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Affichage sauvage et passion légale

Le 21 Juillet prochain, le Street Art mondial fête ses 40 ans du premier graffiti répertorié, à l’époque par le New York Times. Depuis 1971, les démarches des artistes ont évolué, ainsi que leur consentement avec la société. Pour nous c’est un Art : nous vous faisons découvrir le Street Art par les yeux des acteurs contemporains à Banksy.

Reportage realisé par Alina Gavril pour Art Côte d’Azur

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Engagée et complexe à réaliser, l’art de la rue emprunte plusieurs médiums, souvent indéchiffrables à l’oeil public. De la signature « tag » aux dessins muraux en 3D, le Street Art mérite bien son évolution artistique à travers les années. Ce qui est remarquable, c’est la passion de ces artistes qui donnent de leur créativité dans un jeu de cache-cache avec la société. Avec le phénomène Rue-Stick, le Street Art connaît un nouveau stratagème, celle d’accueillir aussi indoor un mouvement placé jusqu’à présent hors les murs. Rue-Stick se définit comme une exposition collective qui s’invite, par surprise, sur les murs des villes ou dans les espaces d’art, comme au Museaav à Nice. Externalisé à Puteaux ou à Paris, le rendez- vous rassemble d’édition en édition un nombre croissant d’adeptes du collage, de l’affichage, des pochoirs, tant de pratiques fusionnées en un seul lieu. Ce projet veut faire en sorte que l’art urbain ait une visibilité inespérée, et ainsi montrer au public amateur certaines figures de Street Art, regroupant les artistes qui utilisent les bombes aérosol, l’affiche, le sticker, le pochoir ou la peinture. L’organisateur niçois Nicolas Scauri ou Skio se dédie à 100% à son concept encore timide, autour des passants sollicités par de nouveaux types de messages. N’ayez pas peur d’engager librement la discussion avec les artistes, ils seront prochainement devant les murs de votre quartier !

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© Mr OneTeas Anthony Alberty / Membre des collectifs Los Gringos, Nimizero, 711, 065

La rue, espace institutionnel

Dans la région, comme partout où le Street Art a la côte, les adeptes font partie des groupes, des crew, reconnaissables par leur vision et leur pratique. Ariane Pasco est une des quatre fondateurs de Nice-Art : « C’est le nom que nous avons donné à notre groupe de pochoiristes. Au départ, en 1986, nous étions quatre, venant de Nice, mais nous nous sommes rencontrés à Paris  ». Graffiti, collages, performances, tant de notions qui sont convergents à l’art urbain. Quant au pochoir, il est avant tout une technique, qui permet de composer vite une oeuvre des plus grandes tailles. « On joue avec les couleurs, les répétitions, le lieu, le mur, la lumière ou avec d’autres graffitis pour composer un tableau qui intègre tous ces éléments. La technique n’est pas nouvelle, comme le montrent les panneaux de mains négatives de Gargas. Ce n’est que récemment que le pochoir est devenu un mouvement artistique, avant il était réservé plutôt à des affiches sans papier, aux slogans politiques ou à des techniques décoratives, comme la peinture sur tissu ou sur céramique ». Qu’en est-il de l’utilisation de l’espace public par les Street Artistes d’aujourd’hui ? « Il y a une créativité immense, à Paris comme en province, en Europe et dans le monde, au Chili, au Brésil, en Italie...

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Collage d’un pochoir de Rimbaud dans les rues de Charleville Mézières en novembre 2010

Les territoires urbains se répartissent selon des lois non écrites et s’organisent. Les mus autorisés sont rarissimes, l’occupation est donc sauvage, mais nous, les pochoiristes, nous choisissons nos murs très sagement, en respectant les lieux et en évitant si possible les dégradations. Les collagistes ont une démarche très similaire. On veut faire du beau et non dégrader ». Dire que la rue constitue un espace public, cela suppose de dépasser l’image du vandalisme qu’on a sur l’acte de l’art urbain. Souvent, le public d’aujourd’hui est admiratif et très fidèle. « Les gens font des kilomètres pour assister à des performances ! Par contre, le public occasionnel, les curieux, les badauds qui viennent regarder les artistes peindre ont parfois des réactions surprenantes. On a parfois l’impression d’être montrés comme des animaux de zoo : «  tiens voilà les artistes… ». Quant à l’avenir de ce groupe de pochoiristes, Ariane Pasco se fait la porte-parole d’une démarche particulière  : « nous collons des vinyles peints dans les rues (photo du vinyle des Cure dans le 11°) partout où nous allons, dans l’optique de se les faire voler, pour susciter chez le passant une démarche artistique transgressive (voler une oeuvre c’est lui accorder une valeur proportionnelle à la transgression). Puis nous demandons de nous raconter l’histoire de cette oeuvre... » C’est ainsi qu’ils ont retrouvé la trace de vinyles qui ont voyagé de Paris aux Etats Unis ou au Canada.

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Vinyle , portrait de Robert Smith peint et collé en 2009 dans le 11°, rue de Lappe

De la passion pacifique aux oeuvres caritatives

Mr OneTeas alias Anthony Alberti est à 26 ans, un autodidacte attiré par l’Art. Il a débuté comme tout artiste urbain qui se respecte en mettant de la couleur dans les rues ou sur des sites abandonnés. Il est arrivé dans très peu de temps à se partager entre sa première passion et les expositions monégasques, autour des performances à l’aérosol.

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Une parte des oeuvres de Mr OneTeas Anthony Alberti © A.G

Touche à tout, son art mêle aérosol, acrylique, pochoirs, photos, collages et résine sur des supports toujours plus variés : toile, corps, voiture, façade et murs. Depuis son premier graffiti en 2005, il apprend constamment à se dépasser, dans un monde où tout n’est pas vandalisme. « Pour moi, c’est aller plus loin, avoir toujours une recherche dans l’urbain ». Adepte du lettrage, autre forme de Street Art, Anthony a cherché « une ouverture vers les autres », sentiment qui l’inspire et le motive. « Une connexion extraordinaire  » c’est comme ça qu’il définit la relation avec les membres de son crew mais aussi avec son public. Il connaît son talent et il n’en doute pas. Aucune hésitation pour ses crew de se dédier également aux actions caritatives, chose rare dans ce milieu de l’Art. Comme dernièrement, il est parti à Nantes afin de créer sur place une oeuvre vendue aux enchères, au profit des maladies orphelines. Sur les toiles, Anthony n’hésite pas à rendre hommage à ses icônes, comme Keith Harring, l’un des premiers Street Artistes new-yorkais ou sans complexe à Michel Ange, dans une composition renversée à 90° afin de pointer une société trop individualiste. Parmi les techniques qu’il utilise aujourd’hui en dehors des murs abandonnés il y a notamment l’aérosol sur palette de bois perforée, afin de s’auto définir comme « street artiste de nouvelle génération ». Vous l’avez même remarqué lors de l’Eco Art Parade 2009 à Monaco avec son aigle « Hawkology » toujours au profit d’une association. Aujourd’hui il même appelé à peindre les palissades des chantiers en construction, rendons au Street Art ce qu’il mérite ! In fine, Anthony Alberti nous change les idées quant à la passion : il n’a pas de limites, « toute ma vie j’aurais envie de peindre ». Prochainement, il se dédiera à la promotion d’artistes d’art urbain, en hommage aux collègues de ses crew.

Le Street Art prend certes son inspiration dans la rue, ses adeptes sont quant à eux libres d’expression dans l’espace public choisi, qu’il soit les murs, les galeries, les musées. « On a du sang neuf, des visions nouvelles, de nouveaux matériaux, de nouveaux moyens de communication et de nouvelles inspirations ». On vous l’accorde !

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"Culture Shock", 80x80 cm, Mr One Teas Anthony Alberty

mercredi 13 juillet 2011 , par Alina Gavril

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