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Fin de cet événement Octobre 2017 - Date du 23 juin 2017 au 15 octobre 2017

Au Musée Masséna, « Nice à l’école de l’Histoire » !

Des premiers habitants du site préhistorique de Terra Amata aux touristes de la Promenade des Anglais, Nice, depuis 400 000 ans, a toujours été présente au grand rendez-vous de l’Histoire. Portrait d’une ville et de son territoire, cette exposition "Nice à l’école de l’Histoire" est proposée dans le cadre de l’exposition-événement « Nice 2017. Ecole(S) de Nice » sous le commissariat de Jean-Jacques Aillagon.

Cinq chapitres composent une véritable galerie du temps : de l’invention du feu à la colonie grecque, de la conquête romaine aux Invasions barbares, de la christianisation à la Provence terre de France ou d’Empire, de l’invention du tourisme à la mondialisation, des deux guerres mondiales au 14 juillet 2016.
Cette exploration de quelques millénaires d’histoire de Nice constitue son musée
imaginaire, un musée où se rencontrent des chefs-d’œuvre de toutes les époques,
soulignant la singularité du destin de cette grande ville méditerranéenne.

En contrepoint de l’exposition du MAMAC « À propos de Nice : 1947-1977 » qui évoque un moment de l’histoire de l’art où Nice a « fait École », l’exposition du musée Masséna explore, sur la longue durée, quelques-unes des séquences où Nice a été au rendez-vous de l’histoire du monde de façon significative.

L’histoire de Nice plonge ses racines dans la préhistoire. Il y a 400 000 ans, l’Homme, sur une plage du site de Terra Amata, domestiquait le feu.

Quelques centaines de millénaires plus tard, une autre invention allait bouleverser le destin de Nice, « l’invention de la Méditerranée » par les Grecs, qui fondent sur le rivage niçois une colonie qui devait s’avérer durable, celle de Nikaïa.

La puissante Rome va installer sur ce territoire une cité, Cemenelum (Cimiez), qui fixe le destin urbain de l’agglomération niçoise, actuellement la cinquième ville de France.

Jean Gilletta, Nice, La plage, ca 1925, Photographie noir et blanc, tirage
argentique sur papier baryté, 23,6 x 29,6 cm, © Jean Gilletta, Collection du
Musée de la Photographie Charles Nègre, Inv. 1997/002/007

Autour de Cemenelum se forme un territoire qui court de la mer à la montagne, la province des Alpes Maritimae dont le département actuel porte toujours le nom. Les
civilisations celto-ligures autochtones se fondent peu à peu dans ce nouveau cadre. Le brassage qui s’opère alors dessine un trait de caractère singulier et durable de la ville, celui de la rencontre des cultures que le cosmopolitisme du XIXe siècle redynamisera de façon spectaculaire. Le christianisme se glissera dans ce cadre territorial et fixera, pendant plusieurs siècles, un horizon spirituel à cette ville la faisant ainsi participer à l’une des grandes aventures culturelles européennes.

Vue de l’exposition "Nice à l’école de l’histoire", L’invention de l’Europe, Le ciment
de la foi, 2017 © Julien VERAN

Depuis les « Invasions barbares », quand Wisigoths et Ostrogoths se partagent son territoire, jusqu’au rattachement du comté de Nice à la France, en 1860, Nice ne cesse de balancer entre les systèmes politiques dominants de l’Est et de l’Ouest, entre le Royaume et l’Empire, entre la Provence et la Savoie qui devient le royaume de Piémont-Sardaigne puis, entre la France et l’Italie. Nice conforte ainsi le caractère d’une ville de marche, d’une ville frontière, mais aussi d’une ville de rencontres et de
confluences. Des années 1760 à 1960, la ville se développe spectaculairement grâce à « l’invention du tourisme », puissant phénomène de civilisation.

Apparaît ainsi une ville nouvelle dont Nice propose aujourd’hui l’inscription sur la Liste du patrimoine mondial.

Ces rencontres avec l’histoire ont forgé le caractère de la ville. Les moments graves qu’elle a vécus au XXe et au XXIe siècles n’ont pas éteint sa « joie de vivre » pour reprendre le titre d’une œuvre célèbre d’Henri Matisse qui a réalisé une bonne partie de son œuvre à Nice.

L’exposition propose une exploration de quelques millénaires de l’histoire de Nice et en souligne les articulations avec l’histoire générale, elle constitue l’esquisse d’un portrait de la cité où se rencontreront des chefs-d’œuvre de toutes les époques.

Au fil des chapitres de l’exposition, sur l’intégralité du 2e étage du musée Masséna, plus de 200 pièces, des chefs-d’œuvre les plus insignes aux fragments archéologiques les plus émouvants, jalonnent une galerie du temps offrant un parcours passionnant et raisonné dans l’histoire de Nice et de son territoire.

Cette chronologie, minutieusement scénographiée, conduira le visiteur à découvrir des œuvres diverses.

C’est ainsi, que dans le premier chapitre consacré à « l’invention du feu », un galet préhistorique biface, symbole de l’histoire de l’humanité émergente, il y a plusieurs centaines de milliers d’années, côtoiera les œuvres d’artistes du XXe siècle comme le célèbre
Feu d’artifice à Nice de Raoul Dufy, la revue Les Miroirs Profonds, Pierre à feu illustrée par Henri Matisse ou encore Les Silences de la fumée de Noël Dolla.
Dans le deuxième chapitre, du matériel archéologique illustrant la présence grecque à Nice côtoiera la Méditerranée d’Aristide Maillol, un Grand olivier de Louis Cane ou La cueillette des oranges à Cimiez de Berthe Morisot.
La rencontre entre Rome et les populations CeltoLigures, de l’arrière pays méditerranéen, sera richement illustrée dans le troisième chapitre dédié à « l’invention de la cité ». Il présentera une merveille de l’art du Haut-Empire romain, l’Hermès
bicéphale de Fréjus, qui fera face au Masque Tragique de Paul Tissier, monumentale
représentation de l’Antiquité dans les fêtes mondaines à Nice au début du XXe siècle. Il se conclura sur une photographie de Nice « blottie entre la Méditerranée et les contreforts des Alpes maritimes », prise par Thomas Pesquet, astronaute français de l’Agence spatiale européenne depuis la Station Spatiale Internationale.

Telle l’échelle de Jacob montant vers les cieux, cette aventure dans le temps se poursuivra par des œuvres évoquant l’irruption, dans l’horizon de la culture européenne, de la foi chrétienne, de l’espérance du salut et de l’attente du ciel. Pendant près de deux millénaires, cet horizon va modeler le paysage des villes et des campagnes, celui de Nice, si riche en chapelles, églises, coupoles et cloches relève de cette grande aventure collective. En témoignent un chapiteau de l’ancienne cathédrale de la colline du Château, les prédelles d’un retable de Ludovico Brea ou encore la maquette de l’église moderne Jeanne d’Arc.

Remontant le cours de l’histoire et celle d’un territoire tiraillé entre l’Est et l’Ouest, des bijoux wisigothiques et ostrogothiques voisineront, dans le cinquième chapitre, avec l’œuvre de Sebastiano Ricci (1659-1734) représentant le « Congrès de Nice » et son célèbre rendez-vous manqué, en 1538, entre François Ier et Charles Quint, une
statue équestre de Louis XIV qui fit bombarder la ville et d’autres pièces exceptionnelles comme l’original du Traité relatif à la réunion de la Savoie et de l’arrondissement de Nice à la France prêté par le Ministère des Affaires étrangères.

Achille Clément (attribué), Les premières régates à Nice en 1879, 1879, France,
paris, Musée national de la Marine, © Musée national de la Marine / A. Fux

Enfin, le sixième chapitre, consacré à « l’invention du tourisme » montrera aussi bien une toile représentant Les premières régates à Nice d’Achille
Clément qu’une série de cannes du XIXe siècle ou un maillot de bain des années 1930 suggérant l’émergence, à Nice, d’une ville cosmopolite dédiée à la villégiature aristocratique et climatique puis à ce qu’on appellera communément le tourisme, et dont la Promenade des Anglais, peinte par Angelo Garino et photographiée par Martin Parr, devait devenir le symbole mythique.

Cette exposition s’appuie sur les ressources des collections des musées et institutions municipales qui ont contribué, chacune avec leur spécificité, à ce portrait historique et artistique. À ce patrimoine local s’ajoutent les prêts exceptionnels consentis par une cinquantaine de musées, d’institutions et de collectionneurs particuliers de France et d’Europe.

Exposition présentée au Musée Masséna dans le cadre de « Nice 2017. Ecole(S) de Nice »
Commissariat : Jean-Jacques Aillagon, assisté d’Aymeric Jeudy
Scénographie & conception graphique : Kristof Everart & Marcel Bataillard

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