus secrète dans la simplicité que celle de cet artiste et d’oeuvre plus éclatante de couleurs, de soleil et de jeunesse. Sa peinture proclame l’assurance, la force, elle est structurée, affirmée, fougueuse. Chaque touche capte la lumière avec une qualité de précision technique qui montre la sûreté de la main. Ce sont des pépites de soleil enchâssées par un magistral sertisseur. (André Parinaud, critique d’art). Alchimiste de la couleur, il en a pénétré tous les mystères. Peintre de la forme, il en reconstitue les termes avec un art confirmé, procédant par juxtaposition de tâches de couleur pure, appliquées au couteau, dans un style très personnel, relevant d’un tempérament fort, optimiste où le mouvement est mû par un geste musical qui nous transporte dans un monde sur lequel règne le soleil. Un talent sûr, une âme profonde, une science faite de recherches et d’expériences. » (Jacques Dubois, critique d’art à la Revue l’Amateur d’Art).
Entrée gratuite
mardi 29 mars 2011 , par

























