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Jean Mus, jardinier d’exception

- Jean Mus
- 66 ans
- Architecte-paysagiste
- Chantre du jardin méditerranéen Restaurer un jardin historique du Cap Ferrat ou créer de toutes pièces un jardin pour un complexe hôtelier et un parcours de golf de mille hectares en Grèce, inventer un jardin des senteurs pour un grand chef étoilé … Du Portugal au Maroc, en passant par les rivages de la Côte d’Azur ou de l’Espagne, Jean Mus est partout où fleurit le jardin méditerranéen.

« Je suis un jardinier … d’exception. A la fois dans l’humilité au quotidien et exigeant dans la création ».

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Jean Mus
© JCh-Dusanter

Poète inspiré autant que chef d’entreprise surmené, bonne humeur méridionale et allure de bon vivant, Jean Mus est aujourd’hui une sommité recherchée dans tout le pourtour méditerranéen et même au delà, parfois jusqu’en Suisse ou en Hollande, voire en Californie.

- Assurément il est né dans un chou, ou du moins dans un potager de la ville de Grasse, en 1942. Car il n’est pas devenu architecte-paysagiste par hasard : son père déjà était le « chef-jardinier » pour la famille de Croisset à Grasse, dans le célèbre jardin dessiné par Ferdinand Bac.Tout naturellement, il se forme à l’école du paysage de Versailles, puis sur le terrain dans la jardinerie des soeurs Schneider de Cannes. Avant d’ouvrir son agence à Cabris en 1966, qu’il dirige depuis plus de quarante ans, aidé de douze collaborateurs - géomètres, ingénieurs en génie civil, sculpteurs ou coloristes - sans oublier sa fille Florence à la gestion et organisation. Car architecte-paysagiste est un métier très complexe, qui demande de tenir compte à la fois du budget et des délais, des saisons et du climat : « on récolte ce que l’on sème. Les saisons nous jouent des tours … et heureusement ! ».

- A son actif, plus de mille jardins restaurés ou créés de toutes pièces, que ce soit pour de grands hôtels de la Côte - le Royal Riviera, le Château St Martin ou l’Hôtel du Cap - ou pour des particuliers, comme la Villa Fiorentina, une des plus belles propriétés de Saint Jean Cap Ferrat dessinée autrefois par Ferdinand Bac (elle appartiendrait à Hubert de Givenchy). Mais aussi un jardin des senteurs pour la Bastide de Moustiers d’Alain Ducasse ou plus récemment pour le chef de cuisine du Monte-Carlo Bay, jardin que Jean Mus conçoit comme un tableau aux couleurs multiples, alternant herbes aromatiques, salades, simples et racines, dans l’esprit des potagers provençaux du siècle dernier, où se côtoyaient l’art du jardin et celui de la cuisine. Car Jean Mus est un gourmand et un sensuel - il a d’ailleurs en projet un livre intitulé Le Sensualiste - qui aime la vie et devient « de plus en plus attentif aux parfums, à l’architecture des parfums ». Ce qui ne l’empêche pas d’avoir une passion pour la musique et le jazz en particulier, qu’on retrouve dans la « composition musicale d’un jardin ».

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© JCh-Dusanter

Exigeant sous des dehors bonhommes, jamais satisfait, il se remet en cause chaque matin, essayant de faire mieux chaque fois : « Mon métier est une vraie vocation : dessiner me repose, d’ailleurs je ne sais rien faire d’autre ».

- Jean Mus sait communiquer pour défendre sa profession, participant à des émissions de télévision et de radio, écrivant nombres d’articles voire des ouvrages dont le dernier s’est vendu à 45.000 exemplaires. Ne faisant jamais les choses à moitié, il se passionne actuellement pour le jardin méditerranéen, plaidant pour l’affirmation des territoires : « il y a une écriture méditerranéenne des jardins : ils ont la mer en commun, une mer capricieuse, riche en couleurs et parfums. D’où sans doute le tempérament versatile, exhalté des peuples ». Pour avoir beaucoup voyagé et vu de nombreux pays, il sait que « la France est le plus beau, et en particulier la Côte d’Azur, où se trouvent réunis « tous les ingrédients du bonheur ».

Heureux comme Jean Mus en Méditerranée !

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© JCh-Dusanter

Le jardin de la Côte d’Azur

« De style méditerranéen avec une touche toscane, un brin tropical, un zeste mauresque, le jardin de la Côte d’Azur a deux complices, la mer et le ciel, et leurs nuances uniques de bleus-verts et gris. A partir des ingrédients incontournables que sont l’olivier, le cyprès, l’amandier voire le figuier et les agrumes, parmi lesquels on peut inviter dans certains cas le palmier ou le pin d’Alep (originaire de Syrie), il faut ensuite ajouter l’élément musical, sous forme de fontaines, cascades, ruisseaux, bassins … et bien sûr les parfums - jasmins, galants de nuit, tubéreuses, géraniums odorants, orangers - qui participent de la sensualité. Sans oublier une dernière touche d’émotion avec l’art topiaire, quand le jardinier se fait sculpteur, et vous obtenez … le Paradis terrestre ! Car savez-vous ce que jardin signifie en arabe ? … Le paradis ! »

A lire

- Le jardin secret de la Méditerranée chez Flammarion avec Dane Macdowell-
- A paraitre prochainement : Minéral végétal avec Jean-Michel Wilmotte

mercredi 31 décembre 2008

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