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Gérard Taride : Dans le mille du Mass Market

Son « Happy Colt » à pois roses en témoigne, Gérard Taride est un enfant de la balle ! Plus sérieusement, c’est après avoir goûté au nouveau réalisme et au Pop Art que l’artiste multipistes embrassa une carrière de concepteur designer …

Plongez à 6 ans un fils de plasticien dans un bain créatif et il recevra une poussée égale au poids, etc. Car l’aventure qui a conduit Gérard Taride (né en 1963) au design débute avec la percée de l’Ecole de Nice. Son père sculpteur l’amène alors dans les vernissages de ses amis. De l’atelier Foutrac de Ben à celui « accumulatif » d’Arman, Gérard découvre les coulisses. « J’ai été bercé par l’univers d’Arman et de Farhi, les provocations de Fluxus, connu Sosno à ses débuts ». Sous l’influence de cette effervescence, l’ado fonde « Plein Sud », un groupe au sein duquel il évoluera comme batteur pendant 10 ans, le temps de quelques albums à succès. Quand l’aventure s’épuise, le trentenaire verse avec autant de passion dans la décoration, le cinéma, la photo de mode. Faisant son miel de toutes ces expériences, le design s’impose bientôt à lui comme la solution pour fusionner tous ces savoir-faire glanés à l’école de la vie comme à celle de son père, « aussi érudit en art plastique qu’en jazz ».

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Série Zaza (Découpes et impressions sur Plexi)

Gérard Taride crée alors le concept de l’enseigne XXL, 15 boutiques en France, dont la première ouvre en 1997 à Villeneuve-Loubet. « C’est là que j’ai commencé à dessiner du mobilier et des objets ». En 2008, il se retire et conçoit avec sa société « Pure design » la scénographie de bon nombre d’événements comme « Le salon de la décoration » à Nice Etoile et signera en 2010 un Design corner à la Foire de Nice. « Cette vitrine des tendances déclinée par thèmes, Pop, baroque, nature, jettera une passerelle entre le design et la mode », explique celui qui, à l’instar de Warhol, aime croiser arts mineurs et arts majeurs et se jouer des codes esthétiques via les technologies actuelles. « Mon outil c’est le numérique et l’ordinateur ». Découpant et détournant les matières avec une prédilection pour le plexiglas, l’artiste inscrit à son tableaux de chasse Jésus, Mao, Mona Lisa, des sculptures et des toiles en technique mixte qui mêlent non sans provocation objets du culte et de la consommation sur fond de néo psychédélisme. Aujourd’hui dans sa « Factory » de Saint-André, comme le Petit Poucet, Gérard a semé ses cailloux. Au fil de l’entrepôt dédale : un studio de musique, un atelier de photo, un autre de découpe. C’est ici que l’artiste qui alterne travaux personnels et commandes a conçu cette année la scénographie d’un centre commercial à Montpellier, une nouvelle série de luminaires présentés au salon « Maison et Objets » à Paris et qu’il pense déjà à sa prochaine exposition « Une salle complète pour développer un projet avec musique, images, objets et créations plastiques ». Que du bonheur pour ce créateur pluridisciplinaire en quête d’une expression libérée de tout code, où seul l’esprit demeure : « l’idée que l’art peut être aussi un spectacle pour tous ! »

mercredi 30 décembre 2009 , par Olivier Marro

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