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Loic Swiny, designer « palmé »/ Mr SweeeN, artiste fétiche

 Loic Swiny, designer « palmé »/ Mr SweeeN, artiste fétiche

Son talent créatif préfigure sa vocation artistique


Ce n’est pas sans étonnement heureux, que Loïc Swiny reçoit son prix des mains de Marie-Chantal Di Martino - Dhoste Présidente de Fenêtre sur Com’ et de David Lisnard, Président du jury des Palmes de la Communication qui se sont déroulées au Palais Acropolis le 16 septembre 2010. Le professionnel a fait l’unanimité dans la catégorie Marketing Relationnel avec la campagne de communication visuelle réalisée pour Guillot Viandes.

Habitué de cet événement annuel organisé par Fenêtre sur Com, Loïc Swiny a profité de l’ouverture de la compétition aux professionnels indépendants pour tenter sa chance. Il réalise un tour de force créatif en remportant le trophée dès sa première participation en compagnie d’importantes agences de communication azuréennes. Il faut dire que « valoriser un produit aussi particulier a été un défi singulier, mais… chaque occasion est l’occasion. » plaisante le lauréat.
Comme pour la photo, sa singularité consiste à parier sur l’opportunité et l’heureux hasard que peut représenter l’artefact. « Je marche à l’erreur ; cette dernière peut produire les rendus visuels les plus intéressants. »

Le parcours de Loïc Swiny n’est pourtant pas le fruit du hasard. Au début des années 90, ce passionné d’art contemporain à la forte inclination pour les arts appliqués embrasse la carrière de maquettiste publicitaire qu’il complète par quelques interventions d’illustrateur fresquiste. Cette activité lui confère ses premières lettres de noblesse dans le domaine de l’art grâce à ses performances en « live painting ».

Ses recherches inspirées du mouvement "Figuration Libre" sont marquées par l’influence des travaux de Robert Combas et Hervé Di Rosa. Deux expositions présentant ses travaux les plus aboutis verront le jour. L’essor d’un internet démocratisé fait prendre à sa carrière un virage vers les nouveaux médias. Il se consacre alors à la direction artistique multimédia. Quinze ans d’expérience en agences et un coup du destin lui remettent son premier boitier reflex numérique entre les mains. « Mon premier boitier, je l’ai récupéré dans une agence ; un Canon 300D qui tombait en désuétude ».

Refusant de suivre le cheminement classique du photographe amateur, il monte un premier projet autour de l’univers fétichiste pour lequel il a déjà quelque intérêt. La « maitresse domina » en fil rouge, « Vierges de Cuir » fera école ; après une première série de tests prometteurs il développera la série. Empruntant à l’iconographie orthodoxe, cette tentative de sacralisation de la Femme fetish par l’image a une ambition : dédiaboliser l’univers fétichiste par l’analogie religieuse. Grâce à la collaboration de l’agence Réalis et de la galerie Fotografista, le projet aboutit et fait l’objet d’une première exposition.

Sa photographie anoblit l’univers fétichiste et sublime la scène musicale

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Alive

C’est sa consommation boulimique de tous styles musicaux et l’étendue de sa culture en la matière qui va nourrir son nouveau territoire de recherches.

Chose faite à l’invitation du groupe Punish Yourself, qui le « jette dans la fosse ». « Mon grand drame est d’être né sans aucun talent musical. La photographie compense cette ambition contrariée. Vivre le moment scénique derrière l’objectif est n véritable exutoire. » Par la suite, Alec Empire, Client ou encore Bauhaus et Ministry, entre autres, rejoindront son « tableau de chasse ». L’affinité guide ses choix. « En général, je consomme la musique que je photographie : The stooges, PunishYourself… ou des génies comme Marcus Miller et Maceo Parker ou Benjamin Biolay et Christophe ; mais avant tout, je veux être un vecteur de la musique que j’aime. Je soutiens la nouvelle génération et le développement des groupes locaux, qui sont souvent des amis comme Chevelure, les Dead Clodettes, My Diet Pill, Kazan, Outcrossed… »

Dans la photographie de scène, la méthode de l’artiste est imposée par l’énergie de son sujet. « On ne photographie pas Iggy Pop comme Marcus Miller. Une fois la proposition connue, il faut savoir se faire petit pour sortir au bon moment comme un poilu dans la tranchée. Une quantité non négligeable de prise de vue est parfois nécessaire pour obtenir une photo signifiante. » Sa signature : le marquage du détail par un jeu de contraste du noir et du blanc à la manière de Frank Miller, artisan contemporain du renouveau du comics.
Mr SweeeN trouve également beaucoup d’inspiration chez Stéphane Burlot, référence de la photo de scène. Il sublime le rendu brut et créé une mythologie autour de son sujet pour mieux se distinguer de la photo de presse souvent descriptive et sans narration.

« Ce qui me motive c’est l’idée d’être un jalon qui construit l’histoire de la scène rock »


Zone Rouge, sa première publication complète, est présentée au M.U.S.E.A.A.V de Nice en 2008 dans le cadre du septembre off de la photo. Ce groupement de photos est la compilation de débordements festifs sur une période de 10 ans. Du délirium tremens à la transe collective, le projet borderline donne à voir l’être humain à la limite de la dignité.

Séduit par le potentiel du lieu d’exposition, il continue à collaborer avec le M.U.S. E.A.A.V. pour la présentation de sa seconde publication, aLIVE, regroupant une sélection des meilleurs tirages scéniques couverts depuis 2006. « Le Muséaav a parié sur mon travail. Cet espace d’art contemporain donne sa chance à tous : nul besoin de réseau, ou d’appartenance à une école. Seule la qualité compte pour Nelda Goglio et son équipe. ». Car l’exigence et l’approche à la fois intuitive et intéressée est sous-jacente au travail photographique de Loic Swiny.

Dans la photographie de scène, la méthode de l’artiste est imposée par l’énergie de son sujet. « On ne photographie pas Iggie Pop comme Markus Miller. Une fois la proposition connue, il faut savoir se faire petit pour sortir au bon moment comme un poilu dans la tranchée. 400 à 500 shoots sont parfois nécessaires pour obtenir une photo signifiante. Il n’y a aucune garantie ! » Sa signature : le marquage du détail par un jeu de contraste du noir et du blanc à la manière de Franck Miller, grand artisan du renouveau du comics.

Mr SweeeN trouve également beaucoup d’inspiration chez Stéphane Burlot, référence de la photo de scène. Loic Swiny sublime le rendu brut et créé une mythologie autour de son sujet pour mieux se distinguer de la photo de presse souvent descriptive et sans narration.

Joel Peter Witkin, ses mises en scènes morbides et ses assemblages d’objets baroques, Juergen Teller, raconteur d’histoire et son style faussement ordinaire, Chas Ray Krider et son Motel Fetish ou David La Chapelle et son œuvre empreinte de surréalisme et de pornographie… Loic Swiny utilise aussi les ressorts de la photographie de l’univers fétiche autant que celui de la mode pour ses projets artistiques.

C’est un artiste D-Formé

Après Zone Rouge, le besoin de repartir en studio fait émerger son second projet d’art autour de l’univers BDSM. Avec « PandoreS » il retrouve son thème de prédilection ; plus qu’avec appétit il l’explore avec gourmandise. Après la sacralisation de la femme fétish, Loïc Swiny s’essaie à l’objectivation en mettant en boite une dizaine de modèles dont une, « V.Drey », artiste performeuse SM internationale. « Canal + a récemment utilisé un concept identique pour la promotion de sa nouvelle série Maison Close ». Une similarité d’approche troublante pour Loic Swiny même s’il concède qu’ « être copié c’est être le premier ».

Mais ce travail autour de la fétichisation (attribution d’une valeur sexuée) de ses propositions rencontre la frilosité des musées et galeries et PandoreS peine à trouver l’hospitalité des cimaises sur la French Riviera. C’est d’ailleurs grâce à l’exposition collective « D-form » (émanant du collectif éponyme) que le projet est présenté au public.

Loic Swiny, photographe météorite de sa génération ne se reconnait finalement dans aucune école ou mouvement. Iconoclaste jusqu’au bout du bouc, Mr SweeeN tient à rester un électron libre. D’où sa réserve au premier contact avec les artistes Michael Lasserre, Tilia Weevers, Priscille Cayuela et Olivier Truong qui montent le collectif et cherchent, à l’époque, un « partner in crime » ad’hoc à leur univers. PandoreS officialise la rencontre artistique entre le photographe et les « d-formés ».. D-Form réunit des artistes inclassables et pluridisciplinaires. Les propositions du collectif dépassent la composition plastique, puisent dans l’expérimentation sonore, le multimédia, la couture ou la danse… « Avec Olivier, Priscille, Mike et Tilia, nous sommes une bande de « freaks fréquentables ».

Grâce aux Palmes de la communication, il connait un regain d’activité. « Avec 3 pôles d’expression, je rappelle que je suis aussi enseignant par ailleurs, je suis un homme comblé. » ; et quand on lui demande ce qu’il pense de l’art sur la Côte d’Azur, sa réponse est pourtant sans ménagement « L’intelligentsia artistique contemporaine est un sérail impénétrable sans réseau d’influence voire de lobby ; aujourd’hui avant d’être artiste il faut avant tout disposer d’une valeur marchande. Seuls quelques lieux d’exposition, comme le Muséeav, résistent encore aux diktats. »

Produire un travail consensuel et édulcoré, Loic Swiny s’y refuse quitte à admettre sa limite. Une personnalité anticonformiste et une attitude « Do it Yourself » empruntée au mouvement punk des années 70 vaut à l’artiste la bouderie d’une partie du milieu artistique local. Qu’importe, voici une raison supplémentaire, s’il en fallait, de faire de Loïc Swiny votre artiste fétiche.

Feuilletez dès à présent le recueil digital de Mr SweeN et découvrez l’univers du photographe sur :
www.sweeen.com/photo
www.myspace.com/mrsweeen

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