| Retour
Dark Circus : fable inventive et onirique qui a séduit le public à Anthéa

Dark Circus : fable inventive et onirique qui a séduit le public à Anthéa

Non ! Ce n’est pas un cirque qui présente ses exploits sur scène ! « Dark Circus » est le nom d’un funeste cirque dont l’histoire est contée par le duo STEREOPTIK. Avec des bouts de ficelles (ou à peu près !) et beaucoup d’imagination, deux copains complices, Romain Bermond et Jean-Baptiste Maillet, ont créé un merveilleux spectacle insolite qu’ils ont présenté à Anthéa les 30 mars et 1er avril.

L’un musicien et l’autre plasticien, ils déroulent en direct les sinistres aventures de ce cirque en noir et blanc dont l’intention est de rendre tristes les spectateurs, petits ou grands.

Sa pub : « Venez nombreux, devenez malheureux ! », car tous les numéros ratent sous son chapiteau et les artistes meurent !

L’acrobate volant tombe de son trapèze, le dompteur est avalé par le lion, le lanceur de couteaux n’évite pas sa cible... Le clou du spectacle est un cheval qui joue d’abord à saute-moutons en enjambant des... moutons, puis galope tant et plus jusqu’à s’enfuir au-delà des montagnes.

Tout vire à la catastrophe dans ce petit cirque noir !

Aidé par un habile technicien, Arnaud Viala, les deux compères sont placés chacun d’un côté du plateau tout au long du spectacle : l’un interprète de la musique en live, parfaitement rythmée pour s’accorder avec les dessins que l’autre exécute au fur et à mesure afin d’être aussitôt projetés sur un écran au fond de la scène. Ce n’est cependant ni du dessin animé ni du cinéma muet. Ces dessins instantanés - créés en direct sur la scène - se rapprocheraient davantage du théâtre d’objets ou de marionnettes. Le résultat est un univers poétique et intense par une simplicité qui nous enchante. Chacun peut prendre un plaisir enfantin grâce à cet art traditionnel et artisanal, réalisé grâce à des figurines, en carton ou en feutre, animées par une technologie de pointe.

Sous le crayon de l’artiste, apparaissent tout d’abord de sinistres barres d’immeubles d’une ville pas marrante, avant que surgisse le petit chapiteau. Puis, voilà des spectateurs lugubres qui arrivent, en défilant les uns après les autres, pour aller dans ce cirque dont le Monsieur Loyal semble fatigué et déprimé. Dès lors aventures et catastrophes sont au rendez-vous. Y aurait-il quelque magicien mal intentionné qui en serait responsable ?

Ce magicien c’est Pef qui, après avoir astucieusement déformé les mots dans son délicieux bouquin « La belle lisse poire du prince de Motordu », a écrit, spécialement pour ces deux artistes, l’histoire de ce cirque de bric et de broc.

Il a contrefait l’univers du cirque en détournant les numéros qui en font sa fierté. Cependant, le tout est saupoudré d’une bonne dose de malice !
Malgré les ratages et les drames qui en découlent, il y a de la douceur dans cette jolie fable drôle et futée qui se distingue par sa qualité graphique, sa narration et sa musique. Pour ce spectacle inventif et musical, magie et ingénieuses trouvailles ne manquent pas.
Dans cette histoire de destruction inéluctable, la couleur éclate soudain et mène l’histoire vers une superbe pirouette finale en faisant surgir un merveilleux moment d’onirisme : une balle rouge s’est échappée de la main du jongleur et va se nicher sur le nez du clown.
Depuis tous les clowns de la terre portent un gros nez rouge qui leur donne un air espiègle. Tout redevient joyeux et farfelu et l’audacieux cheval qui batifolait s’envole dans la galaxie du rêve. L’espoir luit. Happy end !
Caroline Boudet-Lefort

.

Photo de Une : DR Anthéa 2017

Artiste(s)

Romain BERMOND

C’est après un cours de perspective à l’école primaire qu’il se consacre aux arts plastiques. Il exposera dans diverses galeries parisiennes ainsi que dans plusieurs manifestations artistiques en France comme à l’étranger. Egalement musicien et percussionniste, il joue dans plusieurs formations, (...)

pub pub

Jean-Baptiste MAILLET

Jean-Baptiste Maillet intègre dès l’âge de sept ans un cursus musical aux conservatoires de Chatillon, d’Yerres et au conservatoire régional de Saint-Maur-des-Fossés, où il se forme à l’écriture classique et aux percussions, notamment au piano et à la batterie. Egalement élève de l’American School of (...)

pub pub